Fermer

Passoires thermiques : les propositions de la FNAIM pour accélérer leur rénovation

Selon les résultats d’un sondage réalisé par la FNAIM, 26 % de propriétaires-bailleurs envisageraient de vendre leur bien classé comme passoire thermique plutôt que de le rénover, ce qui retirerait 500 000 logements du parc locatif privé. Dans ce contexte, la fédération publie une feuille de route pour faciliter et accélérer la rénovation énergétique.
Publié le 30 septembre 2022

Partager : 

Passoires thermiques : les propositions de la FNAIM pour accélérer leur rénovation - Batiweb

Alors que la location de passoires énergétiques sera progressivement interdite dans le cadre de la loi Climat et Résilience, la Fédération nationale de l’Immobilier (FNAIM) alerte sur un risque d’« hémorragie » dans le parc locatif privé. En effet, selon un récent sondage, plus d’un quart des propriétaires-bailleurs envisageraient de vendre plutôt que de rénover leur bien mal classé, ce qui retirerait près de 500 000 logements du marché locatif privé d’ici 6 ans.

« Comprenons bien l’enjeu : le marché locatif privé est un pilier majeur du logement en France et de la mobilité des Français, pour les jeunes et les actifs : 1,2 million de logements changent de locataires chaque année », rappelle Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM.

Le principal frein à la rénovation évoqué par 93 % des répondants : le coût des travaux, pour 93 % d’entre eux. Par ailleurs, dans plus de 40 % la réalisation de ces travaux est tributaire d’une décision prise en Assemblée générale de copropriété. La FNAIM rappelle en effet que 63 % des passoires énergétiques du parc locatif privé sont situées en copropriété.

Dans ce contexte, la FNAIM propose une feuille de route pour « relever le défi de la rénovation », axée autour de 4 grands points.

Favoriser la solidarité entre les copropriétaires

 

La FNAIM propose notamment que l’adoption d’un plan pluriannuel de travaux en copropriété entraîne automatiquement la suspension de l’indécence énergétique d’un logement pendant 10 ans, sous réserve que ce plan permette de réaliser des économies d’énergie. Cette mesure permettrait notamment d’étaler le coût des travaux.

Pour une meilleure solidarité entre les copropriétaires et moins de freins au lancement de travaux dans les copropriétés, la fédération propose également de rendre le DPE collectif opposable et de valeur supérieure au DPE individuel. En effet, la FNAIM souligne que certains logements restent d’office pénalisés (pignon Nord, dernier étage…) peu importe les travaux réalisés, ce qui peut démoraliser leurs propriétaires de voter des travaux de rénovation collectifs.

Mobiliser tous les propriétaires et leur épargne

 

Le président de la FNAIM soulève un autre point important : la nécessité d’inclure les propriétaires occupants dans cette démarche de rénovation énergétique pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. De fait, la fédération propose d’intégrer la classe F comme standard minimum de performance énergétique à compter du 1er janvier 2030. Il s’agirait alors d’intégrer une exigence de rénovation lors de la mutation d’un bien.

« La mutation c’est le moment où on peut enclencher, à l’échelle du logement individuel, des travaux structurants de rénovation, les plus efficaces écologiquement, mais aussi les plus coûteux. Car alors, le coût des travaux s’intègre à l’opération d’acquisition », souligne en effet Jean-Marc Torrollion.

Enfin, la FNAIM reconnaît que les seules aides de l’État telles que MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) ne suffiront pas pour accompagner l’ampleur de la rénovation. Ainsi, la fédération appelle à la création de nouvelles solutions de financement, et notamment au développement de produits bancaires tournés vers les copropriétés et d’un produit d’épargne rénovation.

 

Claire Lemonnier
Photo de une : Adobe Stock

Par Claire Lemonnier

Sur le même sujet

bloqueur de pub détecté sur votre navigateur

Les articles et les contenus de Batiweb sont rédigés par des journalistes et rédacteurs spécialisés. La publicité est une source de revenus essentielle pour nous permettre de vous proposer du contenu de qualité et accessible gratuitement. Merci pour votre compréhension.