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À Moret-sur-Loing, une architecture bioclimatique signée AW²

Publié le 25 septembre 2026 à 11h00, par Sipane Hoh

Expérimenter les cabanes de l’Orvanne, c’est vivre une expérience à part entière. À Moret-sur-Loing, l’architecture subtile de AW² est en résonance avec la nature.
©Valentin Lauféron - Batiweb
©Valentin Lauféron

L’agence d’architecture de renommée mondiale AW², (Reda Amalou et Stéphanie Ledoux), réinterprète les Coucoo Cabanes sur le domaine vivant des Cabanes de l’Orvanne. Le projet réunit une expérience du lieu distinctive et un cadre bioclimatique strict, en privilégiant sobriété énergétique, matériaux locaux et régénération écologique.

Un projet dans un écrin forestier

 

Les Coucoo Cabanes prennent place en lisière forestière. Il s’agit d’une architecture qui n’impose pas, mais dialogue avec le vivant, transformant le séjour en moment d’observation et de perception.

Situé à Moret-sur-Loing sur 95 hectares, le domaine réunit étangs, massifs boisés et un manoir emblématique. La rivière Orvanne trace le tempo des pas et des regards, invitant à une immersion qui privilégie la délicatesse et la connaissance écologique.

L’objectif principal est de réconcilier intervention humaine et biodiversité vivace. L’ensemble, pensé selon une approche bioclimatique et une sobriété énergétique privilégie les matériaux locaux.

De ce fait, l’architecture s’inscrit comme une pratique régénérative, où le vivant est le cadre et le destin du projet, où la fabrication locale et la maîtrise d’ouvrage savante réduisent l’empreinte tout en élevant l’expérience sensorielle.

Pourtant la tâche n’a pas été facile. Des prospections « 4 saisons » menées par des écologues et des bureaux d’études ont guidé l’implantation des cabanes et la sélection des tracés. Les cabanes s’insèrent sous la cîme des arbres pour préserver sols humides et faune, tout a été étudié pour limiter l’impact visuel.

Quant aux cabanes, elles privilégient l’absence de vis-à-vis et une porosité intérieur-extérieur, renforcée par une terrasse généreuse et une baie traversante qui créent une douce continuité avec le paysage.


 

©Valentin Lauféron

Équilibre entre écologie, économie et réplicabilité

 

L’exercice architectural revisite le principe de la cabane à travers de petites capsules en structure bois et des pans de murs légèrement inclinés, semblant émerger d’un amas de branchages et se fondre dans la canopée. L’intérieur s’inspire de l’histoire locale et des paysages de Moret.

On y trouve des palettes colorées modulables évoquant le marais, la forêt et la prairie. La lumière naturelle danse sur l’eau, offrant une expérience inattendue d’allure impressionniste. Le luxe réside dans l’intégration et la simplicité comme le recours à la ventilation passive mais aussi la connexion immédiate avec le vivant.

Au-delà des cabanes, l’espace commun du manoir réinterprète l’esprit d’une grande maison de famille. Il s’agit d’une bâtisse existante qui accueille une réception, un coin dédié aux produits locaux, un espace bien-être ainsi qu’une zone, dédiée aux séminaires, donnant sur l’étang.

Cette configuration vise une convivialité sobre mais aussi une synergie avec le terroir et les producteurs locaux, tout en préservant une intimité et une vue continue sur le site.

La démarche architecturale est résolument durable comme par exemple la présence du bois sourcé dans le Doubs et la préfabrication en atelier sous forme de modules, le tout dans le but de réduire le temps de montage et les trajets. Le chantier a essayé le plus possible de limiter les perturbations sur les habitats sensibles tout en réduisant l’emprise au sol.

L’objectif constitue un impact global moindre sur la biodiversité, sans sacrifier la qualité architecturale ni l’expérience du lieu. Rappelons que la localisation côté nord a été privilégiée pour limiter l’empreinte écologique, en particulier sur les parties marécageuses et la queue de l’étang, qui s’avèrent être des zones de forte valeur biologique.

Par ailleurs, la topographie offre des expériences multiples tout en préservant l’écosystème comme la présence de l’étang, la lumière du coteau, l’amphithéâtre naturel au sein d’un cirque boisé ainsi que la prairie qui offre diverses vues.

©Valentin Lauféron

Le projet affirme une architecture qui allie performances écologiques et valeur humaine, tout en offrant une expérience touristique durable et reproductible sur d’autres sites sensibles.

L’Orvanne devient le cœur d’un écosystème préservé et valorisé, où le vivant et le bâti coexistent ensemble et apprennent à se connaître. Cette méthodologie, structurée et documentée, se propose comme modèle adaptable à d’autres contextes.

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Sipane Hoh
Journaliste - Batiweb

Architecte de formation, Sipane Hoh rédige pour Batiweb des contenus sur l’architecture, la conception urbaine et les projets d’aménagement. Elle met en avant le travail des architectes, les réalisations innovantes et les démarches durables qui transforment le paysage bâti.

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