"Les petites entreprises du bâtiment n’ont pas le temps de s’informer et de transférer l’information aux clients" Vie pratique | 10.06.10

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Le point sur le métier de courtage en travaux, la situation des indépendants et l'état du marché de la rénovation, sans oublier le Grenelle, avec Alexis Briand, Président cofondateur du GNCTI, le Groupement national des courtiers en travaux indépendants.
Quand a commencé à émerger le métier de courtier en travaux et en fonction de quels besoins ?

Créé en Bretagne dans les années 80, ce métier est en fort développement ces dernières années, poussé par les indépendants avec environ 600 courtiers sur le territoire national. "Les travaux, on sait quand ça commence …" Sur ce besoin fort est apparue une nouvelle profession, celle de courtier en travaux. Le particulier est embarrassé quand il s’agit de sélectionner les corps de métiers et les artisans. A qui faire confiance ? Quel est le bon prix ? La société est-elle fiable ? Les délais seront-ils respectés ? Ai-je bien formulé mon besoin ? Pourquoi dois-je attendre le devis de l’artisan qui est passé il y a déjà 3 semaines ? …. On a tous vécu cela…

Et d’un autre côté, les artisans ne sont pas des commerciaux, ou n’ont pas le temps de l’être … Le courtier est là pour parer aux aléas et faire se rencontrer et dialoguer la demande et l’offre : il effectue le repérage du chantier, estime les travaux, conseille sur les nouvelles normes ; il sélectionne sur sa zone d’intervention, des artisans fiables qui se mobiliseront en temps et en heure pour les devis comme pour les travaux. Un vrai travail de chef d’orchestre… Pour ses services de conseil, la mise en relation et le suivi, le courtier se rémunère directement auprès des entreprises du bâtiment qui optimisent ainsi leurs temps pour une meilleure productivité de leur activité.

D'où la création du GNCTI (Groupement national des courtiers en travaux indépendants). Quelle en est la ligne directrice ?

Nos valeurs éthiques sont au centre de la mise en place de notre groupement, les notions de : donner pour recevoir, partage des fruits de notre travail, de solidarité, de respect des valeurs humaines… sont des éléments clés qui dirigent notre action. Valeurs d’autant plus importantes que notre métier est jeune et livré à de possibles dérapages. Pour autant, nous sommes convaincus qu’être indépendant n’est pas synonyme d’incompétence et qu’à l’inverse l’appartenance à un réseau quel qu’il soit n’est pas non plus synonyme de compétence.

Nous avons donc axé notre démarche sur l’aide et le soutien auprès d’actuels ou futurs entrepreneurs indépendants qui pour la plupart ont choisis ce métier dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Notre objectif premier n’étant pas de représenter une profession mais plutôt de participer à la professionnalisation du métier en apportant un réel soutien à des entrepreneurs 100% indépendants tout en leur demandant de respecter notre déontologie. Par exemple, au sein du GNCTI nous imposons au courtier de ne pas demander des frais de référencements aux entreprises afin qu’elles puissent être présentées ou favorisées auprès du porteur de projet.

Combien d'adhérents comptez-vous ?

Aujourd’hui 35, notre objectif se situe entre 60 et 100 d’ici la fin de l’année. Nous souhaitons privilégier la qualité plutôt que la quantité et malgré l’importance des sollicitations nous avons mis en place une procédure d’adhésion stricte pour éviter autant que possible les erreurs de castings.

Comment se comporte le marché de la rénovation et quelles sont selon vous ses perspectives d'avenir ?

Le marché de la rénovation, réhabilitation a notre niveau de marché moyen (15 à 20 K€) est toujours très bien orienté, l’évolution des normes, les innovations produits des industriels, le soutien de l’état (aides fiscales et PTZ notamment) sont autant d’éléments porteurs sur ce marché. Mais pas seulement, une grande partie des demandes reçues concernent des besoins d’embellissement, de décoration et réagencement ou aménagement de pièces peu ou pas utilisés. Dans ce contexte le métier de courtier en travaux comble un besoin très peu satisfait car peu pénétré par la maitrise d’œuvre et par des entreprises structurées ayant mis en place un service commercial interne.

Par ailleurs, l’ensemble des acteurs du courtage en travaux représentent à peine 0,5% du marché de la rénovation en 2009, c’est vous dire le potentiel de développement important pour ceux qui souhaitent prendre le train en marche, à condition toutefois de bien sélectionner le partenaire qui saura répondre aux aspirations de ces futurs courtiers tout en préservant leur autonomie et leur viabilité économique.

Quelle part prenez-vous dans la mise en application du Plan Bâtiment Grenelle ?

Les effets à venir liés au Grenelle de l'Environnement et la montée en puissance du marché du développement durable ont déjà un impact important sur notre activité. Les petites entreprises du bâtiment dans la majorité n’ont pas le temps de s’informer et encore moins de transférer l’information à leurs clients. C’est donc dans ce cadre également que nous agissons.

Notre métier n’est pas uniquement lié à l’apport de devis mais plutôt en l’accompagnement des petits et moyens maîtres d’ouvrages en leur apportant l’information et en les aidant à la comprendre afin qu’il puisse sélectionner son entreprise et ses travaux en connaissance de causes. Un courtier en travaux n’a de fonction réelle qu’avec cette notion de services dans l’hypothèse contraire le courtier serait assimilé à un simple coursier sans valeur ajoutée pour le maître d’ouvrage mais également pour l’entreprise partenaire.

Propos recueillis par Laurent Perrin

Redacteur

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