Recyclage des déblais : Federec et le SEDDRe lancent Recyterre Eco-construction | 02.07.19

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Federec et le SEDDRe ont présenté ce mardi le label professionnel Recyterre. Il s’adresse aux plateformes de recyclage de déblais situées en Ile-de-France. Fruit d’un partenariat avec l’Ademe et la Société du Grand Paris, il vise plusieurs objectifs, parmi lesquels : promouvoir la valorisation des terres excavées non dangereuses, structurer la filière et intensifier le mouvement en faveur de l’économie circulaire. Il permettra notamment de garantir la qualité des matières premières issues du recyclage.

Federec et le Syndicat des entreprises de déconstruction, dépollution et recyclage (SEDDRe) souhaitent accélérer le mouvement en faveur du recyclage des déchets de chantier. Et c’est en partenariat avec la Société du Grand Paris et la direction régionale d’Ile-de-France de l’Ademe, qu’ils lancent aujourd’hui un label à destination des plateformes de recyclage des terres de la région parisienne : Recyterre.

 

Le label est né de deux constats : alors que le projet du Grand Paris Express devrait générer d’ici 2027, près de 45 millions de tonnes de déblais, les terres excavées « vont majoritairement en remblais de carrières ou en installations de stockage de déchets ». Aussi, malgré les objectifs « très ambitieux » de la région Ile-de-France en matière de recyclage des terres, à savoir deux millions de tonnes à l’horizon 2020 et 5 millions de tonnes en 2026, « nous professionnels, on s’est rendu compte qu’on avait du mal à atteindre ces objectifs. On s’est interrogé sur les raisons et les démarches à mettre en place. On est face à des mouvements de terres très importants et qui nécessitent une structuration du marché et de rassurer les maîtrises d’œuvre et maîtres d’ouvrage », explique François Przybylko, administrateur du SEDDRe.

 

Via ce label, les partenaires souhaitent « monter d’un cran », « faire en sorte d’initier un certain nombre d’opérations » et mobiliser toujours plus d’acteurs, souligne Erwan Le Meur, président de Federec BTP.

 

M. Przybylko ajoute : « Aujourd’hui, on n’a pas la prétention d’avoir la capacité de recycler l’ensemble des terres du Grand Paris. En revanche, on pense vraiment que c’est une opportunité, par ce chantier-là, de développer une nouvelle filière. Il y a une nécessité à encadrer et à professionnaliser ces activités ».

 

Les sites concernés par le label sont les installations de traitement de terres non dangereuses. « On part du principe qu’il faut qu’il y ait une opération de traitement sur les terres (scalpage, lavage, chaulage…) qui permettent à ces terres de passer d’un statut de déchet à un statut de produits » pour contribuer ainsi à leur commercialisation, poursuit-il.  

 

Créer un climat de confiance

 

L’opérabilité du label a été vérifiée lors de campagnes d’audit à blanc. Il se veut être en adéquation avec les attentes du secteur, industriels, autorités environnementales et prescripteurs de matériaux recyclés issus des plateformes de valorisation. Son contenu s’articule autour de quatre axes : respect du cadre réglementaire, rigueur de gestion des flux entrants et sortants, qualité de la matière première issue du recyclage et respect de procédures strictes en matière de Sécurité et Environnement.

 

La vocation de Recyterre est d’être un référentiel fixant les standards de qualité de l’activité de valorisation et de recyclage des terres non dangereuses. Il se présente également comme un outil de communication pour les producteurs de matériaux recyclés à partir de ces terres et d’évaluation de leur performance. « C’est un outil crédible de confiance entre les différents acteurs de la filière », insiste M. Le Meur.

 

Il vient ainsi garantir la qualité des matières premières issues de recyclage « afin de conforter les prescripteurs et donneurs d’ordres dans le choix de recourir à ces matériaux », valoriser l’exploitation des plateformes et inciter les exploitants à s’inscrire « dans un processus d’amélioration continue vers l’excellence ». Recyterre propose ainsi trois niveaux de labellisation : « engagé », « confirmé » et « exemplaire ».

 

L’attribution du label s’effectue pour une durée de trois ans. Les demandes sont à effectuer auprès de Federec et de SEDDRe. Il est possible de l’articuler avec d’autres référentiels développés par les professionnels du secteur, par exemple Qualirecycle BTP®, et ce dans un souci de « simplification ». « Nous avons choisi de faire quelque chose de simple qui ne prenne pas quatre jours en termes d’audit » et d’associer Recyterre « à d’autres labels en fonction de l’exploitant et en fonction des labels pour lesquels il candidate ».  

 

A ce jour, une trentaine de plateformes franciliennes compte sur une activité de recyclage des déblais. « Il y aussi des plateformes qui commencent à laver des terres. On peut imaginer que ça peut avoir un effet d’entrainement. L’idée c’est de faire en sorte que ces exploitants se connaissent mieux par l’intermédiaire du label, puissent échanger entre eux de façon à pouvoir professionnaliser leur métier, et développer de nouvelles plateformes », indique Erwan Le Meur.  

 

Il dévoile en outre la volonté de Federec et du SEDDRe, « de constituer un pôle des grands maitres d’ouvrage franciliens pour qu’on puisse réfléchir avec eux, à l’introduction de clauses spécifiques intégrant ce label-là, et faire en sorte qu’ils puissent préconiser l’utilisation de terres recyclées dans leur chantier ». A la rentrée, une première consultation devrait être lancée pour sélectionner les cabinets indépendants qui seront en charge de la réalisation des audits.

 

Le label, qui sera tout d’abord déployé en Ile-de-France, devrait s’étendre ensuite au reste du territoire. A noter que l’initiative survient alors même qu’un arrêté ministériel devrait paraître dans les prochaines semaines pour faire passer les déblais d’un statut de déchet à un statut de produit. Dans le cadre de la définition de ce texte, les professionnels du secteur ont apporté « un certain nombre de remarques. On a notamment dit l’importance d’une passage sur des installations classées pour la protection de l’environnement (notamment pour qualifier les aspects environnementaux et surtout géotechniques des produits) et sur un vrai site industriel, et pour pouvoir établir ce gain de confiance entre le chantier d’origine et les chantiers – utilisateurs finaux », précise enfin Erwan Le Meur.

 

Rose Colombel

Photo de une : ©RC

Redacteur

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