Remplacement complet ou modernisation ciblée de l'ascenseur ? Ce que propose Koné

Le 5 octobre, le fabricant d'ascenseurs Koné présente aux installateurs son nouveau procédé de modernisation visant à remplacer une partie des composants.
Une offre qui complète le remplacement complet des systèmes, dont la marque finlandaise tend à alléger le poids carbone via son modèle MonoSpace 4 DX.
Des innovations que nous a présentées au salon de l'immobilier bas carbone (SIBCA) début septembre, Cédric de la Chapelle, directeur des solutions de modernisation et de construction neuve pour Koné en France, en Belgique et au Luxembourg.
Pourquoi assister au SIBCA était important pour Koné ?
Koné est une entreprise familiale finlandaise avec un ADN très orienté protection de l'environnement. En 2018, on s'est engagé à réduire nos émissions de carbone de 50 % sur nos scopes 1 et 2 et 40 % sur le scope 3.
On est en 2025 à -30 % [sur les scopes 1 et 2 par rapport à 2018] et -22,6% sur le scope 3. On a fait plus de la moitié du chemin et c'est une des raisons principales pour lesquelles on est ici et avec un lancement d'un nouveau produit qui s'appelle le Koné MonoSpace 4 DX.
Comment cette innovation réduit son poids carbone ?
Le poids des câbles de traction est le sujet, notamment dans les immeubles de très grande hauteur, qui représentent 5 immeubles sur 10 que nous fournissons. Le dernier en date, c'est la Jeddah Tower en Arabie Saoudite qui va faire plus d'un kilomètre de haut.
Le poids des câbles est important : plus il nous faut un énorme moteur, plus cela devient compliqué d'avoir un ascenseur qui va soulever la cabine, qui devient petit comparé aux câbles.
Toute la technologie MonoSpace 4 DX vient de là : le poids est réduit en moyenne de 900 kg au total, dont 300 kg sur les câbles, entre 200 et 300 sur le moteur et 300kg sur le reste des organes de l’ascenseur. Les coulisseaux réduisent le frottement sur les guides...
Sans compter le gain de temps et d'énergie sur la manutention...
Bien sûr, cela réduit un le besoin de main d'œuvre pour manipuler les appareils, même il ne faut pas faire cela tout seul.
Ce produit-là était au départ réservé aux ascenseurs neufs. Il y a un vrai feedback d'installation et de nos clients. Nos installateurs sont ravis d'avoir quelque chose de beaucoup plus léger et facile à manipuler. 1000 unités ont été vendues aujourd'hui.
Koné lance dès ce 5 octobre un nouveau procédé de modernisation du parc d'ascenseurs. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Ce concept vise à rendre la rénovation d'un ascenseur plus simple. Tellement simple que cela peut se faire en une semaine.
Selon un baromètre Ipsos, 94 % des Français considèrent que rénover ou moderniser leur ascenseur est un enjeu extrêmement important aujourd'hui. Donc on sent une volonté d'y aller, mais l'un des freins est la durée de remplacement d'un ascenseur. La réduire à une semaine, cela change tout pour beaucoup de clients. Surtout dans les copropriétés avec des personnes âgées pour qui c'est compliqué de s'en passer pendant quatre, cinq voire six semaines !
Car un remplacement complet d'ascenseur se situe entre 4 et 6 semaines, tandis qu'une modernisation dure entre 2 et 4 semaines.
Avec ce nouveau mode de modernisation, Koné propose de se concentrer sur les organes les plus importants, notamment l'armoire de manœuvre (c'est-à-dire l'ordinateur de bord), où l'on va rajouter des fonctionnalités pour digitaliser un ascenseur vieux de 30 ans à 40 ans. Il va y avoir de la maintenance prédictive, pour réduire les pannes, bénéficier d'un remote service qui permet de faire sortir à distance les gens qui sont coincés dans une cabine.
À quels univers bâtiment s'adresse ce procédé de modernisation partielle ?
La solution s'adresse aux copropriétés, comme au tertiaire. Il n'y a pas tellement de limites sur le segment. Il y a plutôt une limite pour le faire en une semaine. C'est sûr qu'à la Défense, remplacer l'armoire de manœuvre et toute la signalisation en cabine et au palier ne se fait pas en une semaine. Sur six à sept étages, on sait le faire.
Et après, s'il faut rajouter d'autres packages, s'il faut remplacer par exemple la porte-cabine, on pourra le faire. Dans tous les cas, on se concentre d'abord sur le cerveau de l'ascenseur avant d'aller sur les autres organes.
C'est un lancement européen, en sachant que les installateurs en Italie l'appliquent déjà depuis quelques années. Cela nous a conforté dans notre choix de lancer cette offre-là et de proposer autre chose qu'un remplacement complet. Il faut savoir que la France elle est très orientée vers le remplacement complet.
Donc cela nous paraît intéressant d'avoir deux offres dans les deux cas très respectueux de l'environnement : le MonoSpace 4 DX doté des câbles très légers et dans l'autre cas le procédé de modernisation partielle, qui remplace les organes importants.
Comment les installateurs ont été préparés à ce mode de modernisation partielle ?
Nous avons d'abord travaill" sur les produits et la manutention pour nous assurer qu'une seule personne est capable de porter les organes et l'installer en une semaine. Nous avons travaillé la logistique, l'organisation. Toute l'entreprise est concernée.
200 monteurs internes sont formés sur l'offre. Sans compter des partenaires, nos sous-traitants, pour que nos installateurs aussi puissent de temps en temps faire appel à eux et monter des ascenseurs aussi en respectant l'engagement d'une semaine.
Avec l'extinction de la 2G et de la 3G, comment Koné accompagne-t-il le passage à la 4G ?
Nous sommes prêts pour cette évolution. Même si elle nous a été imposée par les opérateurs de télécommunications, elle nous convient très bien. À l'échelle de Koné, à peu près 50 000 ascenseurs sont concernés.
D'abord, tous nos clients ont reçu une offre et sont au courant de la problématique. Sur la moitié d'entre eux, on a aujourd'hui un devis signé. Nous sommes en train de moderniser et remplacer ces téléalarmes.
Propos recueillis par Virginie Kroun.
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