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Taux du livret A en hausse : le financement du logement social impacté ?

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Publié le 09 avril 2026 à 10h35, mis à jour le 10 avril 2026 à 17h00, par Nils Buchsbaum

La Caisse des dépôts (CDC) anticipe un relèvement du taux du Livret A, ce qui pourrait renchérir le coût des prêts pour les bailleurs et freiner la construction sociale.
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Le directeur adjoint de la Caisse des dépôts (CDC), Antoine Saintoyant, a indiqué mercredi 8 avril anticiper une hausse du taux du Livret A, actuellement fixé à 1,5 %. En cause, le retour de l’inflation, lui-même lié aux tensions engendrées par la guerre au Moyen-Orient. Une évolution qui pourrait, à terme, peser sur le financement du logement social.

Dans un contexte, marqué par « une inflation qui a tendance à remonter », la Caisse des dépôts (CDC), qui gère près de 60 % de l’encours du Livret A, « s’attend quand même plutôt à ce que le taux du Livret A remonte » d’ici à la fin de l’année, a expliqué Antoine Saintoyant.

Bonne nouvelle pour les épargnants, inquiétude pour le logement social

 

La prochaine révision du taux, dont le calcul repose en partie sur l’évolution des prix, doit être arrêtée par la Banque de France et Bercy à la mi-juillet, pour une entrée en vigueur prévue au 1er août.

Dans une première estimation publiée le 31 mars, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a d’ores et déjà fait état d’une accélération de l’inflation, avec une hausse des prix à la consommation de 1,7 % sur un an en mars, après 0,9 % en février.

Cette accélération de l’inflation s’explique notamment par un net rebond des prix de l’énergie, en particulier des produits pétroliers, qui ont progressé de 7,3 % sur un an en mars, après un recul de 2,9 % en février. Une évolution observée dans le sillage des premières attaques israélo-américaines contre l’Iran, intervenues fin février.

Si une remontée du taux du Livret A constitue une bonne nouvelle pour les épargnants, elle suscite en revanche des inquiétudes du côté des acteurs du logement social. Ces derniers voient en effet le coût de leurs financements évoluer de concert avec celui du Livret A, auquel leurs emprunts sont en partie indexés.

Antoine Saintoyant se veut toutefois mesuré quant aux effets d’une éventuelle hausse. « En dessous de 2%, les conditions de financement restent intéressantes » pour les bailleurs sociaux, a-t-il estimé, avant de prévenir : « Si on dépasse les 2%, cela pourrait avoir des conséquences ».

Manque de production de logements PLAI

 

Le dirigeant s’exprimait mercredi à l’occasion de la présentation du bilan d’activité 2025 de la Banque des territoires, filiale de la Caisse des dépôts, qui a contribué au financement de près de la moitié des logements créés cette année-là.

Dans un contexte de crise persistante de la construction neuve, la Banque des territoires a joué « un rôle contra-cyclique », s’est félicité Antoine Saintoyant. L’institution a ainsi financé 108.000 nouveaux logements sociaux et 14.000 logements à loyer intermédiaire, sur un total de 270.000 logements mis en chantier en 2025.

Dans le détail, la production de logements sociaux aux loyers les plus bas, dits PLAI, a représenté 3,6 milliards d’euros l’an dernier, soit 29 % de l’ensemble des prêts accordés au secteur.

L’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) estime toutefois que la création de logements PLAI reste « nettement insuffisante » depuis 2014.

S’agissant des logements locatifs intermédiaires (LLI), 48.000 ont bénéficié d’un financement de la Banque des territoires depuis 2022. « On pense que ce nombre n'est pas encore suffisant, il y a un besoin d'encore plusieurs milliers de LLI », a jugé Antoine Saintoyant.

Six réacteurs nucléaires pour 72,8 milliards d’euros

 

Interrogé sur la participation de la Caisse des dépôts au financement de six nouveaux réacteurs nucléaires, son directeur adjoint a évoqué une enveloppe avoisinant les 50 milliards d’euros. Celle-ci serait mobilisée progressivement, à hauteur d’environ 4 milliards d’euros par an sur une période d’une douzaine d’années. « On a largement la place dans le bilan du Fonds d’épargne (...) pour injecter ces 50 milliards d’euros », a-t-il fait valoir, évoquant un démarrage possible des engagements financiers à partir de la fin 2026, voire début 2027.

Cette perspective s’inscrit dans la continuité des annonces de l’Élysée, qui a indiqué le mois dernier que l’épargne réglementée, via le Livret A, serait mise à contribution pour soutenir la construction de six réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR2, dont le coût global est estimé à 72,8 milliards d’euros.

Avec AFP

 

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Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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