Phaunis, la nouvelle plaquette moulée-main produite par Wienerberger

Comment Wienerberger s'en sort dans un marché de la construction incertain ? Comment le spécialiste des produits en terre cuite compte tirer son épingle du jeu, grâce à l'investissement et l'innovation ? Réponses avec Gérald Merlin, chef de marché structure et façade chez Wienerberger France. La marque sort officiellement sa nouvelle collection de plaquettes de parement Phaunis.
Quelles sont les perspectives de Wienerberger ?
Le bilan de l'année dernière est plutôt bon, avec une croissance par rapport à 2024 qui était vraiment une année morose. La tendance sur l'année dernière est aux alentours des +4-5 % pour le marché de la façade.
En ce qui concerne 2026, l'année est plutôt bien orientée sur ce premier semestre. Par contre, il y a beaucoup moins de visibilité sur le second, puisqu'on a un marché penchant vers l'inflation, les répercussions du conflit au Moyen-Orient et un certain nombre d'incertitudes, notamment par rapport au gaz et aux achats de matières premières.
L'ensemble des postes d'achats chez Wienerberger explosent. On assiste à une inflation sur les prix des matériaux liés aux transports, liés aux coûts des emballages.
Nous avons également les ressources humaines, avec des augmentations salariales dans le cadre de nos négociations annuelles. Ce qui fait que sur le deuxième semestre, beaucoup d'industriels ont annoncé des hausses tarifaires, qui vont se répercuter sur le marché, qui n'est vraiment pas réceptif et n'accepte pas du tout cette hausse.
Avez-vous des chiffres sur vos hausses tarifaires ?
Sur la partie brique de structure, la hausse est modérée, aux alentours de 4 %, quand des matériaux type polystyrène ou polyuréthane, affichent entre 30 et 35 % d'augmentation du marché.
Quels facteurs permettent à Wienerberger de rester optimiste en 2026 ?
Notre plan d'investissement stratégique nous permet de répondre aux enjeux de la réglementation. Notre force commerciale et prescription est totalement alignée avec des équipes en place, qui nous permettent d'aller voir nos clients, de prospecter, de proposer des solutions toujours plus innovantes et différenciantes.
Est-ce que l'innovation Phaunis fait partie de ces solutions ?
Phaunis est clairement un produit de rupture, puisque tout l'enjeu de cette nouvelle gamme de plaquettes moulées mains, c'est d'avoir pu développer un nouveau process industriel.
Avant, nous avions cette logique : je fabrique de la brique que je viens ensuite scier sur deux faces sur une épaisseur de 22 mm. Maintenant, nous nous sommes orientées vers l’éco-construction, avec une production au bon format. Et le bon format, c'est une épaisseur un peu fine de 18 mm, sans avoir besoin de retoucher le produit. Donc nous avons très peu de pertes, car nous optimisons les déchets sur la ligne de production en extrudant.
Ensuite, nous faisons appel appel à des nouveaux outils de cuisson et de séchage. Sur la partie séchage, nous récupèrons la chaleur du four et l'injectons dans le séchoir, ce qui limite les apports énergétiques et les consommations énergétiques. Et puis, nous sommes un des premiers industriels à cuire nos produits en terre cuite avec un four électrique.

À quelle énergie fonctionne votre four ?
Ce four électrique est alimenté en partie par de l'électricité en autoconsommation, 25 % de l'électricité provient de panneaux photovoltaïques situés sur le toit de l'usine de Kortemarkt, en Belgique.
Le restant provient d'électricité verte qu'on achète à des énergéticiens avec des garanties d'origine, qui prouvent que cette énergie est verte et issue soit de l'éolien, soit du photovoltaïque.
Grâce à tout ce process d'éco-conception, d'optimisation de l'épaisseur du produit et puis de cuisson en four électrique, Phaunis a une valeur carbone à 4,09 kg de CO2 par m2.
Comment l'usine de Kortemarkt a évolué pour produire cette collection ?
L'usine, spécialisée dans plaquettes, avait un hall de stockage que nous avons complètement rénové et dédié à cette nouvelle ligne de production. Quelques millions ont été investis dans cette outil de production pour justement préparer la la matière, mouler les plaquettes, et puis les cuire avec des fours électriques.
Phaunis n'est pas un produit dédié à la France. Les plus gros marchés pour le groupe sont la Belgique et la Hollande, qui, historiquement, sont très centrés sur la brique et la plaquette de parement.
Comment la prescription reçoit cette collection ?
Nous avons commencé à prescrire la collection, il y a un peu plus de six mois. Mais officiellement, le lancement commercial a débuté à début de semaine, puisqu'on attendait la FDES, pour pouvoir garantir qu'elle est bas carbone. Mais depuis un peu plus de six mois, effectivement, toutes les équipes prescriptions sont allées voir les clients, montrer des échantillons. Et donc, nous avons eu de très, très bons échos, sur l'offre en termes de format et de coloris.
Chaque plaquette est vraiment différente, puisque le Phaunis se décline en 12 teintes différentes, sachant que nous sommes encore en phase de développement et que de nouvelles teintes vont arriver dans les prochaines années. L'idée étant d'avoir un maximum de possibilités au niveau de l'offre, pour contenter nos clients.

Sur chaque fournée consacrée à une teinte, il peut y avoir des variations de l'une à l'autre en fonction du sable, du jeu de sous-poudrage, etc. C'est tout le charme de la terre cuite, ce n'est pas une science exacte. Nos clients recherchent ces variations, parce qu'il n'y a pas ce côté reproductible standardisé.
Les plaquettes moulées mains reproduisent l'effet manuel de façon plutôt industrielle, donnant une texture et un aspect un peu écorché, un peu brut, naturel, déstructuré, que les architectes apprécient et recherchent, par rapport à des plaquettes plutôt lisses ou avec un matrixage plutôt industriel répétitif.
Ce qui peut répondre aux enjeux de rénovation des bâtiments patrimoniaux...
Bien évidemment. Chaque ville a ses codes couleurs, ses spécificités. Dans le nord de la France, il y a beaucoup de rouge ou de brun. En Île-de-France, l'architecture est plutôt sur des coloris blancs, gris, plutôt contemporains.
Avec la période caniculaire qu'on a connue également, on se rend compte que les façades blanches sont plutôt privilégiées ou mises en avant parce qu'on a un effet albédo, qui fait que les coloris blancs absorbent moins la chaleur. Donc, nous avons développé un certain nombre de coloris qui permettent de répondre à cet enjeu.
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