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L'OPPBTP et le ministre du Travail à la recherche de solutions de prévention

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Publié le 29 avril 2026 à 14h55, mis à jour le 29 avril 2026 à 17h42, par Raphaël Barrou

Pour la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, l'OPPBTP a révélé ses priorités des quatre prochaines années en termes de prévention. En visite sur deux chantiers en Seine-Saint-Denis, le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou a quant à lui annoncé que le plan Santé au travail 2026-2030 serait dévoilé dans les prochaines semaines.
©Jade Melquiond - Batiweb
©Jade Melquiond

« L'improvisation sur un chantier, ça entraine des risques. » Sur un chantier de construction de nouveaux logements à Drancy (Seine Saint-Denis), Vinci Immobilier et l'entreprise Drouet recevaient, à l'occasion de la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, la visite de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités. 

Quelques jours après la mort d'un adolescent de 15 ans sur un chantier du Gard alors qu'il était au volant d'un chariot élévateur lors d'un stage d'observation, la sécurité dans le bâtiment pose toujours question. Dans cette affaire, une enquête administrative a été demandée par le rectorat de l'académie de Montpellier. En réaction à ce drame, le ministre a affirmé vouloir attendre les conclusions de l'enquête. Cependant, il se demande : « Qu'est-ce que faisait un adolescent au volant de cet engin pour un stage d'observation ? »

Le Plan Santé au Travail 2026-2030 dévoilé dans les prochaines semaines

 

Ancien patron de la SNCF jusqu'à sa nomination au sein du gouvernement Lecornu II à l'automne dernier, M. Farandou s'est ensuite rendu sur le chantier de la ligne 15 de métro à Bobigny (Seine Saint-Denis). « On travaille à un grand plan quadriennal de renforcement de la sécurité au travail : le Plan Santé au Travail 2026-2030 », y a-t-il annoncé, ajoutant que celui-ci serait présenté dans les prochaines semaines.

Jean-Pierre Farandou (au centre avec un gilet jaune) en visite sur le chantier de la ligne 15 à Bobigny - ©Raphaël Barrou

Le ministre a développé en expliquant vouloir désormais inclure les risques en termes de santé mentale et d'intégration des jeunes aux processus de prévention. Un « challenge de la prévention et des risques » doit aussi prochainement voir le jour pour récompenser les entreprises qui jouent le jeu. 

Mais le ministre considère en tout cas que le BTP a su « s'emparer du sujet » de la prévention grâce à une structure comme l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP). Monsieur Farandou pense d'ailleurs utiliser le « modèle » du BTP pour le déployer à d'autres secteurs. 

L'OPPBTP se lance vers son « Horizon 2030 » 

 

Plus tôt dans l'après-midi, l'OPPBTP avait profité de cette date du 28 avril pour lancer son plan stratégique « Horizon 2030 ». « Le niveau d'accidents graves et mortels est encore beaucoup trop élevé », concède Paul Duphil, secrétaire général de l'organisation, qui estime que le « réflexe prévention » a encore besoin d'être promu davantage pour être adopté par toutes les entreprises. 

Avec sa nouvelle mascote, baptisée Réflexo, la communication de l'OPPBTP visera selon lui en priorité les TPE et la formation des jeunes. « Les TPE ont des besoins spécifiques en matière d'accompagnement de prévention », renchérit Yann Danion, le président de l'organisme. « Car dans ces petites entreprises, il n'y a pas forcément une personne dédiée à la prévention. »

Paul Duphil lors de la présentation du plan stratégique « Horizon 2030 » de l'OPPBTP. - ©Jade Melquiond

En plus de ces points prioritaires, l'OPPBTP veut davantage toucher les maîtres d'œuvre et baisser le nombre d'accidents graves et mortels qui, de son propre aveu, « baisse peu et semble bloqué par un plancher de verre ».

Avec l'avénement des auto-entrepreneurs, des intérimaires et des sous-traitants, l'OPPBTP estime en tout cas que la multiplication des acteurs sur un même chantier peut augmenter les risques. 

Une évolution de la législation sur la sous-traitance réclamée par la CAPEB

 

Concernant la sous-traitance justement, plusieurs chantiers en lien avec les JO de Paris 2024 sont actuellement devant les tribunaux pour du travail dissimulé caché sous une véritable pyramide de sous-traitance parfois sur cinq ou six intermédiaires.

Interrogé à ce sujet, Paul Duphil nous confie : « On pourrait avoir de la sous-traitance en chaînes respectueuse si tous les maillons étaient solides. Ce que l'on voit malheureusement, c'est que bien souvent d'un maillon au suivant, le niveau des exigences change, la pression sur les prix, sur les délais augmente. Cela se traduit en bout de chaîne par des situations qui sont bien souvent inacceptables. Et il y a un certain nombre d'accidents où très clairement la sous-traitance a été un facteur clé. Le souci a été jusqu'à présent de trouver les instruments législatifs parce que l'on a besoin d'un changement de la loi permettant de limiter ce nombre de niveaux de sous-traitance. »

Présent à ce moment-là dans la salle, Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, en a profité pour clarifier la position de son syndicat. « On a validé le fait d'aller à deux rangs de sous-traitance, mais pas plus. Nous avons tenu ces propos-là dans le cadre d'une directive européenne il y a maintenant un mois et demi. On a tenu cette position-là aussi dans le cadre de la loi fraude, qui est passée il y a 6 mois sur les marchés de MaPrimeRénov', d'aller plus loin que cela. »

Une exigence à deux rangs de sous-traitance au maximum qui se retrouve « de fait » dans les travaux en cours de la Société des grands projets (SGP), pour améliorer sa performance au niveau de la prévention, dont ceux de la ligne 15 à Bobigny, conclut Paul Duphil.

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Raphaël Barrou
Journaliste - Batiweb

Raphaël Barrou est journaliste à la rédaction de Batiweb. Passionné par le monde du bâtiment et de l’immobilier, il s’intéresse en particulier aux actualités de travaux de rénovation et à l’avenir du secteur de la construction concernant l’utilisation de l’IA et de la robotique.

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