Ascenseurs : 85 % des amortisseurs en polyuréthane testés non conformes

Une campagne européenne de test des amortisseurs d’ascenseur a mis en évidence des écarts importants entre les deux technologies contrôlées. Sur les 33 amortisseurs en polyuréthane soumis aux essais, 28, soit 85 %, ne répondaient pas aux exigences de l’Union européenne. À l’inverse, les sept amortisseurs hydrauliques testés étaient conformes.
Au total, 40 produits ont été prélevés par les autorités de surveillance du marché (ASM) à Chypre, en Allemagne, à Malte, aux Pays-Bas, en Suède et en Suisse. Les essais ont été réalisés dans le cadre de l’édition 2025 des « Actions conjointes sur la conformité des produits » (JACOP), une campagne menée dans les pays de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre-échange (AELE).
Les amortisseurs concernés sont installés au fond des cages d’ascenseur. Ils constituent un dispositif de sécurité destiné à absorber ou dissiper l’énergie de la cabine ou du contrepoids lorsque ceux-ci dépassent leur point d’arrêt normal.
Des problèmes de décélération sur les modèles en polyuréthane
La campagne portait sur deux familles de produits. Les amortisseurs en polyuréthane absorbent les chocs par compression, tandis que les modèles hydrauliques utilisent un fluide pour absorber et dissiper l’énergie.
Le laboratoire chargé des essais a notamment étudié la décélération obtenue lors de la compression, le retour de l’amortisseur à sa position normale ainsi que l’apparition éventuelle de dommages ou de déformations permanentes. Pour les modèles hydrauliques, les contrôles ont également porté sur d’éventuelles fuites de liquide.
Les sept amortisseurs hydrauliques testés ont satisfait aux exigences. La situation est sensiblement différente pour les modèles en polyuréthane : 28 des 33 produits contrôlés ont été déclarés non conformes. Selon la campagne, la plupart des défauts constatés provenaient d’une capacité insuffisante à ralentir l’ascenseur, avec un dépassement des limites prévues par la norme de sécurité.
Les produits contrôlés provenaient principalement d’Allemagne, avec 29 échantillons. Sept avaient été fabriqués en Chine et quatre en Italie.
Cinq amortisseurs interdits à la vente
À la suite des contrôles, les autorités de surveillance du marché ont contacté 23 opérateurs économiques afin de leur communiquer les résultats, de recueillir leurs observations et de connaître les mesures correctives envisagées.
Cinq amortisseurs en polyuréthane ont déjà fait l’objet d’une interdiction de vente. Deux opérateurs économiques ont par ailleurs été invités à transmettre des pièces justificatives. D’autres mesures pourront être prises en fonction des réponses apportées.
Les résultats ont également été transmis par le système européen d’information, utilisé pour la surveillance des marchés, afin de coordonner l’action des différents pays. Ils ont été communiqués via Safety Gate, le dispositif utilisé par les autorités nationales pour partager les informations relatives aux produits non alimentaires dangereux et aux mesures prises à leur encontre.
Les autorités recommandent notamment aux fabricants et aux autres opérateurs de « maintenir des contrôles de production rigoureux en usine, de veiller à la cohérence entre les lots, et de procéder à de nouveaux tests chaque fois que des changements interviennent au niveau des matières premières, de la composition des produits ou du processus de fabrication ».
Elles insistent également sur la mise à jour de la documentation technique ainsi que sur la clarté des instructions d’installation et d’entretien, une manipulation ou un stockage inadéquats pouvant affecter les performances des produits dans la durée.
« Le message général de cette campagne de test est clair : les composants de sécurité des ascenseurs peuvent être masqués, mais ils sont indispensables à la sécurité publique. Il est essentiel de veiller à ce qu'ils respectent les exigences de l'UE pour garantir la confiance dans le marché unique », a déclaré Vanessa Capurso, analyste à la direction générale du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des PME (DG GROW) de la Commission européenne.
La campagne JACOP 2025 a porté au total sur onze catégories de produits. Elle vise à permettre aux autorités de surveillance du marché de coordonner leurs méthodes de contrôle, leurs essais, l’évaluation des risques et les éventuelles mesures correctives.
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