Immobilier : après une année 2018 "exceptionnelle", une conjoncture plus pessimiste Vie des sociétés | 04.01.19

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L’année 2018 s’est terminée en beauté pour le marché immobilier français, selon Cafpi. Dans son bilan 2018, le courtier en crédits immobiliers évoque une année « exceptionnelle », mais apparaît plus pessimiste dans sa conjoncture 2019. En cause : la suppression des APL Accession et la baisse de la quotité du PTZ à 20% en zones B2 et C dans le neuf. La profession en profite pour lancer un appel au Gouvernement.
La nouvelle est plutôt réjouissante : le marché immobilier s’est très bien porté en 2018. Dans sa conjoncture 2019, Cafpi émet en revanche des doutes sur l’évolution du marché pour l’année à venir, avec des mesures gouvernementales qui risquent de freiner l’accession à la propriété.

Les professionnels se félicitent d’une année 2018 qui s’est finie avec un mois de décembre tout à fait satisfaisant. « Les taux, qui restent bas, nous ont permis d’avoir une hausse des nouvelles demandes de 13% en ce mois de décembre par rapport à décembre 2017 », a indiqué Laurent Desmas, Président du Directoire de Cafpi. La profession reconnaît que les banques accordent toujours autant de crédits, même en ce début de mois de janvier. Les emprunteurs profitent encore de taux très bas, « qui sont même à la baisse en ce mois de janvier, de -0,10% en moyenne sur 15, 20 et 25 ans par rapport au mois de décembre », détaille Cafpi.

Ces taux bas permettent notamment aux ménages « mal ou trop endettés » de profiter de l’occasion pour alléger la charge de leurs prêts, selon Philippe Taboret, Directeur Général adjoint de Cafpi. « En regroupant ses crédits, et en négociant un nouveau taux de crédit, il est possible de retrouver un équilibre financier, une bulle d’air, pour gérer au mieux son endettement, et envisager l’avenir et de futurs projets plus sereinement », explique-t-il.

« Si l’année 2018 a été merveilleuse pour l’immobilier existant, avec des volumes de ventes en hausse par rapport à 2017, et un nombre de transactions record, l’immobilier neuf a montré lui des signes de ralentissement avec une production d’appartements ou de maisons individuelles en baisse », s’inquiète le courtier en crédits immobiliers.

L’entrée en vigueur de mesures gouvernementales défavorables risque également de perturber le marché immobilier pour l’année 2019, que la profession juge incertaine et a hypothétiquement qualifié de « maussade »

Les potentiels freins pour l’année 2019

La suppression des APL Accession et la baisse de la quotité du PTZ à 20% en zones B2 et C dans le neuf, qui risque de détourner les primo-accédants de l’immobilier neuf, apparaissent en effet comme deux potentiels freins importants. La profession en a profité pour demander au Gouvernement d’annuler ces mesures qui devraient s’appliquer en 2019. « Face à cette situation des mesures s’imposent pour éviter tout délitement du marché immobilier, précise-t-il. Il n’est pas trop tard pour le Gouvernement de revenir sur certaines décisions inadaptées au vu de la situation », a appelé Philippe Taboret.

Cafpi estime que le fléchissement du marché pourrait être évité avec l’intervention du Gouvernement, notamment grâce au rétablissement du PTZ neuf en zones détendues. Le courtier en crédits immobiliers propose même de rétablir le PTZ ancien : « Le Gouvernement pourrait aller plus loin, et rétablir le PTZ ancien, sous conditions de travaux, dans les zones tendues. Cela permettrait aux primo-accédants d’intégrer les centres-villes tout en participant à l’effort de réhabilitation des logements vétustes et énergivores », estime Philippe Taboret.

« L’immobilier répond aux besoins de logements des Français, crée de l’emploi, relance l’économie et participe à relever le défi écologique. Dans ce sens, le gouvernement devrait écouter les vœux de la profession pour l’année 2019 », conclut-il.

Taux de crédit et prix au m2 : de fortes disparités selon les régions

Dans son bilan régional des taux de crédit, Cafpi montre que la région Bourgogne-Franche-Comté reste la plus intéressante pour les emprunteurs, avec des taux de crédit qui s’élèvent à 1,35% sur 25 ans (contre 1,55% pour l’Île-de-France par exemple), suivi du Grand-Est et de l’Occitanie. En revanche, la Bretagne, les Pays de la Loire et la Corse proposent les taux de crédit les plus élevés.

Les disparités restent également fortes à l’échelle des grandes agglomérations, notamment au niveau des prix au m2, allant de 2470€/m2 à Marseille et jusqu’à 9362€/m2 à Paris. Entre 2017 et 2018, les prix ont fortement augmenté à Bordeaux et à Lyon, mais légèrement baissé à Marseille ou à Reims.

C.L.
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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