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Les formations en prévention ont baissé de 19 % chez les artisans du bâtiment

Le 6 juillet, les résultats de la 8e édition de l’Observatoire national des formations à la prévention suivies dans les entreprises artisanales du BTP ont été dévoilés. Menée par la Capeb, la CNATP, l’IRIS-ST et l’OPPBTP, cette étude enregistre en 2019 une baisse significative de la formation en général, notamment du côté de la prévention.
Publié le 07 juillet 2021

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Les formations en prévention ont baissé de 19 % chez les artisans du bâtiment - Batiweb

Afin de réaliser la 8ème édition de l’observatoire, l’IRIS-ST a de nouveau analysé les formations à la prévention gérées par les entreprises artisanales du BTP de moins 20 salariés ou indépendants, en partenariat avec la CAPEB, la CNATP et l’OPPBTP. L’institut mobilise notamment les données livrées par les fichiers du FAFCEA pour les chefs d’entreprise et les conjoints non-salariés, et ceux de CONSTRUCTYS pour les salariés. 

La formation prévention en déclin

Bien qu’en hausse en 2018, la formation recule de -14 % en 2019 parmi les artisans du BTP, tous domaines confondus. Le domaine de la prévention reste le plus impacté (-19 %), suivi par la gestion (-16 %) et la technique (-3 %). La prévention reste toute même le principal thème de formation (52 %) à cette période. Les stages obligatoires sur la sécurité restent les plus suivis, qu’il s’agisse de la conduite d’engins (25 %), de l’électricité (24 %), du travail en hauteur (20 %), du secourisme (15 %) ou bien de l’amiante (10 %).

L’observatoire retient également un écart entre la principale cause des accidents survenus et les thématiques de sécurité suivies par les professionnels, notamment dans la manutention manuelle. Alors que cette dernière est la première cause d’accidents pour les professionnels, le taux de formation suivi sur le sujet reste faible (1 %).

Malgré cette tendance baissière, les formations liées aux contraintes physiques et à l’utilisation des produits dangereux progressent respectivement de 7 % et de 19 %. « Ces augmentations positives soulignent l’importance de ces enjeux pour les entreprises artisanales du BTP en termes d’accidentologie et de maladies professionnelles », commentent les organismes professionnels.

Des résultats disparates selon les profils 

Parmi les corps de métiers interrogés, les métiers des travaux publics, les électriciens, les couvreurs-plombiers-chauffagistes et les charpentiers menuisiers agenceurs paraissent les mieux avertis sur les questions de prévention. 

Les résultats varient toutefois selon la population observée. Ainsi, 95 % des stagiaires des formations à la prévention sont des salariés alors qu’ils ne représentent que 60 % des actifs. Raison de ce constat : les stages obligatoires concernent principalement les salariés, bien que les artisans travaillant seuls soit de plus en plus impliqués. 

Même si le secteur se féminise de plus en plus, l’observatoire montre que seulement 13 % des salariés et 4 % des chefs d’entreprises sont des femmes. Ces dernières sont ainsi 3 % à assister à une formation de prévention, contre 97 % d’hommes. Les résultats s’expliqueraient notamment par une affectation de la population féminine aux activités administratives, donc moins exposées à des risques sécuritaires.

L’âge est une autre variable prise en compte dans l’observatoire. En 2019, la tranche 20 à 40 ans fait le plus acte de présence aux formations de prévention (64 %). A l’opposé, les « 51 ans et plus » représentent 14% de stagiaires bien qu'ils rassemblent 26 % des actifs du BTP). Le bagage de l’expérience imputé à cette catégorie nuance toutefois l’écart. 

Le suivi de formation enregistre un dynamisme inégal sur l’ensemble du territoire. Ainsi, les régions Grand-Est, Hauts-de-France et Occitanie montrent une forte assiduité, contrairement à l’Ile-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. A noter que le taux de sensibilisation est influencé par l’activité des entreprises et les politiques incitatives.  

Des solutions digitales pour sensibiliser davantage

Dans le but de pallier ces inégalités de présence, les organismes professionnels ont envisagé diverses solutions. Rapidement, l’idée de compléter les formations présentielles par des formations distancielles est venue. Une option saluée par Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB : « Ce format permet d’allier la théorie et la pratique sur le terrain avec des mises en situation sur chantier, des simulations d’accidents, des chasses aux risques, des entrainements aux gestes techniques... A noter cependant que le développement et la mise en place de ces formations représentent encore un coût élevé ! »

Cela n’a pas empêché l’OPPBTP de déployer ses propres outils digitaux. « Plus de 90% des artisans du BTP sont connectés, grâce à un smart phone, un ordinateur ou une tablette. Dans ce contexte l’OPPBTP met à disposition des artisans de nouveaux formats de formation adapté à leurs enjeux et à leurs impératifs, tels que des vidéos courtes et opérationnelles utilisables en autonomie, des formations en E-learning, des webinaires… et bénéficier d’une assistance technique à distance grâce à "Prevention BTP en Direct"» déclare Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP. De son côté, l’IRIS-ST sensibilise les chefs d’entreprises aux formations obligatoires sur son site Internet, où une plateforme d’autodiagnostic, des fiches synthétiques pour chaque formation et métiers adaptés sont disponibles.

Un accompagnement large qui prolonge les réunions en visioconférence déjà lancées durant la crise sanitaire. D’après Françoise Despret, présidente de la CNATP, celles-ci présentent « certains avantages notamment le gain de temps en déplacement. Si le présentiel demeure essentiel pour l’aspect pratique et pour les relations humaines, pour construire nos progressions, nous devons réfléchir à la construction de formations hybrides en combinant le présentiel et distanciel ».

 

Virginie Kroun

Photo de une : Adobe Stock

Par Redacteur

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