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Crise sanitaire : malgré le stress, le moral des artisans est au beau fixe

La 7e édition du baromètre ARTI Santé BTP démontre combien la pandémie a impacté le quotidien des artisans. Si l’activité s’est maintenue à un niveau relativement satisfaisant, l’optimisme des dirigeants d’entreprise est en baisse. En cause, le manque de perspectives sur l’avenir. Ils sont ainsi 60% à se déclarer « souvent » voire « très souvent » stressés.
Publié le 05 mai 2021

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Crise sanitaire : malgré le stress, le moral des artisans est au beau fixe - Batiweb

La Capeb, la CNATP et l’Iris-St ont partagé, ce mercredi, les conclusions du 7e baromètre ARTI Santé BTP. L’étude, menée auprès de 1 769 répondants entre décembre 2020 et janvier 2021, met en évidence les conséquences directes de la pandémie (Covid-19) sur l’état de santé des dirigeants et leurs conditions de travail.

« Cette édition a été particulière car menée dans un contexte de crise qui a pesé sur la santé de nos chefs d’entreprise. Si la majorité déclare que leur activité est satisfaisante, nous notons toutefois une légère baisse de leur optimisme (46% contre 54% en 2019) liée à l’incertitude de l’évolution de la pandémie dans les semaines à venir », déclare Jean-Christophe Repon, président de la Capeb.

Des artisans touchés par le stress

60% des répondants se déclarent « souvent » voire « très souvent » stressés, une part qui atteint même 82% pour les chefs d’entreprises dont la pérennité de leur entreprise est menacée.

« Le stress éprouvé par les chefs d’entreprises découle souvent d’une surcharge de travail, de difficultés de trésorerie ou de l’incertitude liées à l’activité. Sur ce dernier point, l’indice de confiance de nos chefs d’entreprises mesuré lors du dernier point conjoncture CNATP est inquiétant, et les rares moments d’échanges et de convivialité en cette éprouvante année COVID sont des facteurs aggravants », souligne Françoise Despret, Présidente de la CNATP.

Le poids des démarches, la charge de travail, et les contraintes de délais pèsent également sur le quotidien des artisans qui sont de plus en plus nombreux à considérer leur travail comme « mentalement exigeant ». 85% disent par exemple avoir des difficultés à trouver le bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée. 48% ont dû réorganiser leurs congés : 27% d’entre eux les ont réduits et 21% n’en ont pas pris du tout.  Surinvestissement et fatigue ont conduit 32% des artisans à rencontrer des difficultés psychiques au cours de l’année 2020.

Malgré le stress, 82% des interrogés ont une bonne perception de leur état de santé, et plus d’un dirigeant sur deux estime avoir une « bonne » qualité de sommeil.

Des langues qui se délient

Le baromètre révèle que les artisans sont de plus en plus nombreux à oser faire part de leur mal-être. « Si les chefs d’entreprises artisanales travaillent beaucoup, s’écoutent peu… ils commencent à s’ouvrir à la possibilité de se faire aider, conscients que lorsqu’ils vont bien, l’entreprise ne s’en porte que mieux », explique Françoise Despret.

« Le rôle des médias qui ont largement abordés les conséquences psychologiques du confinement a certainement débloqué certains tabous auprès de certains chefs d’entreprise qui n’ont pas hésité à en parler », selon Cécile Beaudonnat, responsable des questions de santé-sécurité à la Capeb. 69% des répondants déclarent ainsi savoir vers qui se tourner si la pérennité de leur entreprise était menacée (contre 59% en 2019).

« Nous constatons cette année une véritable libération de la parole de nos artisans qui sont davantage enclins à se faire aider. Fruit d’un travail de longue haleine, nous allons évidemment continuer notre travail d’information pour soutenir au maximum nos artisans dans leur quotidien », précise Jean-Christophe Repon. La Capeb, la CNATP et leur Pôle d’innovation Iris-ST vont notamment poursuivre leur politique de prévention auprès des personnes qui entourent les chefs d’entreprise. 

Crise sanitaire, quelles opportunités ?

Bien sûr, tout n’est pas négatif puisque la crise sanitaire a permis de démontrer à quel point les entreprises artisanales du bâtiment étaient agiles et résilientes. La majorité des répondants déclarent d’ailleurs avoir réussi « à tirer un ou plusieurs éléments positifs » de cette pandémie. 34% ont par exemple mis à jour la partie administrative de leur entreprise. D’autres, ont mené des réflexions pour se développer sur de nouveaux marchés.

76% des interrogés se sont sentis aidés et accompagnés par les différents dispositifs de soutien mis en place par les pouvoirs publics, et dans la mise en œuvre du protocole sanitaire leur permettant de poursuivre leur activité. 69% expliquent avoir été aidés en majorité par leur comptable et 66% par les organisations professionnelles. Résultat, 75% des artisans déclarent avoir le moral au beau fixe.

Rose Colombel
Photo de une : ©Adobe Stock

Par Redacteur

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