Moyen-Orient : une coalition de réflexions pour sortir des énergies fossiles
Publié le 19 mars 2026 à 16h35, mis à jour le 19 mars 2026 à 17h17, par Virginie Kroun

L’Institut Montaigne, la Fondation Jean-Jaurès, l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), Shift Project ou l'Institut I4CE… C’est une diversité d’acteurs aux sensibilités différentes qui forment une coalition de réflexion, chapeautée par GSCC, réseau de communication sur le climat.
Leur terrain d’entente : la nécessité d’accélérer la sortie des énergies fossiles, ont exposé les groupes de réflexion lors d’un point presse le 18 mars.
Nouvelles attaques sur des infrastructures énergétiques
Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, point de transit du commerce international, bloquent la circulation du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL). Le prix de ces ressources s’aligne sur les rebondissements géopolitiques.
Suite aux frappes iraniennes sur le complexe gazier de GNL de Ras Laffan au Qatar, considéré comme le plus grand du monde, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a bondi de 9,92 % à 118,03 dollars, ce jeudi à vers 9 h 35 GMT. Et ce juste après avoir augmenté de plus de 10 %.
Vers 7h GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais – référence du gaz européen – a gonflé de 28,06 % à 70 euros le mégawattheure, suivant une explosion jusqu’à 35 %.
Une menace de crise énergétique couplée à celle d'une flambée des prix de matériaux de construction. Ce dernier phénomène a d'ailleurs alarmé l'Unicem.
Massifier l’électrification des transports et du logement
Cette flambée des prix soulève la dépendance de la France « à plus de 70% des énergies fossiles » pour sa consommation d’énergie, rappelle Héloïse Lesimple, responsable adjointe affaires publiques de The Shift Project. D’où, selon elle, le besoin d’«électrifier massivement » transport, logement et industrie, à travers un plan gouvernemental qui doit être présenté au printemps, selon le gouvernement.
Deux chantiers prioritaires ressortent. D’abord le soutien accru aux véhicules électriques, qui peut relancer celui des raccordements du bâtiment aux infrastructures de recharge (IRVE). D’autant que d’après Andreas Rüdinger, coordinateur transition énergétique pour l’IDDRI, la flamme inflationniste sur le pétrole coûte à l’Union européenne « 3 milliards d'euros par semaine ». Soit moins d’argent à investir dans la transition énergétique.
« On chiffre le coût de rouler à l'électrique pour 100 kilomètres entre deux et sept euros selon le mode de recharge, contre à peu près 14 euros en thermique », abonde Benoît Calatayud, directeur de l'Observatoire de la Transition énergétique et sociale de la Fondation Jean-Jaurès.
La coalition met l’accent sur le leasing social, que l’institut I4CE encourage à quadrupler dès 2026, afin de protéger les 200 000 ménages modestes d’un prix à la pompe instable.
En seconde priorité : la refonte de la fiscalité énergétique en faveur de l’électricité, moins avantageuse par rapport au gaz et au fioul. L’IDDRI préconise le scénario appliqué durant la crise énergétique de 2022-2023. Il consiste à ce que « pour chaque euro public investi dans l'aide au paiement des factures », un euro en plus soit consacré l’électrification et la décarbonation.
Peut-être qu’à Bercy les discussions avanceront. Sébastien Martin, ministre chargé de l'Industrie, doit recevoir ce jeudi à 17h30 les filières industrielles et représentants des organisations patronales. Cette réunon porte les impacts industriels du conflit au Moyen-Orient
Avec AFP
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