Bétonnage du bord de mer à Vias : la justice administrative tranchera en janvier
Publié le 07 janvier 2026, mis à jour le 09 janvier 2026 à 9h59, par Virginie Kroun

Mi-décembre dernier, la commune de Vias, dans l’Hérault, et son maire Jordan Dartier étaient face à la cour d’appel de Montpellier. Une comparution pour non-respect de la loi Littoral, après le bétonnage d’une zone protégée en bord de mer.
Pourquoi ? L’aménagement d’un promenoir et de deux parkings, dans le cadre d'un projet de modernisation et d’attractivité territoriale de la station balnéaire, inaugurés en 2019.
Le tribunal administratif de Montpellier doit trancher sur le sort de ces installations. Le mercredi 7 janvier, le président du tribunal a annoncé qu’il rendrait sa décision « dans la quinzaine ». Soit un verdict le 21 janvier.
Une démolition moins chère que la construction
Pour rappel, les travaux ont fait l’objet d’un premier avertissement de la préfecture, invoquant la protection de l’environnement. Un arrêt du Conseil d’État a d’ailleurs été émis.
Malgré ces oppositions, le conseil municipal a inscrit dans son Plan local d'urbanisme (PLU), oubliant la « bande des 100 mètres » à partir du rivage. Sur ce périmètre, toute construction neuve est interdite.
Lors de l’audience au tribunal administratif de Montpellier ce mercredi, le rapporteur de public a proposé d’approuver le bienfondé derrière la demande préfectorale de démolition.
Le magistrat – dont le rôle est d’orienter la justice administrative – a d’ailleurs avancé que les finances municipales permettent d’en assurer le coût. Il a notamment comparé le coût de démolition (1,55 million d'euros) à celui du chantier de bétonnage (4,7 millions d'euros).
Et de souligner qu’aucune dérogation n’est possible pour autoriser des constructions dans des zones protégées déjà urbanisées. Ce qui ne concerne pas le bord de mer à Vias, contrairement aux arguments de la commune.
Un verdict de la cour d’appel en février
Dans le camp de la défense, Me Clément Crespy, avocat de la commune, a réaffirmé son opposition à la démolition, tout en proposant un compromis. La solution consiste à supprimer « 30 ou 40 mètres du promenoir » les plus proches de la mer et une partie des parkings.
La réponse d’une « bête aux abois, qui a toujours refusé le dialogue », juge auprès de l'AFP Me Nicolas Becquevort, l'avocat de Vias mon Village. L’association est partie civile aux côtés de France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée.
Rappelons que pour les mêmes faits, Vias et son maire encourent des amendes de plusieurs dizaines de milliers d’euros devant la cour d’appel. Une décision sera rendue le 9 février.
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Par Virginie Kroun (avec l’AFP)














