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Risque d’asphyxie sur chantier : les recommandations de l’OPPBTP

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Publié le 29 avril 2026 à 11h25, mis à jour le 29 avril 2026 à 17h28, par Nils Buchsbaum

Invisible et sans odeur, le risque d’asphyxie sur chantier peut survenir en quelques minutes. L’OPPBTP rappelle les mesures de prévention essentielles.
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Dans une publication récente, l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) met en garde contre un risque insidieux sur les chantiers : l’asphyxie. En l’absence de signaux perceptibles — ni odeur, ni fumée — l’atmosphère peut se dégrader très rapidement. Une baisse du taux d’oxygène, la présence de gaz toxiques ou encore de monoxyde de carbone peuvent suffire à rendre l’air dangereux en quelques minutes, avec des effets immédiats pour les travailleurs exposés.

L’intensité du risque dépend en grande partie de l’environnement de travail. Les espaces confinés figurent parmi les situations les plus à risque : cuves, réservoirs, galeries, égouts ou locaux insuffisamment ventilés favorisent l’accumulation de gaz. Toutefois, certains espaces ouverts ne sont pas exempts de danger, notamment lorsqu’ils sont contraints ou encaissés, comme les tranchées, les fouilles ou les sous-sols, en particulier à proximité de sources d’émissions polluantes. Dans ces configurations, les gaz peuvent se concentrer rapidement sans manifestation visible.

Un risque invisible et rapide

 

Les premiers effets sur la santé restent souvent discrets et peu spécifiques : maux de têtes, sensations de vertige, nausées ou fatigue inhabituelle. Autant de signes susceptibles d’être banalisés, mais qui doivent être perçus comme un signal d’alerte immédiat pour les équipes présentes sur site.

Le monoxyde de carbone (CO) constitue l’un des principaux facteurs de risque d’asphyxie sur les chantiers, rappelle l’OPPBTP. Produit lors de combustions incomplètes, le CO peut être émis par plusieurs sources courantes sur les chantiers : appareils de chauffage utilisés pour tempérer ou sécher les matériaux, procédés mettant en œuvre une flamme (soudage, étanchéité, zinguerie) ou encore moteurs thermiques d’engins fonctionnant aux carburants fossiles.

Les situations d’exposition sont fréquentes, en particulier lors de l’utilisation de petits équipements thermiques mobiles, aisément déplacés dans des zones peu ou mal ventilées. Groupes électrogènes, pompes, scies à sol, découpeuses, outils de lissage du béton ou encore pilonneuses et plaques vibrantes figurent parmi les sources régulièrement en cause, souligne l’OPPBTP.

Dans ce contexte, l’évaluation du risque doit tenir compte à la fois de la configuration des lieux — espace ouvert, clos ou confiné — et de la nature des équipements employés, afin d’adapter les mesures de prévention.

Pour limiter les risques d’exposition, l’OPPBTP formule plusieurs recommandations. En amont, il s’agit d’identifier les situations susceptibles de générer du monoxyde de carbone, notamment l’usage d’équipements thermiques ou de procédés de combustion. Cette analyse doit prendre en compte l’environnement de travail, en particulier les espaces clos, mal ventilés ou confinés, et être formalisée dans les documents opérationnels (mode opératoire, plan de prévention, PPSPS). Lorsque cela est possible, le recours à des équipements électriques ou sur batterie est privilégié.

Réagir immédiatement en cas de doute

 

Sur le plan technique, l’organisme souligne l’importance d’assurer un renouvellement d’air suffisant, par ventilation naturelle ou mécanique. Si nécessaire, des dispositifs de captage et d’extraction des polluants doivent être installés.

La surveillance de l’atmosphère repose sur des détecteurs de gaz, fixes ou portatifs, couplés à des alarmes visuelles et sonores, et accompagnés d’une formation adaptée des équipes.

Les équipements de protection individuelle constituent un dernier niveau de prévention, avec notamment des appareils respiratoires isolants, dont l’usage doit être strictement encadré et maîtrisé.

Enfin, la sensibilisation des travailleurs reste essentielle : information sur les risques, reconnaissance des premiers symptômes et connaissance des bons réflexes. En cas de doute, l’évacuation immédiate de la zone et l’alerte des secours (18, 15 ou 112) s’imposent sans délai.

 

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Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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