Lafarge reconnu coupable de financement du terrorisme en Syrie

Il y aura un appel, a déjà annoncé l'avocate de Bruno Lafont. Mais l'ex-PDG de Lafarge a bien été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à six ans de prison avec mandat de dépôt, la peine étant donc à exécution immédiate, et 225 000 euros d'amende. Sept autres responsables et le cimentier Lafarge ont aussi été reconnus coupables de financement du terrorisme en 2013 et 2014.
Pour continuer ses activités dans le Nord de la Syrie, alors que des groupes terroristes s'emparaient de ces terres, Lafarge aurait versé près de 5,6 millions d'euros à plusieurs de ces organisations. En échange de laisser-passer pour ses camions sur les routes aux alentours de son usine neuve de Jalabiya, le cimentier aurait donc financé des groupes peu recommandables comme l'État islamique et le Front al-Nosra.
Les réquisitions du Pnat ont été suivies par le tribunal
« Un dévoiement » au mépris de la sécurité de son millier de salariés, selon le Parquet national antiterrorisme (Pnat)
Lafarge avait déjà plaidé coupable pour cette affaire, jugée en 2022 devant la justice américaine lors d'un procès qui l'a vu être condamné à verser plus de 700 millions d'euros d'amende.
Cette fois-ci, la multinationale a été condamnée à payer une amende de 1,125 million d'euros et une amende douanière de 4,57 millions d'euros solidairement avec quatre anciens responsables du groupe pour le non-respect des sanctions financières internationales.
L'ancien directeur de la filiale syrienne du groupe, jusqu'en juillet 2014, Bruno Pescheux, a lui été condamné à cinq ans d'emprisonnement et une amende de 225 000 euros. Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge, écope aussi de cinq ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt immédiat et d'une amende de 225 000 euros. Avec ces condamnations, le tribunal a donc suivi les réquisitions, que nous vous détaillons en décembre, après quatre semaines de procès.
Un contexte et des chiffres qui « donnent le vertige »
Des réquisitions lors desquelles, d'après les propos rapportés par nos confrères de Mediapart, le Pnat avait évoqué des « chiffres inédits qui donnent le vertige », rappelant que les fonds versés par Lafarge avaient pu suffire à rémunérer pendant un an plus de 3 000 moudjahidines.
« Cette modalité de financement des organisations terroristes (...) a été essentielle comme participant à la mainmise de l'organisation terroriste sur les ressources naturelles de Syrie, lui ayant permis de financer des actes terroristes sur zone et projetés à l'extérieur, notamment en Europe », a, quant à elle, souligné la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez.
Alors que la France s'apprêtait à connaître les attentats de Charlie Hebdo, puis ceux du 13 novembre 2015, l'affaire était ainsi d'autant plus retentissante dans le pays.
Avec AFP
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