Canicule à Paris : ce qui freine la rénovation des copropriétés selon Jacques Baudrier

Alors que les vagues de chaleur ont pris d'assaut les logements parisiens fin juin, l’adjoint au Logement de la Ville de Paris, Jacques Baudrier, alerte sur les difficultés à rénover les copropriétés privées, notamment dans le centre de la capitale.
Selon une étude publiée en 2023 par The Lancet Planetary Health, la capitale française est même la capitale européenne la plus exposée à la surmortalité liée aux vagues de chaleur. Le constat est pire dans les quartiers populaires en France, comme le révéle une étude de la Fondation pour les logements des défavorisés mi-juin dernier.
Dans ce contexte, la rénovation thermique du parc immobilier parisien devient un enjeu majeur, aussi bien pour réduire les consommations d’énergie que pour améliorer le confort d’été des habitants.
Un parc privé ancien et mal adapté aux fortes chaleurs
Lors d’une conférence organisée par le collectif « Nos villes à 50° C », Jacques Baudrier a rappelé que la Ville avait déjà financé « 80 000 rénovations d’ampleur dans le parc social » depuis 17 ans.
Le sujet est en revanche plus complexe dans le parc privé parisien, qui concentre environ 1,1 million de logements. La Ville de Paris indique avoir financé 10 000 rénovations de logements privés en 2026, contre 1 500 en 2024. Une progression importante, mais encore jugée insuffisante par l’élu. L’élu communiste s’est dit particulièrement « inquiet » de l’avancée des rénovations dans ce segment.
« Il y a beaucoup de bouilloires thermiques, parce que beaucoup de logements ont été construits avant 1914 et ce parc n’est pas du tout adapté aux chaleurs du XXIème siècle », a-t-il déclaré.
Des rénovations surtout dans les copropriétés des années 1950 à 1970
Selon Jacques Baudrier, les rénovations engagées concernent surtout des copropriétés construites entre les années 1950 et 1970, où les propriétaires occupants sont davantage présents.
Ces opérations porteraient principalement sur des logements au diagnostic de performance énergétique (DPE) D ou E et moins sur les biens les plus énergivores, classés F ou G.
L’élu pointe également des aides de l’Agence nationale de l’habitat jugées « insuffisantes en volume » et « inadaptées aux logements anciens ». Un sujet sensible dans une ville où une partie importante du bâti relève de copropriétés anciennes, parfois soumises à des contraintes architecturales ou patrimoniales.
Résidences secondaires et logements vacants dans le viseur
Mais pour Jacques Baudrier, le blocage ne vient pas seulement des questions techniques ou administratives. Il met aussi en cause le poids des résidences secondaires et des logements vacants dans certaines copropriétés parisiennes.
« Notre principal problème ce ne sont pas les architectes des bâtiments de France, mais les 28 % de propriétaires de résidences secondaires et de logements vacants qui votent toujours contre les rénovations », a-t-il affirmé.
Dans le centre de Paris, l’élu évoque des copropriétés où les résidences secondaires et logements vacants représenteraient « 35 %, 40 %, 50 % » des logements. Une situation qui, selon lui, empêche l’adoption de travaux de rénovation thermique en assemblée générale.
Conséquence : des propriétaires occupants et des locataires se retrouveraient « piégés par leurs voisins », dans des immeubles difficiles à adapter aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents.
Au-delà du seul débat parisien, cette prise de position illustre l’un des enjeux majeurs de la rénovation énergétique en copropriété : parvenir à engager des travaux collectifs dans un parc privé morcelé, où les intérêts des occupants, des bailleurs et des propriétaires non-résidents ne convergent pas toujours.
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