Soupçons de malversations : le DG de Paris Habitat limogé Vie des sociétés | 07.06.16

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Soupçons de malversations : le DG de Paris Habitat limogé
Un nouveau scandale est venu perturber le quotidien de Paris Habitat. L’office municipal dédié au logement social vient en effet d’être mis en cause par une nouvelle enquête de presse pour des « faits graves » et de possibles malversations. La maire de Paris Anne Hidalgo a d’ores et déjà annoncé qu’il sera proposer au conseil d’administration de Paris Habitat de mettre fin aux fonctions de son directeur général, Stéphane Dambrine.
En janvier dernier, le quotidien Le Parisien révélait les rémunérations très élevées de dirigeants de Paris Habitat, dont certains hébergés dans le parc social. L’article dénonçait également le parachute doré de 500 000 euros dont bénéficierait Stéphane Dambrine, directeur général de l’office, en cas de licenciement.

Vendredi 3 juin, une nouvelle enquête, cette fois-ci menée par l’hebdomadaire Marianne, est venue toucher de plein fouet l’organisme. En effet, Marianne y révèle toute une série de dysfonctionnements dans la gestion de l'office municipal, premier bailleur social d'Ile-de-France avec 122 000 logements : énormes surfacturations de travaux, achats de mobilier coûteux ensuite introuvable, bons de travaux « bidon », etc.

Trop c’est trop

Dans un communiqué la maire de Paris Anne Hidalgo déclare avoir découvert « avec stupeur les faits révélés par Marianne » et indique qu’une enquête interne sera menée afin de « faire la lumière sur l’ensemble de ces faits et clarifier les responsabilités. Des sanctions très sévères devront être prises à l'encontre des responsables. La justice devra être saisie si les faits constatés le nécessitent ».

Elle a en outre indiqué qu’il sera proposé au conseil d’administration de Paris Habitat de mettre fin aux fonctions de son DG précisant qu’il « n’est définitivement plus acceptable que l’office municipal soit mis en cause, de façon répétée, pour des fats graves ».

« J'ai fait de la sobriété et de l'exemplarité de la gestion des sociétés et établissements dépendant de la Ville de Paris une priorité de mon mandat. La direction actuelle n'a pas mesuré la gravité de la situation, et a démontré son incapacité à se mettre en cohérence avec ces orientations, sur lesquelles je ne transigerai pas », ajoute-t-elle.

Stéphane Dambrine limogé

Dans un communiqué distinct, le président de Paris Habitat Roger Madec, sénateur PS de Paris, constate que « cette nouvelle révélation s’ajoute à d’autres, récentes » et déplore « que cette accumulation porte atteinte tant à l’image de l’Office qu’à celle de ses 2 900 collaborateurs ».

« Je mesure tout l’impact négatif que cette situation suscite à l’encontre de la ville de Paris, notre collectivité locale de rattachement, et de la Maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a fait de l’exemplarité de la gestion des organismes liés à la Ville une priorité de son mandat », poursuit-il.

Il a par ailleurs confirmé les dires de Mme Hidalgo précisant qu'il proposera la destitution de Stéphane Dambrine lors de la prochaine réunion du Conseil d’administration de l’Office, « qui se tiendra le 16 juin ».

Dans un courrier adressé à la rédaction, le président de Paris Habitat Roger Madec, a indiqué son souhait d'exercer un droit de réponse à cet article publié le 7 juin. 

Voici l'intégralité du droit de réponse :

« Monsieur le Directeur de la publication,

Faisant suite à votre article paru sur votre site Batiweb, du 7 juin 2016, je vous fais savoir qu'en application de l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881, en ma qualité de Président de Paris Habitat, je souhaite exercer un droit de réponse.

En effet, j'estime que les propos tenus à l'encontre de Paris Habitat par votre journaliste portent atteinte à l'honneur de l'établissement et comportent de nombreuses contre-vérités.

En conséquence, je vous saurais gré de bien vouloir insérer la réponse suivante dans les meilleurs délais :

Dans cet article sont évoqués "d'énormes surfacturation de travaux, des achats de mobiliers coûteux ensuite introuvables, de bons de travaux 'bidons"... Paris Habitat conteste totalement ses allégations fallacieuses et apporte le démenti suivant :

- S'agissant de la Régie de l'OPH, il ne peut y avoir de surfacturations puisque les documents évoqués sont des bons de travaux internes, autrement dit 'des feuilles d'heures" et non des factures. Elles ne génèrent aucun flux financier vers des prestataires. il ne peut donc y avoir malversations pas plus que de bons de travaux 'bidons' adressés à une entreprise de BTP. Un audit interne est diligenté. Ses conclusions seront rendues publiques en toute transparence.

- S'agissant du mobilier coûteux et ensuite introuvable , ce sont des meubles de bureaux destinés aux différents sites de Paris Habitat. Pour des raisons pratiques, le marché prévoyait un stockage possible chez le fournisseur. L'ensemble de ce mobilier a été depuis entreposé à l'Office pour éviter toute suspicion inutile .

- Enfin s'agissant du 'limogeage' du Directeur général , qui n'est en aucun cas soupçonné de malversations, c'est en concertation avec la Maire de Paris, Anne Hidalgo et en accord avec Stéphane Dambrine, Directeur général de Paris Habitat, que je proposerai, lors du Conseil d'administration du 16 juin prochain, une rupture conventionnelle de son contrat.

Je vous prise de croire, Monsieur le Directeur de la publication, à l'expression de mes salutations distinguées. » 


Roger Madec, Président de Paris Habitat 

R.C

photo de une : ©Fotolia
Redacteur

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