Rénovation énergétique : l'UFC-Que choisir fustige les « manœuvres nocives de certains professionnels » Vie des sociétés | 07.02.18

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Encore une étude de l'UFC-Que choisir qui risque de faire grand bruit ! L'association de défense des consommateurs s'est en effet intéressée aux litiges liés aux démarchages pour les travaux de rénovation avant de publier un rapport sur le sujet ce mercredi 7. Une fois encore, les professionnels concernés en prennent pour leur grade, l'organisme allant jusqu'à qualifier de « méfaits » certaines pratiques commerciales. Les détails.
Ce n'est pas la première fois que les professionnels de la rénovation énergétique sont dans le collimateur de l'UFC-Que choisir. En décembre 2016 déjà, l'organisme n'avait pas hésité à dénoncer « les piètres performances des artisans », s'attirant les foudres de Patrick Liébus, président de la Capeb.

Pourtant, l'association persiste et signe ! Une nouvelle étude portant sur les démarchages pour les travaux de rénovation a été publiée ce 7 février afin de lever « le voile sur [l]es méfaits » de certains professionnels.

Des méthodes douteuses et un manque d'information

Ayant analysé 392 litiges postérieurs à 2015, l'UFC déplore que les « manœuvres nocives de certains professionnels, qui ciblent notamment les consommateurs les plus vulnérables, perdurent ».

309 litiges relatifs à des démarchages à domicile sont recensés par l'organisation, dont 29% concernent des pratiques commerciales trompeuses, 22% des obstacles au droit de rétractation légal, et 26% une livraison incomplète des travaux. La difficulté de faire reconnaître l'insuffisance des performances, quant à elle, est citée dans 16% des cas.

Les consommateurs seraient également mal renseignés quant aux aides dont ils peuvent bénéficier dans le cadre de la réalisation de travaux de rénovation énergétique. D'après l'UFC, les chantiers observés ont été « quasi exclusivement financés » par un prêt à la consommation standard dont le taux varie entre 3,9 et 5,8% dans le cadre d'un démarchage.

A l'inverse, l'Eco-PTZ, « solution financièrement avantageuse pour les consommateurs » qui aurait pu permettre de financer au moins un tiers des opérations, n'est que peu diffusée par les établissements bancaires, à raison de 22 000 en 2016, contre 79 000 en 2010.

Pire encore, l'UFC constate que certains consommateurs ont accepté d'installer des équipements photovoltaïques pour une moyenne de 30 000 euros lors d'un démarchage, soit près de deux fois plus qu'un devis classique. Un investissement très important, donc, qui n'a même pas pu être rentabilisé du fait de l'ensoleillement insuffisant dans la zone d'implantation des installations.

Une réglementation plus stricte à mettre en place

Dans ce contexte, l'UFC demande la création d'« un cadre juridique qui responsabilise aussi bien les professionnels que les établissements bancaires, pour rétablir la confiance des consommateurs dans les travaux de rénovation énergétique ».

L'association rappelle en outre que la loi Hamon, en 2014, avait « failli mettre un terme à l'essor des aigrefins du secteur », mais les progrès instaurés n'ont malheureusement pas suffi à éradiquer les abus. Cette initiative était pourtant « censée renforcer les protections des consommateurs sollicités par les démarcheurs ».

Enfin, l'UFC réclame la validation des prestations en amont et en aval des travaux par un expert indépendant, dont le feu vert sera nécessaire pour accéder aux financements des banques.

F.C (avec AFP)
Photo de Une : ©Fotolia
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