L'Allemagne revient sur une loi engagée pour les énergies renouvelables
Publié le 25 février 2026 à 14h10, mis à jour le 25 février 2026 à 14h39, par Raphaël Barrou

En Allemagne, les conservateurs et les sociaux-démocrates, au pouvoir à Berlin, ont annoncé une nouvelle législation sur l'efficacité énergétique des bâtiments. Celle-ci enterrant une loi controversée de l'ancien ministre de l'Environnement, l'écologiste Robert Habeck.
Entrée en vigueur en 2024, cette loi poussée par les Verts de la coalition du chancelier Olaf Scholz prévoyait que toute nouvelle installation de chauffage fonctionne au moins à 65 % avec des énergies renouvelables.
Pour rappel, l'Allemagne atteignait en 2025 presque 60 % d'énergie renouvelable dans sa production d'électricité. Un bilan obtenu grâce au plan d’Energiewende (le « tournant énergétique »), porté par les Verts lors de leur arrivée au pouvoir dans les années 2000.
« Tous les moyens de chauffage sont à nouveau possibles »
Ces objectifs environnementaux ambitieux étaient cependant perçus par une grande partie de la population comme coûteux, trop bureaucratiques, le tout accompagné d'une mise en œuvre complexe, jugée trop rapide.
Alors que les écologistes font désormais à nouveau partie de l'opposition, « tous les moyens de chauffage sont à nouveau possibles », a affirmé le chef du groupe parlementaire des conservateurs, Jens Spahn, lors d'un point presse avec le chef de file des députés sociaux-démocrates, Matthias Mirsch, pour présenter leur accord.
Un projet de loi doit être bouclé d'ici Pâques et l'adoption de la nouvelle législation devrait intervenir d'ici au 1er juillet. « Le chauffage redeviendra une affaire privée. Les citoyens auront à nouveau la liberté de décider eux-mêmes comment ils se chauffent. Nous supprimons les contraintes et la bureaucratie inutile des anciennes lois de Robert Habeck », a ajouté M. Spahn.
Un « quota bio » introduit
Selon les termes de l'accord obtenu mardi entre les partis de la coalition du chancelier conservateur Friedrich Merz, chacun pourra décider de son nouveau système de chauffage comme il l'entend : au fioul, au gaz… Il est juste prévu d'introduire un « quota bio ».
Par exemple pour le chauffage au gaz, un certain pourcentage de gaz dit vert, du biométhane respectueux du climat, devra être mélangé au gaz naturel. Selon l'accord, ce « quota bio » devra être d'au moins 10 % à partir de 2029, puis augmentera en trois étapes d'ici 2040.
Cet accord obtenu mardi 24 février a été aussitôt critiqué par les organisations environnementales comme Greenpeace, alors que l'Allemagne risque de ne pas remplir ses objectifs de lutte contre le réchauffement climatique à l'horizon 2030 et 2045. « Avec ces modifications, le gouvernement fait un énorme cadeau à l'industrie des énergies fossiles, affaiblit considérablement la protection des consommateurs et enterre la protection du climat dans le secteur du bâtiment », a asséné Greenpeace.
Avec AFP
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