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Conjoncture du bâtiment : mauvaise en 2013 et pas mieux en 2014

Publié le 03 décembre 2013

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« La situation économique du bâtiment a été mauvaise en 2013 et le restera en 2014 ». Didier Ridoret, président de la FFB, ne pouvait pas être plus clair en introduction de sa conférence de presse de fin d’année. Si l’année 2013 se solde par une baisse de l’activité de -2,6%, nous dit-il, le marché se rétractera encore de -0,4%, en 2014. Pas de quoi se réjouir ou entrevoir le bout du tunnel.
Conjoncture du bâtiment : mauvaise en 2013 et pas mieux en 2014  - Batiweb
Pourtant quand on rentre dans le détail des chiffres, le constat est plus nuancé. Sur la plan global, cette moindre baisse prévue pour 2014 est peut être le signe que l’activité du bâtiment a atteint son point bas et qu’elle se stabilise avant de remonter en 2015. Mais arrêt de la récession ne signifie pas croissance positive, ni reprise. Sur le plan de l’emploi, là encore les chiffres peuvent se lire à deux niveaux. Le secteur du bâtiment aura perdu 25 000 emplois à la fin de l’année, ce qui est moins mauvais que les 40 000 à 50 000 destruction d’emplois que les organisations professionnelles craignaient.

En 2014, le secteur devrait perdre 7 000 emplois en moyenne annuelle. Au total, depuis 2008, le recul d’activité avoisine les 17%. Cela a pour conséquence une dégradation de la santé financière des entreprises et notamment de leur taux de marge qui a perdu presque 5 % sur la même période. Selon la Fédération Française du Bâtiment, plusieurs éléments pourraient permettre une vraie reprise.

Tout d’abord, la FFB se félicite de l’ouverture de la TVA à 5,5% aux travaux d’économie d’énergie à venir en 2014 et du Plan d’investissement en faveur du logement (PIL) engagé en 2013. Ensuite une reprise significative et rapide de la construction neuve reste conditionné à un renversement de tendance sur le segment de la primo-accession, aujourd’hui sinistré. La FFB demande donc un recalibrage du PTZ+, en augmentant les quotités et les durées du différé pour les ménages des cinq premières tranches de revenus.

Le compte individuel de prévention de la pénibilité inquiète

« La FFB revendique également de prendre en compte dans le barème les surcoûts liés à la construction dense, objectif prioritaire du gouvernement. De fait, le choix pour l’individuel en diffus, souvent éloigné des lieux de travail, de loisir, etc. procède tout à la fois d’une préférence, mais surtout d’une contrainte en termes de solvabilité. Une réorientation vers des programmes plus denses et donc plus chers, toutes choses égales par ailleurs, ne pourra devenir réalité qu’au prix d’un effort supplémentaire » nous dit aussi Didier Ridoret.

Dans les facteurs de risque qui pèsent sur une éventuelle reprise, il pointe également la pénibilité, la concurrence des auto-entrepreneurs, celle des entreprises low cost et des travailleurs détachés. En ce qui concerne la pénibilité et sans entrer dans les détails, disons simplement que la FFB est inquiète de la lourdeur administrative et du coût induit par le compte individuel de prévention de la pénibilité prévu dans la loi « Retraites ».
 

Le détachement de salariés tire les coûts vers le bas

Pour les auto-entrepreneurs, l’opposition à ce statut des deux organisations professionnelles du bâtiment est connue de longue date.
La FFB est prête à reconnaître l’aspect positif du statut s’il est le premier pas de création d’une véritable entreprise mais conteste toujours et autant la concurrence déloyale que font peser sur les entreprises les auto-entrepreneurs notamment ceux, nombreux pour qui cela constitue un revenu de complément. Le président de la FFB se félicite de la qualité d’écoute et de la volonté d’aboutir du député PS de la Côte-d'Or, Laurent Grandguillaume. Toutefois, il n’est pas sûr que cela suffise à trouver un statut acceptable par tous.

Enfin Didier Ridoret a longuement exposé les risques que font courir aux entreprises du bâtiment française les entreprises établies dans l’Union européenne qui proposent des travaux ou de la main d’œuvre à des tarifs très bas, bafouant la réglementation sociale et fiscale applicable sur le territoire national. Même si l’auto-liquidation de la TVA va supprimer un des facteurs de concurrence déloyale, le détachement de salariés tire les coûts vers le bas et rend presque obligatoire, sur certains marchés et dans certains métiers, le recours à de la main-d’œuvre européenne. Cela pose un très gros problème structurel pour l’avenir de la filière et le maintien des savoir-faire des ouvriers et techniciens du bâtiment.

Régis Bourdot


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