Pour le grand public, la qualité de l’air est encore une notion « un peu abstraite » Vie des sociétés | 14.09.18

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Les chiffres sont alarmants : on estime à 20 000 le nombre de décès directement liés à la qualité de l’air intérieur. Ainsi, alors que les spécialistes s’accordent à dire que l’air intérieur d’un logement peut être 8 à 9 fois plus pollué que l’air extérieur, la question de la qualité de l’air intérieur se présente comme un enjeu de santé publique. Quelles pistes d’amélioration doivent être envisagées ? Dans une étude, le Synasav formule ses propositions.

Les initiatives en faveur de la qualité de l’air intérieur se multiplient mais sont encore insuffisantes. Preuve en est, le grand public ne semble pas toujours bien informé sur cette thématique. 

S’ils sont 84% à penser que la qualité de l’air de leur logement « est bonne », une étude BVA, réalisée pour le Synasav révèle que seuls 43% des Français s’estiment bien informés sur le sujet.

87% déclarent aérer leur logement au moins 10 minutes par jour et 71% annoncent disposer d’un système de ventilation. De quels équipements s'agit-il ? La réponse n’est pas toujours évidente puisque 45% des sondés avouent ne pas savoir de quel système ils sont équipés.

Le Synasav rappelle que tout équipement doit être contrôlé: « Il faut garder en tête que l’air extérieur peut être également source de pollution et qu’un système de ventilation, tout aussi performant qu’il soit, peut-être efficace sur du long terme que si bien entretenu ».

Les Français en sont-ils conscients ? Pas tellement au vu des chiffres : seulement 34% des interrogés signalent avoir déjà fait contrôler leur système de ventilation. Quant à l’entretien ? « 57% des sondés déclarent entretenir leur système de ventilation… dont la moitié eux-mêmes… C’est cette dernière donnée qui nous alarme car, comme pour toute installation technique spécifique, il faut une expertise et un savoir-faire que seul un professionnel qualifié détient ».

Sensibiliser le grand public est urgent

Le Synasav rappelle que 95% des ventilations ne sont pas entretenues aujourd’hui en France. Les chiffres sont pourtant inquiétants puisqu’on estime à 20 000 le nombre de décès par an directement lié à la QAI (étude Anses, CSTB et OQAI). Plus de 28 000 nouveaux cas de pathologies sont dénombrés chaque année tandis que le nombre d’asthmatiques s’est multiplié par 4 en 30 ans.

« L’entretien et la maintenance réguliers des appareils de ventilation sont indispensables afin d’éviter de potentiels risques sanitaires (…). Si les Français confiaient à un professionnel qualifié l’entretien annuel de leurs systèmes de ventilation, ils s’assureraient bien entendu de leur bon fonctionnement, allongeant du même coup la durée de vie de ces derniers, mais participeraient également à une nette amélioration de la qualité de l’air qu’ils respirent quotidiennement », indique Patrick Carré, président du Synasav.

De son côté, Régis Olagne, directeur de BVA Earth en charge du développement durable, souligne : « Cette étude a nettement démontré la nécessité d’accroître la sensibilisation des Français quant à la qualité de l’air intérieur de leur logement. Il est clair, en effet, qu’ils sous-estiment les enjeux sanitaires associés à celle-ci ».

Convaincre les ménages oui, mais ce n’est pas suffisant !

Si un travail de sensibilisation doit être mené auprès des ménages, le Synasav insiste sur l’importance « d’informer, de sensibiliser et d’impliquer tous les publics et acteurs afin que leur prise de conscience et leurs actions communes soient véritablement efficaces ».

Le Syndicat propose ainsi de mener des actions auprès des syndics, institutions et bien entendu des pouvoirs publics pour « renforcer la cohésion et cohérence globale avec comme objectifs finaux : une prise de conscience du lien entre QAI et système de ventilation ».

Il préconise aussi l’établissement d’une obligation légale d’entretien par un professionnel formé et qualifié pour la « maintenance des systèmes de ventilation » à l’image du « QUALISAV maintenance chauffage ».

Est ensuite proposé de communiquer davantage auprès du grand public pour réduire le décalage entre « sa perception plutôt très positive » de la qualité de l’air des logements et « la réalité relativement inquiétante ». Le syndicat espère rendre visible le sujet de la QAI et son lien avec la VMC et provoquer un électrochoc pour changer les habitudes.

« Le chemin est long et nous avons conscience que faire passer des messages aux allures anxiogènes, est compliqué. Mais comme dit l’adage : « mieux vaut prévenir que guérir ». Aussi 2018 sera une année forte en actions et communication… Et nous comptons bien poursuivre nos efforts jusqu’à ce que la prise de conscience soit réelle et que les comportements changent », conclut Patrick Carré.

R.C
Photo de une : ©Fotolia

Redacteur

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