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Important chantier de rénovation dans Paris

Publié le 28 novembre 2011

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L'hôtel particulier Mercy-Argenteau construit en 1778 est en pleine restructuration réalisée par Spie batignolles. La structure particulière du bâtiment a conduit les services de la DRAC à demander sa conservation et sa restauration dans les règles de l’art.
Important chantier de rénovation dans Paris - Batiweb

L’immeuble du 16, boulevard Montmartre, connu sous le nom d’hôtel Mercy-Argenteau, est une des plus anciennes maisons bâties sur ce boulevard à la fin du XVIIIe siècle, et une des très rares conservées. Construit en 1778 par l’architecte Firmin Perlin pour un banquier qui le revend au comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur d’Autriche à Paris. Amputé de ses communs et de ses jardins à la Révolution, il est surélevé de trois étages entre 1827 et 1829, augmenté de deux ailes sur cour et devient un immeuble de rapport. Il hébergera au Second Empire des cercles mondains très en vogue. En 1890, il est agrandi d’une vaste salle des fêtes attribuée à Charles Garnier, inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, tout comme le salon n° 2 du 1er étage, orné de colonnes corinthiennes.

La réhabilitation réalisée par Spie batignolles à travers six de ses filiales a pour objectif d’intégrer au bâtiment les éléments de confort les plus modernes (climatisation, chauffage, ascenseurs, isolation acoustique performante, réseaux électriques) dans le strict respect de son intégrité architecturale, sous le contrôle de l’architecte du Patrimoine et de la DRAC. La réhabilitation des 6000 m² SHON sur 6 niveaux a été lancée en octobre 2009 pour une réception prévue en juin 2012.

Des espaces sont reconfigurés, de nouvelles circulations verticales sont créées, les parties anciennes sont restaurées, le tout dans une architecture qui fait la part belle au bois (poutres, planchers, murs en pans de bois, tous les éléments constructifs en bois devant être conservés), au métal (structure de la salle des fêtes, verrières) et aux éléments décoratifs (boiseries peintes, staff). Situé à quelques dizaines de mètres de l’entrée du Musée Grévin, le chantier dispose de faibles dégagements à l’extérieur, directement au contact des passants et de la circulation des Grands Boulevards.

Les différents travaux réalisés :

Reprise en sous-oeuvre pour agrandir le sous-sol

Des locaux techniques (électricité, réseau de chaleur urbaine CPCU, réseau de froid urbain Climespace) de 300 m² ont été créés en sous-sol, sous l’une des deux ailes et la cour. Ce qui a nécessité la reprise en sous-oeuvre du bâtiment et l’évacuation de 1 200 m3 de terre, acheminés jusqu’aux camions d’enlèvement par un tapis convoyeur pour assurer la cadence du chantier. Les anciennes caves voûtées en pierre ont été rénovées pour en faire des caves particulières et des réserves. La superficie totale du sous-sol agrandie est de 1 500 m². Le bâtiment a fait l’objet d’un suivi précis de nivellement pendant toute la durée des interventions de gros-oeuvre.

Remplacement / restauration / renforcement des planchers et des structures bois

La structure particulière des planchers en bois de chêne dans le bâtiment a conduit les services de la DRAC à demander leur conser­vation et leur restauration dans les règles de l’art. Cette contrainte technique supplémentaire a conduit l’entreprise générale à réagir en flux tendu, au fur et à mesure de l’avancement des travaux de curage. Selon l’état des bois et au cas par cas, elle établit un diagnostic et propose une solution, en cohérence avec les impéra­tifs du programme défini par le maître d’ouvrage (coût de réalisation, hauteurs sous plafond des volumes finis après travaux, etc.). C’est ainsi que le chantier réunit pratiquement toutes les techniques de renfort actuellement en usage en réhabilitation (planchers bois anciens conservés, avec assemblages restaurés ; connexion bois / béton (procédé Sylvabat) ; poutres en bois lamellé collé, bien souvent connectées à une dalle en béton...) Le chantier a été organisé en plancher de transfert pour mener simultanément la restauration de la charpente / couverture et la restauration des planchers, notamment aux étages de bureaux.

Incorporation des aménagements techniques dans les zones patrimoniales

La coexistence dans le même bâtiment d’espaces régis par des réglementations différentes est un paramètre lourd pour la conduite du chantier : code du travail pour les bureaux, réglementation habi­tation pour les logements, avis de la commission de sécurité pour les ERP et les commerces. Dans de nombreux cas, il faut gérer l’exception patrimoniale avec les autorités compétentes (Préfecture de Paris, pompiers, etc.). Un exemple : impossible d’inclure une colonne sèche dans un salon protégé, elle est remplacée par plusieurs extincteurs dissimulés dans des placards inclus dans la boiserie, sur autorisation spéciale.

Traitement des façades : pierre de taille et pans de bois

La façade en pierre de taille, côté rue, était très dégradée. Elle a été entièrement retaillée sur une épaisseur de 5 mm là où la pierre était suffisamment saine. Dans les zones trop abîmées, SPR rénovation a procédé à des inclusions de pierre massive et au remplacement des modénatures. Au niveau du rez-de-chaussée, la façade est recréée pour rétablir un dessin global harmonieux, dans l’esprit des XVIIIe/XIXe siècles, conciliable avec les besoins des nouveaux commerces.
Côté cour, des façades en plâtre et pans de bois. Quatre mois de travail ont été nécessaires pour éradiquer la mérule, un champignon lignivore qui était bien installé. Les bois trop abîmés ont été remplacés, les autres ont été renforcés à l’aide de métal ou de résine.

Rénovation de la verrière de la salle des fêtes

La verrière éclairant la salle des fêtes était une structure légère posée sur une structure métallique (poteaux + charpente) de type Eiffel, elle aussi très légère. Or, la nouvelle vocation d’accueil du public de cet espace nécessite qu‘il soit isolé des façades envi­ronnantes par une verrière pare-flamme trois fois plus lourde, dont la dilatation doit être possible sous l’action de la chaleur. Spie SCGPM et la filiale spécialisée du groupe Spie batignolles Verre et Métal ont réalisé une opération très technique pour adapter la structure existante à la surcharge de la nouvelle verrière (une poutre béton relie les poteaux métalliques de la structure XIXe) et réaliser la pose sans porter atteinte au précieux décor de staff placé juste en dessous.

Rénovation des toitures à l’impériale

Les toitures à l’impériale forment un couronnement convexe en zinc qui englobe les trois derniers étages de l’immeuble, tous résidentiels. Leur restauration a mobilisé pendant un an une équipe de charpentiers et de couvreurs spécialisés, qui ont mené un travail d’une grande minutie, rénovant également les petites verrières anciennes incluses dans les toits et les verrières d’escalier en coordination avec les autres corps d’état. Partout où la charpente pouvait être conservée, et dans la mesure où les éléments à remplacer n’excédaient pas 30 %, du chêne a été utilisé, à l’identique. Exceptionnellement dans certaines zones très dégradées, la charpente a été reconstruite en sapin.

Les acteurs du chantier:

• Maître d’ouvrage : Gecina, Première foncière française en immobilier de bureaux et résidentiel
• Maître d’oeuvre : DTACC - Carvunis-Cholet
Joachim Ganuchaud, architecte du Patrimoine, Agence DTACC
• Conservateur Régional des Monuments Historiques : Serge Pitiot
• BET structure-fluide : Setec
• Entreprise générale mandataire : Spie SCGPM, groupe Spie batignolles
• Autres filiales Spie batignolles : SPR Rénovation, façades et sols pierre
Sedib, menuiserie intérieure Trouvé-Leclaire, peintures neuves et restauration, en lien avec des spécialistes agréés par la DRAC Ile-de-France
Verre et Métal, verrières
Spie batignolles énergie, électricité, plomberie et CVC
• Lots techniques spécifiques : Caillaud Ile-de-France, charpente et ossature bois
Face Centre Loire, couverture
• BE structure béton armé : Ingerco

B.P

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