« On construit la ville sur la ville » : des logements au-dessus de bureaux
Publié le 19 février 2026 à 10h25, mis à jour le 19 février 2026 à 11h24, par Raphaël Barrou

Bureaux d’une agence bancaire, décoration à base de plantes « des vraies », nous précise-t-on. À priori, le bâtiment Molière à Angers ne ressemble pas vraiment à une ancienne usine.
Et pourtant, jusqu’en 1972, ces lieux étaient utilisés pour la confection du Cointreau, liqueur locale à base d’orange. L’usine Cointreau déménage ensuite à Saint-Barthélémy d’Anjou (Maine-et-Loire) et le Crédit Mutuel Anjou rachète le site de l’usine Molière. Des aménagements intérieurs sont alors effectués pour y installer des bureaux.
Retour en 2026 où l’odeur de liqueur a laissé la place à celle du bois neuf. Pendant plus de quatre ans, l’agence d’architecture Säbh a transformé le bâtiment pour faire de lui un espace combinant bureaux, logements, rooftop, café et parking.
Des bureaux neufs pour le CMA
En pénétrant dans le bâtiment par l’agora, un espace qui donne sur des open spaces et espaces collectifs, on pourrait croire que l’inauguration n’est pas encore passée. « Si, si, c’est bien occupé », s’amuse Bruno Huet, créateur de Säbh.

Depuis le 22 septembre du côté des bureaux, pour être précis. L’ancienne usine était tellement vaste (plus de 6 800 m2 en réhabilitation) que le Crédit Mutuel Anjou a pu accueillir plusieurs filiales du groupe.

« On est une banque, alors pour des raisons de sécurité, c’est positif de partager nos locaux avec ces filiales », explique Laurence Carde, directrice générale de l’antenne locale du Crédit Mutuel. Selon elle, « le Molière » accueille 170 personnes en moyenne dans ses bureaux en « flex office ».
« L'élévation, pour faire de l'habitat, s'est imposée »
Mais pour assurer le financement – de 20 millions d’euros – du chantier, le Crédit Mutuel Anjou a trouvé une astuce. « On n’avait pas besoin de tout l’espace. Et l’élévation, pour faire de l’habitat, s’est imposée », se remémore Laurence Carde. Trois étages de logements en surélévation sont ainsi venus se greffer au bâtiment.
De l’extérieur, il faut pourtant se reculer d’assez loin pour remarquer ce changement, en raison de la grande place laissée aux terrasses. En plus des 3 200 m2 de surface habitable, les architectes ont laissé plus de 1 500 m2 de terrasse. Habités à partir de novembre 2025, l’intégralité des 35 logements (entre 55 et 150 m2), vendus sur plan à 6 500€/m2, a trouvé preneur.
Un prix pourtant élevé par rapport aux tarifs pratiqués à Angers, mais que les constructeurs justifient par la proximité directe avec le « Cœur de Maine » qui doit progressivement être intégré au centre étendu de l’activité de la ville.

Les trois étages sont surmontés d’une toiture végétalisée et de panneaux photovoltaïques. « Ça incarne vraiment le projet de construire la ville sur la ville », se félicite Bruno Huet.
Sur une autre partie du bâtiment qui ne servait pas au CMA, les architectes ont trouvé le moyen d’inclure un parking sur deux étages de 40 places, réservé aux habitants. Avec « objectif de réversibilité future », explique Marion Negroni, associée de Bruno Huet et directrice de Säbh. Et aucune création de sous-sol. « On a donc gardé les planchers existants. »
Bruno Huet abonde : « C’est un des éléments importants qui nous a fait gagner le concours pour ce chantier. »« Il n’y a pas photo », ajoute-t-il. « C’était beaucoup plus cher et moins écolo de faire de nouveaux planchers. »
Des espaces privatisables pour des événements
Restent encore des espaces privatisables. La terrasse du rooftop offre une vue sur la cathédrale Saint-Maurice d’Angers et la Maine. Bouquet final de cette transition : l’auditorium doté de 200 places sur des gradins rétractables. Il s’agit de l’ancienne salle des alambics de l'usine Cointreau.
Et la décoration le rappelle clairement, que ce soit l’horloge d’époque « que l’on a juste eu besoin de nettoyer », raconte Laurence Carde, ou le plafond qui lui donne un style rétro.
« Séminaires, événements en tous genres », Marion Négroni s’amuse à énumérer les possibles usages de ces deux équipements du bâtiment Molière, avec des accès différenciés de ceux de l'agence bancaire. Les clients du Crédit Mutuel passent en effet par l'entrée du côté du quai Gambetta. Reste encore à ouvrir au rez-de-chaussée le « café Molière » en mars 2026 pour achever totalement le renouveau de ce lieu emblématique des bords de Maine angevins.
Par Raphaël Barrou














