Podcast
ConnexionS'abonner
Fermer

Lafarge fait appel de sa condamnation pour financement du terrorisme

Partager l'article
Publié le 28 avril 2026 à 14h30, mis à jour le 28 avril 2026 à 17h10, par Nils Buchsbaum

La société Lafarge et huit co-prévenus ont fait appel de leurs condamnations pour financement du terrorisme en Syrie en 2013-2014.
©Adobe Stock - Batiweb
©Adobe Stock

Le groupe cimentier Lafarge, ainsi que les huit autres personnes mises en cause, dont son ancien dirigeant Bruno Lafont, ont interjeté appel de leurs condamnations pour financement du terrorisme en Syrie en 2013 et 2014, a indiqué mardi 28 avril à l’AFP le parquet général de la cour d’appel de Paris.

Ils avaient tous été reconnus coupables le 13 avril par le tribunal correctionnel de Paris d’avoir versé, en 2013 et 2014, près de 5,6 millions d’euros à des groupes jihadistes armés, afin de permettre la poursuite de l’activité d’une cimenterie située à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

1,125 million d’euros d’amende

 

La société, décrite dans le jugement de première instance comme « prête à toutes les compromissions avec des organisations terroristes », avait été condamnée à la peine maximale prévue, soit 1,125 million d’euros d’amende. Elle avait également été condamnée, solidairement avec quatre de ses anciens cadres, à régler une amende douanière de 4,57 millions d’euros pour non-respect des sanctions financières internationales.

Au-delà de l’ancien fleuron de l’industrie française, rachetée par son concurrent suisse Holcim, le tribunal correctionnel avait également prononcé de lourdes sanctions à l’encontre de sept anciens responsables de Lafarge, parmi lesquels son ex-PDG Bruno Lafont, en poste entre 2007 et 2015.

Les juges avaient vivement critiqué la « mauvaise foi » et la « lâcheté » de l’ancien dirigeant, lequel affirme ne pas avoir été informé des versements effectués aux groupes jihadistes. Ils avaient prononcé à son encontre une peine de six ans d’emprisonnement, assortie d’un mandat de dépôt.

Des dirigeants condamnés à de la prison

 

L’ancien grand patron, incarcéré dans la foulée à la prison parisienne de la Santé, a depuis formé une demande de mise en liberté.

Son ancien bras droit, Christian Herrault, alors directeur général adjoint de la multinationale, a été condamné à cinq ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Selon les magistrats, il « présidait aux négociations avec l’État islamique afin de signer avec l’organisation terroriste un accord rentable pour l’usine ».

Bruno Pescheux, directeur de la branche syrienne de Lafarge de 2008 au 20 juillet 2014, a été condamné à la même peine. Il a toutefois échappé à l’incarcération en raison de son état de santé.

Le tribunal avait par ailleurs prononcé des peines allant de 18 mois d’emprisonnement pour un gestionnaire de sûreté norvégien de Lafarge, à sept ans de prison pour un intermédiaire syrien en fuite, chargé de gérer les relations et les paiements avec les groupes jihadistes.

Reconnaissables comme parties civiles dans ce dossier, les ONG Sherpa et ECCHR avaient qualifié le jugement de première instance de « victoire majeure pour la lutte contre l'impunité des multinationales impliquées dans des violations graves des droits humains ».

Avec AFP

Newsletter

Ne manquez plus l’actualité du bâtiment !

Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP

Je m’abonne gratuitement →
Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

Sur le même sujet

bloqueur de pub détecté sur votre navigateur

Les articles et les contenus de Batiweb sont rédigés par des journalistes et rédacteurs spécialisés. La publicité est une source de revenus essentielle pour nous permettre de vous proposer du contenu de qualité et accessible gratuitement. Merci pour votre compréhension.