Protéger le logement de la canicule : la doctrine du collectif Nos villes à 50°C

Ce jeudi 2 juillet, le collectif Nos villes à 50°C (NV50) — réunissant des acteurs comme l'OID, l'Ifep, le CSTB, Action Logement, Icade et les mairies de Paris et Marseille — s'est rassemblé à l'Académie du Climat.
C'est tout un parterre d'acteurs de la ville, des collectivités aux promoteurs en passant par les architectes, qui s'est penché sur l'enjeu de l'adaptation des logements aux fortes chaleurs.
Couverture de survie ou blanc de Meudon sur les fenêtres, fermeture des volets, ruée vers les ventilateurs... Les Français ont affiché, sur les réseaux sociaux, différents moyens de rester au frais dans leur habitat. Et puis il y a cette solution de plus en plus citée : la climatisation.
Pour preuve, sur l'échiquier politique, le Rassemblement national y a consacré un plan présenté à l'Assemblée nationale, tandis que Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, en fait un sujet de son programme électoral. À l'échelle européenne, la Commission, d'abord frileuse en début de semaine, a estimé cette option « indispensable dans certaines situations ».
En revanche certains spécialistes du climat, comme Jean-Marc Jancovici, s'inquiètent de l'aggravation d'îlots de chaleur, car les climatiseurs rejettent la chaleur à l'extérieur, afin de rafraîchir l'intérieur.
Une carte de la « sévérité climatique » en France
Du côté de Nos villes à 50°C, la réponse est ailleurs. « La question n'est plus seulement de savoir s'il faut ou non climatiser mais de comprendre si un bâtiment est capable d'évacuer la chaleur qu'il accumule afin de retrouver la nuit des conditions compatibles avec le repos et la récupération », appuie le collectif dans un communiqué.
Les discussions lors d rassemblement de jeudi ont d'abord privilégié des gestes « simples » et « systématiques » : isolation des toitures, installation de brasseurs d'air et de volets... Ceux-ci sont inscrits dans une doctrine dévoilée par NV50 pour mieux adapter le parc résidentiel au réchauffement climatique.
Cette dernière prône également l'identification de la « sévérité climatique », « fondée sur la température nocturne ». Pour rappel, la température intérieure doit être de 26 °C maximum la nuit, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) a d'ailleurs dessiné une carte de la France distinguant trois zones. Les zones 3 concernent les villes où il est le plus dur d'habiter l'été. Celles-ci suivent le pourtour méditérannéen, de Marseille à Perpignan, mais tracent également une pointe à Paris, où l'on décèle aussi des zones plus tempérées. Le reste est réparti entre les zones 1 et 2 où la pose de protections solaires, de brasseurs d'air ou l'isolation en toiture améliore l'habitabilité en été.

« Les simulations réalisées par le CSTB montrent qu'une généralisation des actions systématiques pour les logements permettrait de maintenir des conditions d'habitabilité satisfaisantes dans environ 70 % des situations étudiées à horizon 2050 », sans besoin de climatisation, lit-on dans la doctrine de Nos villes à 50°C. Dans la capitale, 75 % des bouilloires thermiques peuvent passer en zone 2 après recours aux solutions passives (défendues également par l'industriel Saint-Gobain), d'après la même source.
Le collectif le reconnaît toutefois : celles-ci « ne suffisent plus toujours à garantir un niveau d'habitabilité satisfaisant, ce qui justifie le recours, dans certaines situations, à des actions complémentaires puis, en dernier recours, à une climatisation ciblée ». En particulier dans le sud de la France.
Après le matériau au bon endroit, parlerait-on de l'équipement au bon endroit ? Le confort d'été a été instauré dans la RE2020 pour la construction neuve à travers la mesure du degré-heure, dont la rigueur doit être appliquée dans le parc existant. Selon la doctrine de Nos villes à 50°C : « En dessous de 350 degrés-heures (DH), le bâtiment est considéré comme assurant un niveau de confort d'été très satisfaisant, le risque de climatisation est donc faible ».

Pour consulter la doctrine, rendez-vous sur le site de Nos villes à 50°C !
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