Podcast
ConnexionS'abonner
Fermer

Innover à l'échelle de Scale One, nouvelle plateforme de Bouygues Construction

Publié le 07 octobre 2026 à 9h00, par Virginie Kroun

En présence de la gouvernance du groupe et d'élus, Bouygues Construction inaugure Scale One, à Chilly-Mazarin (Essonne). Cette plateforme grandeur nature vise à tester robotique, IA, bas carbone et innovations du BTP, avec des partenaires internes comme externes.
Plateforme de R&D Scale One, lancée par Bouygues Construction en ce début octobre. ©Virginie Kroun - Batiweb
Plateforme de R&D Scale One, lancée par Bouygues Construction en ce début octobre. ©Virginie Kroun

Innover à l'échelle de Bouygues Construction et ses partenaires... ou plutôt de Scale One, la nouvelle plateforme de R&D et de formation, à Chilly-Mazarin (Essonne), inaugurée ce mardi 6 octobre. Parmi les personnes présentes : Rafika Rezgui, maire de Chilly-Mazarin, Alexandra Dublanche, vice-présidente de la Région Île-de-France en charge de la Relance, de l'Attractivité, du Développement économique et de l'Innovation ainsi que Pierre-Éric Saint-André, directeur général de Bouygues Construction.

Ce dernier annonce la couleur :  « Nous inaugurons Scale One avec une ambition claire, accélérer la transformation du secteur de la construction. » Surtout à « une époque où le changement climatique, l'intelligence artificielle, la robotique humanoïde et la géopolitique transforment notre industrie en profondeur et à grande vitesse », poursuit-il, avant d'énoncer deux priorités derrière cette infrastructure.

Inauguration du Scale One, à Chilly Mazarin, le 6 octobre 2026.
Inauguration du Scale One, à Chilly Mazarin, le 6 octobre 2026 ©Virginie Kroun

Un banc d'essai pour la transformation écologique et technologique du BTP

 

D'abord l'enjeu environnemental. « Les solutions bas carbone, l'économie circulaire, la préfabrication, la sobriété énergétique doivent trouver ici les conditions de leur expérimentation et de leur déploiement à grande échelle », explique M. Saint-André.

Ensuite, l'enjeu technologique et son impact sur la pénibilité sur chantier, car « c'est la robotique et l'intelligence artificielle qui seront au cœur de nos travaux pour innover, améliorer la sécurité des femmes et des hommes qui travaillent sur nos chantiers, augmenter nos connaissances, mieux transmettre nos savoir-faire et surtout, attirer de nouveaux talents dans notre industrie », expose le DG de Bouygues Construction. 

À ses côtés, Damien Bahon, responsable du site Scale One, acquiesce et dévleoppe : « Cet environnement qui simule un environnement de chantier, il faut qu'il soit ouvert sur l'ensemble de la filière. Que n'importe quel industriel, n'importe quel académique, n'importe quelle start-up qui imagine quelque chose, puisse mettre en place son innovation à l'échelle 1, son pilote, pour préparer son déploiement. » 

Sur 2 500 m2 d'anciens terrains, vidés, nichés entre le centre de formation Gustave Eiffel et la base technique matérielle de Bouygues Construction, « toute technologie pour le chantier, qu'elle soit matérielle, matériaux, process, services, peut être testée dans sa mise en œuvre », indique M. Bahon. Le projet remonte à 2023 et a été livré mi-juin 2026.

Scale One abrite une diversité d'équipements reflétant les tendances innovations du secteur, notamment la robotique. Par exemple pour prévenir les collisions comme l'humanoïde Agibot X2 Ultra, pour le ponçage ou le meulage comme proposé par Roby 2 ou dans la box 0 pénibilité de Distrimo, pour projeter de l'isolant comme la solution développée par Layered, pour la surveillance de chantier via une caméra 360° et la livraison d'outils, assurée par le chien robot Unitree Go 2, pour accélérer le traçage dans la salles de bain ou la réhabilitation de logements, notamment sur les formes courbes et complexes, avec l'outil HP Site Print.

 

Ce dernier usage justifie l'intérêt de l'impression 3D, par exemple pour le coffrage béton, comme démontré par XtreeE sur le laboratoire de Scale One (appelé « Fablab »). Sur cette zone, les imprimantes pululent et outils pour produire des prototypes de pièces mécaniques et électroniques. « La différence ici, c'est qu'on a l'accès direct avec le chantier pour qu'on peut faire des va-et-viens pour vivre les conditions en réel »,  explique David Boisdevesys, Fablab & Designer Manager sur le Scale One. 

 

Quid du bas carbone ? Le hub d'innovation met en avant à travers une maquette appliquant ACT, la technologie béton bas carbone d'Ecocem. Bouygues Bâtiment France et Siniat By Etex éprouvent leur cloison séparative à ossature bois WeWood, mêlant plaques de plâtre, montants bois, semelles bois ou métallique et isolants minéraux ou en fibre de bois.

Tendance dans la catégorie Gros-oeuvre des Awards de l'Innovation, le photovoltaïque s'illustre aussi à Scale One via les modules photovoltaïques intégrés au bâtiment (BIPV) de la marque Sunage. Akhanthas affiche et expériemente sa technologie de capteur utilisé pour surveiller les bennes de chantier, estimer l'état des matières déposée mais aussi détecter les erreurs de tri et orienter les professionnels dans les bons gestes.

Tant de technologies expérimentées et validée, via des données objectives (chrono-analyse, déchets générés) et subjectives, basées sur les retours de compagnons. 

Des chantiers adaptés aux gros, comme aux petits chantiers 

 

Artisans, architectes, ingénieurs, universitaires, apprentis, industriels... Tous les acteurs du BTP sont les bienvenus à Scale One.

Mais les technologies expérimentées ont-elle leur place plutôt sur les gros ou petits chantiers ?  « Il y a des technologies qui ont été testées pour des centrales nucléaires, pour de l'éolien offshore. Mais on est aussi sur l'industrialisation d'isolation de façade, métier qui se rapproche de l'artisanat », répond Maxime Hugonnet, directeur des partenariats R&D chez Bouygues Construction. « Scale One est capable de faire le grand écart entre un petit projet de quelques milliers d'euros à des chantiers de plusieurs centaines de millions d'euros. »​​​​​​ 

Le projet représente un investissement initial de 10 millions d'euros sur 5 ans, avec 1,5 millions d'euros répartis à parts égales entre l'État (via le plan France 2030) et la Région Île-de-France. 2 millions sont dédiés à l'innovation et 8 millions à l'aménagement. Les partenaires externes au groupe Bouygues doivent payer des frais d'utilisation, varient selon la nature des tests.​​​   

« Le fait de venir utiliser une paroi et vous faites 10 percements, ou vous voulez venir installer une façade et voir comment elle va vieillir sur 6 mois, ce ne sera pas le même coût​​​​​​ ​​​​»​​​​​​, compare M. Hugonnet. D'autant que les tests peuvent durer sur plusieurs années. Selon les partenaires, certains peuvent garder une propriété intellectuelle sur leur innovation, tandis que des co-développements ou co-entreprises peuvent s'établir.

Comment se jouent les synergies des marques du groupe Bouygues (Bouygues Construction, Colas, Equans, Bouygues Télécom, Bouygues Immobilier et TF1) sur la plateforme ? « On est tout le temps en train d'essayer de faire fonctionner les métiers et de les faire travailler ensemble ​​​​»​​​, déclare Edward Bouygues, directeur général délégué. 

« Cela nous arrive aussi avec Bouygues Télécom de fournir la connectivité pour nos chantiers. Les chantiers sont de plus en plus connectés. Et on a besoin parfois d'apporter une technologie de connectivité plus puissante, plus rapide, pour avoir toutes les remontées de données qui peuvent être utilisées. ​​​Le chantier n'est pas encore très très très connecté si on le compare à une usine ou à un environnement permanent. Mais il est en train de se connecter de plus en plus»​​, abonde celui qui est également président de Bouygues Télécom. 

Il y a aussi le but de « pouvoir mieux organiser le travail, avoir moins de pertes, moins de déchets, moins de gâchis puisque finalement. Le reproche qu'on peut faire parfois à nos métiers, même si c'est je pense le plus beau métier qui soit la construction, c'est que comme on construit à chaque fois quelque chose d'unique, on découvre un peu certaines choses et donc on est obligé de casser, de recommencer ou en tout cas on n'a pas un objet qui est parfait du premier coup. C'est plutôt ça qui va être aidé par la connectivité »​, conclut M. Bouygues.

Newsletter

Ne manquez plus l’actualité du bâtiment !

Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP

Je m’abonne gratuitement →
Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

Sur le même sujet

bloqueur de pub détecté sur votre navigateur

Les articles et les contenus de Batiweb sont rédigés par des journalistes et rédacteurs spécialisés. La publicité est une source de revenus essentielle pour nous permettre de vous proposer du contenu de qualité et accessible gratuitement. Merci pour votre compréhension.