Pompes à chaleur : le marché français toujours en difficulté

Xerfi publie une étude intitulée « Le marché des pompes à chaleur : cartographie des acteurs, perspectives du marché et défis de la filière française à l’horizon 2027 ».
Avec la crise du logement neuf qui sévit depuis 2022, le marché français des pompes à chaleur a subi une baisse, avec encore -12 % en 2024. Les ventes de PAC Air/Eau, elles, ont même chuté de 40 %.
Vers une accélération grâce à la RE2020 ?
Selon les prévisions de Xerfi, les ventes devraient encore être au ralenti en 2025, avant une potentielle reprise en 2026
« La reprise des transactions dans le neuf ou encore la montée en puissance de la réglementation RE2020, favorisant l’intégration des PAC dans le collectif et le tertiaire, devraient en effet constituer des facteurs de soutien », estime l’institut d’études.
Rappelons que depuis début 2025, la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) s’applique également aux logements collectifs, aux bâtiments scolaires et aux bureaux neufs, et le chauffage collectif gaz a tendance à être remplacé par des pompes à chaleur.
Une concurrence asiatique rude
Toutefois, Xerfi estime que l’objectif – souhaité par Emmanuel Macron – de produire un million de PAC par an en France à compter de 2027 ne pourra certainement pas être atteint, alors que seules 350 000 PAC sont actuellement produites chaque année dans l’Hexagone et que la concurrence asiatique est rude.
En effet, 30 à 40 % des PAC commercialisées en France seraient importées, essentiellement d’Asie. Pour éviter des mesures protectionnistes à l’échelle européenne, des industriels asiatiques comme Daikin ou Mitsubishi investissent dans d’immenses usines de production de PAC dans les pays d’Europe de l’Est.
Dans ce contexte de difficultés, certains fabricants comme BDR Thermea envisagent même d’arrêter leur production de PAC en France et de supprimer des emplois.
Cependant, dans le cadre d’une transition vers des fluides frigorigènes plus respectueux de l’environnement, les fabricants européens ont été les premiers à basculer vers les R290 (propane), alors que les fabricants asiatiques ont longtemps misé sur le R32 (plus polluant).
Par Claire Lemonnier