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Logements neufs : « On se dirige vers une crise majeure ! » (FPI)

Les ventes de logements neufs s’effondrent au premier trimestre 2022. « Une situation vraiment grave », selon la dernière conjoncture de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), qui, comparée à la même période sur l’année 2021, indique une chute de plus de 20%. Une tension généralisée donc, qui conduit les prix du marché du neuf vers une hausse toujours plus soutenue (+5,4 %). Résultat ? L’offre commerciale poursuit sa « baisse dramatique », entamée fin 2018.
Publié le 25 mai 2022

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Logements neufs : « On se dirige vers une crise majeure ! » (FPI) - Batiweb

Le niveau des mises en vente de logements neufs n’a jamais été aussi bas (-30,5 %) depuis 2012, date de création de l’observatoire FPI. Par rapport au T1 2021, la fédération enregistre une baisse de 20,2 % de ventes de logements. Une faiblesse donc, que Pascal Boulanger, président de la FPI, estime comme « un effondrement, voire comme une rupture ». « La situation est vraiment grave », a-t-il déclaré lors d’une conférence ce mercredi 25 mai. 

Deux fois moins de logements qu’en 2018

 

« Un tiers des logements n’arrivent plus sur le marché. Il y en a deux fois moins qu’en 2018 », déplore Didier Bellier-Ganière, délégué général de la FPI. Conséquence des refus de permis toujours plus nombreux et de la hausse des coûts de construction qui impacte l’équilibre financier des opérations. Par rapport au T1 2021, le nombre de logements mis en vente chute ainsi de 30,5 %. 

La construction neuve pour les logements collectifs au T1 2022, elle aussi, peine à retrouver son niveau de 2019, au-dessus des 60 000, enregistrant seulement 55 300 autorisations. En mars 2022, les autorisations mensuelles de logements collectifs enregistrent une « remontée artificielle ». La FPI explique que c’est due à un « pic de dépôt » des permis de construire avant le 1er janvier 2022, date d’entrée en vigueur de la RE2020. « Il s’agit d’un épiphénomène et non d’une tendance », prévient Pascal Boulanger. Un épiphénomène qui, selon lui, pourrait durer jusqu’au T4 2022.

 

« Les chiffres n'ont jamais été aussi mauvais »

 

Depuis 2018, l’offre commerciale (en stock disponible) suit une baisse de 33,4 %. « Les stocks fondent, et la machine coule. Depuis 2012, les chiffres n’ont jamais été aussi mauvais ! », lâche Didier Bellier-Ganière. 

Une tension généralisée du marché du neuf qui conduit ainsi les prix vers une hausse plus soutenue, notamment en régions, et plus précisément à Nantes, Bordeaux et Nice, où l’offre commerciale, en mois d’écoulement, se situe entre 12 et 14 mois. L’offre commerciale est désormais sous le seuil des 80 000 logements à la vente.  « Du jamais vu », regrette Pascal Boulanger. « C’est dramatique ! ». 

Causée par la forte hausse des prix de l’énergie et des matières premières, l’inflation sur un an monte (+4,8 %), elle aussi, en avril 2022. Une hausse qui impacte directement le pouvoir d’achat des primo-accédants. « Ils sont exclus du marché », lance Pascal Boulanger. « Cette situation géopolitique brouille les anticipations des ménages, et leur perspective d’achats importants », commente-t-il. 

Du coté des logements collectifs, la FPI note une hausse de 5,4% des prix de vente avec une disparité géographique : +3,4% en Île-de-France et +5,8 % en régions. 

« Deux ans après les élections municipales, les logements collectifs n’obtiennent toujours pas de permis de construire en nombre suffisant pour répondre aux besoins des ménages. De ce fait, la faiblesse, toujours plus criante que l’offre commerciale conduit toute une filière vers une crise majeure », craint le président de la FPI.

 

Marie Gérald 
Photo de Une : ©AdobeStock

Par Marie Gerald

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