Amiante : peu de victimes font valoir leurs droits

Classé cancérogène dès 1977 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’amiante a pourtant été massivement utilisée dans les bâtiments jusqu’à son interdiction dans les constructions neuves en 1997 en France.
Les effets d’une exposition à l’amiante sur la santé peuvent se déclarer parfois 20 à 40 ans plus tard, voire plus.
On retrouve notamment de nombreux cas de cancers du poumon, de mésothéliome pleural, de plaques pleurales, d’asbestose, et plus rarement, des cancers du larynx et de l'ovaire, selon la Haute autorité de santé (HAS).
Les maladies liées à l’amiante constituent aujourd’hui la première cause de décès liés au travail, hors accidents du travail.
Entre un et deux millions de travailleurs exposés
Selon les calculs de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), un à deux millions de travailleurs ont pu être exposés à l’amiante dans le cadre d’activités d’entretien ou de maintenance, dont 900 000 dans le secteur du bâtiment.
Or, les victimes de l’amiante sont peu nombreuses à faire valoir leurs droits.
Depuis sa création en 2001, environ 117 000 victimes et leurs familles ont saisi le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA) pour obtenir une indemnisation.
Cet organisme public est financé par la branche « accidents du travail et maladies professionnelles » (AT-MP) de la Sécurité sociale et doté de 8 milliards d’euros depuis sa création.
Moins de 3 000 victimes déclarées en 2025
L’an passé, seules 2 745 victimes ont sollicité le FIVA.
« On observe un vieillissement régulier des victimes qui nous saisissent, des hommes âgés de 71 ans en moyenne : on ne peut pas exclure l'hypothèse qu'un certain nombre d'entre elles soient décédées sans nous avoir saisis », explique Anne Thauvin, directrice de la FIVA.
« On parle de cancers bronchopulmonaires pas toujours opérables, de mésothéliomes avec des espérances de vie une fois le diagnostic posé, extrêmement faibles, de 12 à 18 mois », ajoute-t-elle.
Le FIVA désormais à la recherche des victimes
Grâce au décret « aller-vers » prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 – et qui a tardé en attendant l’avis de la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) – la FIVA peut désormais, depuis le mois de septembre, contacter directement les victimes pour les aider à accéder à leurs droits.
Leurs noms et contacts sont fournis par l’Assurance maladie et les caisses de Mutualité sociale agricole (MSA).
À ce jour 321 personnes ont été contactées et près de 80 ont renvoyé les formulaires. « Certaines pourront être indemnisées avant la fin de l’année », annonce Mme Thauvin.
Avec AFP
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