Des charges toujours plus pesantes dans le budget logement des Franciliens Vie des sociétés | 20.12.18

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S’appuyant sur les enquêtes Logement de l’Insee, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France a récemment publié sa propre étude relative aux charges dont doivent s’acquitter les locataires du parc social francilien. Le document révèle que les dépenses liées, entre autres, à l’eau ou à l’énergie ont largement augmenté au cours des 25 dernières années, au point d'atteindre aujourd'hui le montant moyen de 261 €/mois. Décryptage.
Elles couvrent aussi bien les dépenses liées au bâtiment (ascenseur, parking, gardien, entretien des parties communes) qu’à la consommation personnelle des ménages (électricité, eau, chauffage, etc.), et tous les locataires doivent les payer : les charges sont aujourd’hui au cœur d’un nouveau rapport, partagé le 19 décembre par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Île-de-France.

L’organisme a en effet scrupuleusement analysé les enquêtes Logement de l’Insee pour en savoir plus sur « Le poids conséquent des charges pour les locataires du parc social francilien », dont est titré le document publié ce mois-ci. Conscient que les prix des logements ont été multipliés par 3,1 et les loyers par 2,3 au cours des 25 dernières années, l’IAU Île-de-France va plus loin et ajoute à ces statistiques les montants correspondant aux différentes charges, de plus en plus pesantes dans le budget logement des Franciliens.

En effet, selon la dernière enquête national Logement publiée en 2013, les locataires dépensent en moyenne 261 €/mois pour s’acquitter de leurs charges. Le loyer principal, quant à lui, atteint les 345 €/mois dans le parc social, aide au logement déduite, soit une dépense globale mensuelle de 606 €. Les ménages consacrent ainsi 24,2% de leurs revenus (2 491 €/mois en moyenne) à leur logement, qui reste leur premier poste de dépense.

« Dans le détail, les 361 € de charges globales mensuelles se ventilent en 147  € de charges locatives, représentant 56% du total. Avec 72 €/mois pour les dépenses d’énergie et d’eau et 42 €/mois pour la taxe d’habitation, les autres dépenses sont moins élevées et représentent respectivement 28% et 16% du total des charges. Enfin, signalons que sur l’ensemble des charges, 109 € par mois sont consacrés au chauffage, soit 42% du total », indique le document.

Des coûts variables selon les différentes configurations

Bien entendu, l’IAU Île-de-France rappelle que le montant des charges est à rapprocher de plusieurs autres facteurs. Arrive en tête le nombre de prestations proposées, particulièrement élevé (entre 4 et 7) pour 85% des ménages résidant dans le parc social. Elles concernent principalement l’eau froide (citée dans 96,5% des cas), la taxe des ordures ménagères (92,3%), l’entretien des parties communes (92,3%), ou encore la présence d’un gardien (77,2%).

Le budget consacré aux charges dépend également de la taille du logement. Pour preuve, il faut compter en moyenne 165 €/mois pour un studio contre 329 €/mois pour un 4 pièces ou plus. Néanmoins, le rapport stipule que « rapportées à la surface, les charges sont plus élevées dans les studios : 5,29€/mois/m2 contre 3,94 €/mois/m2 pour un grand logement ».

« Cet écart s’explique par la sur-occupation plus fréquente des petits logements, qui entraîne de facto une hausse des dépenses d’énergie et d’eau, mais aussi par la répercussion de dépenses comme les abonnements de gaz ou d’électricité ou encore les contrats d’entretien des chaudières, liées au logement et non à sa surface », explique l’IAU Île-de-France.

Enfin, l’époque de construction du bâtiment influe, elle aussi, sur le montant des charges, et surtout sur les coûts liés au chauffage. En la matière, le parc d’avant 1949 fait office de bon élève, avec des charges totales s’élevant à 224 €/mois en moyenne. La situation s’est déjà dégradée au cours des trente glorieuses (262 €/mois), et a encore empiré de 1975 à 1989 (274 €/mois !). Les logements sociaux construits durant cette période affichent, sans surprise, une facture de chauffage élevée : 113 €/mois en moyenne. La situation s’est fort heureusement améliorée à compter de 1990, même s’il faut toujours débourser 260 €/mois en moyenne pour s’acquitter de ses charges.

Bien que n’explicitant pas la nécessité de rénover le parc social existant, l’étude aborde malgré tout un autre sujet particulièrement dans l’air du temps : la vente de logements sociaux à leurs occupants, comme le prévoit la loi Elan afin de favoriser l’accession à la propriété. Si cette mesure peut sembler positive, l’IAU Île-de-France émet cependant une réserve de taille. En effet, les charges mensuelles payées par les locataires et les propriétaires sont loin d’être égales, atteignant respectivement 261 et 467 €/mois. « Ce changement de statut ne sera pas sans conséquence sur les finances des futurs acquéreurs, notamment en raison des impôts locaux, plus importants pour les propriétaires », met en garde l’organisme.

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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