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Géothermie : la Cour des comptes pointe l’écart entre ambitions et réalité

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Publié le 13 janvier 2026, mis à jour le 13 janvier 2026 à 17h25, par Nils Buchsbaum


Dans un rapport, la Cour des comptes met en lumière le décalage entre les ambitions affichées et le déploiement réel de la géothermie, qui reste encore très marginale malgré son potentiel.
© Adobe Stock
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La géothermie, source d’énergie locale, renouvelable et décarbonée, offre un potentiel prometteur pour répondre aux défis de la transition énergétique. Pourtant, en France, elle reste encore très peu exploitée et ne couvre qu’environ 1 % des besoins en chaleur.

Alors qu’un premier rapport de 2013 avait dressé l’état des lieux des trois grandes filières géothermiques, la Cour publie aujourd’hui une nouvelle étude, centrée sur les aides publiques visant à stimuler le développement de cette énergie.

La géothermie repose sur un principe simple, elle exploite la chaleur du sol pour chauffer bâtiments et logements grâce à des pompes à chaleur, des planchers chauffants ou des systèmes de ventilation. Contrairement aux idées reçues, cette énergie n’est pas réservée aux zones volcaniques ou thermales et peut être captée de multiples manières sur la quasi-totalité du territoire français. La filière se décline en trois types : la géothermie de surface, la géothermie profonde basse énergie et la géothermie profonde haute énergie.

Une énergie d'avenir ?

 

En 2023, environ 210 000 pompes à chaleur géothermiques étaient installées en France. L’efficacité des installations dépend toutefois de la nature du sol et de sa profondeur.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, la géothermie pourrait couvrir 15 % de la croissance mondiale de la demande électrique d’ici 2050, confirmant son rôle stratégique dans la transition énergétique.

Dans un rapport publié le 13 janvier, la Cour des comptes souligne « l’écart persistant entre des objectifs ambitieux et un déploiement freiné par des coûts d’investissement élevés, des risques techniques, ainsi que par la complexité et la lenteur des procédures ».

Une technologie encore peu déployée

 

L’institution publique dresse plusieurs constats. D’abord, les dispositifs de soutien public n’ont pas permis, à ce stade, « de lever les freins structurels au développement de la géothermie, liés notamment aux coûts initiaux des projets, aux risques techniques et géologiques, ainsi qu’à la complexité des procédures et des cadres d’intervention ».

Ensuite, malgré des performances environnementales et énergétiques reconnues, la géothermie de surface reste peu déployée, notamment dans le logement collectif. Dans ces conditions, l’objectif de tripler la production de chaleur d’ici 2035 apparaît « peu réaliste en l’état ». La Cour préconise avant tout une « simplification des règles, la priorisation des soutiens et le développement d’outils organisationnels et juridiques plutôt qu’une augmentation des subventions ».

S’agissant de la géothermie profonde calogène, principalement destinée aux réseaux de chaleur urbains, elle est jugée « compétitive » mais demeure freinée par des investissements initiaux très lourds et « des incertitudes sur la ressource géologique ». Atteindre les objectifs fixés suppose de « lever les freins économiques, d’adapter la filière à une montée en puissance rapide des projets et de réduire la lenteur des procédures administratives ». La Cour recommande notamment de réexaminer le rôle des aides financières, de clarifier la couverture des risques et d’améliorer la connaissance du sous-sol.

Enfin, si la géothermie électrogène reste marginale en métropole, elle représente, selon la Cour des Comptes, « un enjeu stratégique pour les territoires ultramarins ».                         

La Cour préconise de rendre plus lisibles les financements

 

Au terme de son analyse, la Cour des comptes estime que la réussite de la filière ne dépend pas d’un accroissement des financements, mais d’un cadre plus lisible et plus efficace. Elle appelle à une meilleure articulation des dispositifs de soutien, à une clarification des mécanismes de gestion des risques, à un effort accru de connaissance du sous-sol et à l’intégration d’innovations déjà opérationnelles.

Trois orientations prioritaires en découlent : « relever le seuil de la géothermie de minime importance, clarifier la doctrine d’allocation du fonds de garantie pour la géothermie profonde et réviser les dispositifs de couverture du risque de forage, en particulier dans les outre-mer ».

 

Par Nils Buchsbaum

Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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