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Moyen-Orient : les industries et distributeurs du bâtiment sous pression

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Publié le 06 mai 2026 à 10h35, mis à jour le 06 mai 2026 à 15h58, par Nils Buchsbaum

La guerre au Moyen-Orient entraîne une hausse des prix de l’énergie, du transport et des matières premières qui pèse sur toute la filière bâtiment, des industriels aux distributeurs.
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La guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur les marchés des matières premières continuent de déstabiliser le bâtiment. Le secteur doit de nouveau faire face à une flambée des coûts de l’énergie, du transport et des matières premières, qui fragilise l’ensemble de la chaîne, de l’industriel au distributeur.

INOHA, l’association des Industriels du Nouvel Habitat, alerte sur une nouvelle hausse brutale des coûts de production qui impacte l’activité de ses adhérents. L’organisation, qui fédère des industriels fournissant des produits et des solutions pour la construction résidentielle, la rénovation et l’amélioration s'inquiète : « Énergie, transport, matières premières : la simultanéité et l’intensité de ces hausses créent un choc immédiat pour des entreprises majoritairement constituées de PME, dont la capacité d’absorption est désormais fortement limitée », peut-on lire dans son communiqué du 5 mai 2026.

Hausse simultanée de coûts stratégiques

 

Depuis début mars, INOHA observe une hausse simultanée des principaux postes de coûts, avec des effets immédiats sur l’activité des industriels. L’énergie est en première ligne, portée par la forte progression des prix du pétrole, du gaz et de l’électricité, ce qui impacte directement les coûts de production.

Dans le même temps, les perturbations logistiques, liées notamment aux tensions en mer Rouge, désorganisent les flux et allongent les délais, tout en faisant grimper les coûts de transport. Les matières premières suivent une trajectoire similaire, avec des hausses sensibles sur de nombreux intrants.

Ces augmentations, souvent répercutées dans des délais très courts par les fournisseurs et les transporteurs, accentuent la pression sur les industriels, en particulier les PME.

L’investissement à l’épreuve des tensions géopolitiques

 

Selon INOHA, les dernières analyses confirment une dégradation progressive de la situation financière des industriels du secteur, marquée par un recul de l’activité, une érosion des marges et une pression accrue sur la solvabilité. D’après les données de l’Observatoire sur la santé financière des industriels d’INOHA le chiffre d’affaires médian recule de 4,2 % en 2024, tandis que la rentabilité d’exploitation s’établit à 5,1 %, en dessous de la moyenne de l’industrie manufacturière. La solvabilité poursuit également sa baisse, passant de 7,1 en 2023 à 6,5 en 2025.

Dans ce contexte, la soutenabilité économique des entreprises devient un enjeu plus aigu, dans un tissu majoritairement composé de PME confrontées à leur capacité à absorber ces hausses de coûts.

Au-delà du court terme, ces évolutions interrogent la capacité du secteur à maintenir ses investissements, alors que les tensions liées au contexte géopolitique pourraient perdurer et continuer à peser sur les coûts. INOHA appelle ainsi les acteurs de la filière à intégrer ces contraintes dans leurs équilibres économiques afin d’éviter une fragilisation durable du tissu industriel.

La FND appelle à la « lucidité collective »

 

Dans ce contexte de tensions persistantes sur les coûts, la Fédération nationale de la décoration (FND) prend également position pour défendre son secteur d’activité. Tout en reconnaissant la réalité du choc inflationniste, lié notamment à la hausse de l’énergie, des matières premières et des coûts logistiques, l’organisation se veut vigilante sur les conditions dans lesquelles ces hausses sont appliquées et répercutées, elle « appelle à une lucidité collective sur ces évolutions et rappelle son attachement à la lisibilité des annonces tarifaires au sein de la filière ».

Si elle admet la légitimité de certains ajustements tarifaires, la FND insiste sur la nécessité de garantir davantage de « transparence » et de « cohérence » dans les évolutions notifiées aux distributeurs. Elle met en avant la multiplication des hausses émanant « à la fois des fournisseurs de négoce, des fournisseurs de frais généraux, dont celles des transporteurs en particulier et de l’évolution des tarifs des REP et l’arrivée de la REP emballages ».

Derrière cette demande de lisibilité, la fédération pointe en creux des pratiques qui tendent compliquent l’équilibre commercial entre les acteurs de la filière, dans un marché déjà fragilisé par la dégradation de l’activité et la baisse des marges. Elle souligne également le rôle central des distributeurs, qui assurent à la fois la proximité avec les chantiers et le financement d’une partie de l’activité. « La distribution professionnelle a besoin de visibilité sur le contenu et le calendrier des évolutions tarifaires », peut-on lire dans son communiqué daté du 27 avril.

La FND rappelle le respect nécessaire des règles encadrant les relations commerciales, notamment les délais de prévenance et le principe de non-rétroactivité, et appelle à un usage strictement justifié des clauses dérogatoires. 

Elle insiste enfin sur la nécessité d’un dialogue renforcé entre partenaires de la filière. « L’ampleur de la vague d’inflation est incertaine. Lorsqu’on navigue sans visibilité, la lucidité, le dialogue et le respect mutuel entre partenaires sont des conditions de stabilité » déclare Philippe Poujol, président de la FND.

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Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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