Électricité : les renouvelables ont fait baisser les prix, selon la CRE

Le développement des énergies renouvelables, notamment de l’éolien et du solaire, contribue à « faire baisser les prix » de l’électricité au bénéfice des consommateurs, a affirmé mercredi Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui a publié pour la première fois un rapport consacré à l’économie du système électrique français. Le document pourra « servir à ramener les faits dans le débat », a indiqué Emmanuelle Wargon lors d’une conférence de presse mercredi 9 septembre
Le gendarme de l’énergie a cherché à mesurer concrètement l’effet du développement des énergies renouvelables (ENR) sur le fonctionnement du système électrique français, en particulier sur le niveau des prix et, in fine, sur la facture acquittée par les consommateurs. L’organisme a pour cela comparé la situation observée en 2025 à un scénario dans lequel le parc de production serait resté au niveau de celui de 2020.
8 milliards d’euros de baisse des prix grâce au développement des ENR
Cette modélisation dévoile un gain de 8 milliards d’euros sur les prix de l’électricité, tandis que le coût associé au développement des ENR est estimé à 3 milliards d’euros, selon les calculs de la CRE.
D'après la commission, l’augmentation du parc renouvelable entre 2020 et 2025 s’est traduite par une baisse d’environ 20 euros par MWh des prix de marché par rapport à 2020. Un effet favorable aux consommateurs, mais qui pèse sur les producteurs non soutenus ainsi que sur le budget de l’État, souligne l’autorité.
« Vous avez plus d'offres pour la même demande, vous faites baisser les prix de marché », a expliqué Emmanuelle Wargon. Une dynamique qui a toutefois sa contrepartie : « vous avez un parc plus grand », ce qui engendre des coûts supplémentaires.
Sur la base des données de 2025, l’effet du développement des renouvelables reste donc favorable aux consommateurs : « c'est bon pour les factures », a résumé Emmanuelle Wargon.
La CRE alerte sur les effets d’une demande d’électricité insuffisante
À plus long terme, la CRE considère également que poursuivre le développement des énergies renouvelables au-delà des projets déjà engagés « est pertinent du point de vue du consommateur ». L’autorité appelle toutefois à la prudence si la demande d’électricité ne progresse pas. Dans ce scénario, « les inconvénients pourraient dépasser les avantages pour le système ».
Une hausse de 50 % de la puissance installée des ENR pourrait alors soulever « des problèmes économiques », liées notamment à la « hausse du coût pour l'Etat » et aux « moindres revenus » d’EDF, qui réduiraient ses capacités d’investissement.
Le coût du système électrique atteint 56 milliards d’euros
La CRE a par ailleurs chiffré, pour la première fois, le coût global du système électrique en métropole, hors Corse. Celui-ci atteint 56 milliards d’euros, dont 40 milliards consacrés à la production et 16 milliards aux réseaux.
Les particuliers et les entreprises en supportent l’essentiel, avec une facture représentant 78,5 % du coût total du système, une part qui atteint 92 % en intégrant l’accise. « Le consommateur paie la majorité, le reste ce sont les exportations et le budget de l'Etat », a ajouté la CRE.
Avec AFP
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