40% des Français réclament plus d’investissements dans les infrastructures Vie des sociétés | 03.06.19

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Actuellement en discussion à l’Assemblée, le projet de loi d’orientation des mobilités répond à une triple exigence : remettre en état le système de transports, lutter contre l’assignation à résidence des Français et accélérer la transition vers une mobilité plus durable. Des actions qui semblent aujourd’hui indispensables tant les Français se montrent « insatisfaits » des infrastructures. Une étude Ipsos révèle en effet qu’ils sont 40% à réclamer plus d’investissements dans le routier et le ferroviaire.

En septembre dernier, Élisabeth Borne, ministre des Transports révélait le budget alloué aux infrastructures, un montant en hausse de 40% par rapport au quinquennat précédent. 13,4 milliards d’euros seront investis sur la période 2018-2022, une enveloppe qui pourrait grimper jusqu’à 14,3 milliards d’euros, précisait-elle.
 

 

Une programmation « pleinement intégrée dans le projet de loi d’orientation des mobilités » (dite LOM) dont l’objectif est de « mettre notre politique d’investissements au service d’une nouvelle politique de mobilités, une politique luttant contre l’assignation à résidence de nos concitoyens dans tous les territoires, portant une ambition inédite pour la mobilité propre, et accompagnant les révolutions du digital et des nouvelles mobilités », ajoutait-elle.
 

 

Infrastructures : les Français insatisfaits
 

 

Malgré un budget en hausse et une volonté affichée du Gouvernement de soutenir grandes et petites infrastructures, la programmation n’avait pas convaincu le Sénat qui, au lendemain des annonces de la ministre, avait déploré un montant bien en-dessous des niveaux nécessaires à l’entretien des réseaux. Hervé Maurey, président de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable et membre du Conseil d’orientation des Infrastructures (COI) avait estimé qu’il manquait encore 1,5 milliards d’euros pour atteindre les objectifs fixés par l’exécutif. « Les territoires sont les premières victimes des intentions du gouvernement en matière de financement des mobilités », soulignait-il.

 

Qu'en pensent les Français
 

 

Une récente étude Ipsos Global Infrastructure Index révèle que seuls 38% des Français s’estiment satisfaits vis-à-vis des infrastructures tandis que le taux de mécontentement est passé de 17 à 22% en deux ans. Ils sont 50% à estimer que le pays « n’en fait pas assez pour répondre aux besoins liés aux infrastructures ».
 

 

S’ils se disent satisfaits de leurs aéroports (66%), de leurs réseaux d’approvisionnement en eau et assainissement (66%) et des grands axes routiers (63%, en baisse toutefois de 11 points depuis deux ans), 48% se plaint de « l’état dégradé des voies ferrées et des gares » (+ 14 points en deux ans). Quant aux protections contre les inondations, 53% les jugent « médiocres ».
 

 

Concernant les infrastructures dédiées à l’énergie, 51% juge qu’elles sont de « bonne qualité », un chiffre en baisse quand il concerne le nucléaire (49%). Un Français sur deux estime aussi que les infrastructures de communication (fibre, réseaux connectées, 4 ou 5G…) sont satisfaisantes.
 

 

Le réseau routier local, l’infrastructure prioritaire
 

 

L’étude révèle que les Français regrettent un manque de participation dans le processus de décision concernant l’infrastructure dans laquelle investir. Ils sont ainsi 56% à vouloir être « plus impliquée dans les décisions d’investissement ». Quelles seraient leurs priorités ? Le réseau routier local à 44%, suivi par le réseau ferroviaire (à 40%).
 

Comment financer les travaux ? « Alors qu’ils pourraient être une source de financement, l’étude souligne une certaine frilosité à l’égard des investisseurs étrangers ». Seulement 30% des Français (contre une moyenne mondiale de 49%) se déclarent « très favorables » à des investissements étrangers dans l'infrastructure nouvelle en France, « si cela signifie que les travaux seront achevés plus rapidement ».
 

Enfin, 60% des Français estiment « qu’il faut bien écouter les points de vue des communautés locales » concernant les projets d’infrastructures futurs, « même si cela peut engendrer des retards ».  

R.C
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur

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