D’une crise de logement à une crise humanitaire : le cas de Marseille Législation et règlements | 22.11.19

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Selon un rapport officiel publié jeudi 21 novembre par le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, organisme rattaché à Matignon et présidé par Marie-Arlette Carlotti, élue d’opposition (PS) à la mairie de Marseille, ce qui était à l’origine une crise du logement s’est vite transformée en crise humanitaire dans la deuxième ville de France. Un an après le drame de la rue d’Aubagne, qui a causé la mort de huit personnes, la situation à Marseille s’est empirée.

Le 5 novembre 2018, un mois après l’effondrement des bâtiments de la rue d'Aubagne qui a fait huit morts, le Ministre du Logement, Julien Denormandie, avait affirmé qu’une aide de 240 millions d’euros serait versée pour la reconstruction de la ville. Pourtant, un an après le drame, seulement 17 millions ont été déboursés.

 

Un rapport alarmant

Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées a publié un rapport alarmant sur la situation actuelle à Marseille. En effet, selon les rapporteurs, « d'une crise du logement, la situation aujourd'hui à Marseille s'apparente à une véritable crise humanitaire. ». Ils y dénoncent les « défaillances systémiques des dispositifs et des acteurs publics ».

Sur les 92 communes de la métropole d’Aix-Marseille, seulement neuf d’entre elles atteignent le quota de 25% de logements sociaux obligatoires prévu par la loi SRU. A elle seule, Marseille représente 21,5% de HLM avec 77 477 demandes dans la métropole Aix-Marseille-Provence.

Par ailleurs, selon le rapport officiel de la Fondation Abbé Pierre, 100 000 Marseillais vivent dans des taudis.

Des chiffres inquiétants, qui démontrent la situation urgente de la deuxième ville de France. Ces données déplorées, apportent avec elles des constats désastreux quant aux logements sociaux dans la métropole. En effet, selon le rapport, l’accès au logement privé est « de plus en plus sélectif », dû notamment au développement de logements touristiques.

Par conséquent, « de nombreux ménages sont contraints d’habiter dans les logements insalubres et dégradés du centre ancien de Marseille » ont constaté les rapporteurs en proposant la mise en place de logements « très sociaux » sans les installer dans les quartiers populaires, dans le Nord de la ville.

Malheureusement, la ville phocéenne possède très peu de logements très sociaux, bien que 74% des demandeurs de logements sociaux disposent de revenus inferieurs pour accéder à ces logements PLAI (Prêt Locatif Aidé d'Intégration).

 

Le pouvoir étatique remis en cause

Loin d’être exempté, l’Etat a été pointé du doigt dans le rapport officiel. Le Haut comité y a mentionné l’inaction du préfet de Marseille quant à une sanction de la ville pour sa production insuffisante de logements sociaux, ou encore le non-respect des règles d’attribution aux familles prioritaires. « La question se pose de savoir pourquoi le préfet ne s'est jamais substitué à la municipalité ouvertement défaillante » a-t-il soulevé.

Afin de répondre à cette crise humanitaire, 20 propositions ont été émises dans le but de « sortir de la crise à court et long terme ». Parmi elles, la construction massive de logements sociaux, ou encore la « sortie de l’incurie des pouvoirs publics » quant à la résorption de l’habitat indigne ont été mentionnées.

D.T

Photo de Une: ©Adobe Stock 

Redacteur

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