Vinci : la construction résiste, les services à l'énergie s'épanouissent

Le major du BTP Vinci a annoncé 20,36 milliards d'euros de chiffre d'affaires consolidé (hors travaux des filiales concessionnaires confié à des entreprises extérieures) au troisième trimestre 2026, progressant de 4,9 % par rapport troisième trimestre 2025.
Sur les neuf mois de 2026, il grimpe de 3,1 % à 55,957 milliards d'euros par rapport à ce même cumul en 2025. Dans le détail, la tendance est baissière en France (22,505 milliards d'euros ; -1,7 %), mais haussière à l'international, aussi bien en Europe hors France (21,840 milliards d'euros ; +6,8 %) et hors Europe (11,612 milliards d'euros ; +6,5 %).
Les prises de commandes comptabilisées au 30 septembre 2026 augmentent de 6 % et les carnets de commandes de 7 %, tandis que l'endettement financier net régresse de 1,2 milliard d’euros sur un an.
Le cash-flow libre (trésorerie après financement de son activité et ses investissements) pourrait atteindre 6 milliards d'euros, selon les prévisions. Ce qui permet à Vinci d'envisager en 2026 «une nouvelle progression de son chiffre d'affaires, de ses résultats opérationnels et de son résultat net part », lit-on dans son communiqué publié le 22 octobre.
Stabililité de la construction sur neuf mois
Focus sur la construction, dont l'activité s'établit à 9,123 milliards d'activité consolidée au troisième trimestre 2026 (+3,5 %). Rappelons que le segment se divise entre Vinci Construction (+4,2 % ; 8,933 milliards d'euros) et Vinci Immobilier (-21 % ; 190 millions d'euros)
Le pôle se stabilise à 24,6 milliards d'euros sur neuf mois cumulés (+0,4 %). « On retiendra la bonne dynamique de l’activité à l’international des réseaux de proximité et de spécialité ainsi que l’intégration réussie de la société de travaux publics néo-zélandaise Fletcher Construction », résume Vinci.
Vinci Construction affiche 23,9 milliards d’euros à fin septembre , soit +0,8 %. Une stabilité tiraillée entre la baisse de grands projets, avec l’avancement de la LGV High Speed 2 au Royaume-Uni, le recul des travaux sur fond d'élections municipales en France et une bonne santé économique dans les activités Océanie, en Europe centrale et au Royaume-Uni.
Il n'empêche que les prises de commande de Vinci Construction sont à 25,3 milliards d’euros (+3 %) et les carnets de commande à 36,9 milliards d’euros au 30 septembre dernier (+5 % sur un an ; 14 mois d’activité moyenne).
Vinci Immobilier souffre d'un marché de la promotion immobilière, son CA se soldant à 630 millions d’euros de janvier à septembre 2026 (-14 %). D'autant que les réservations de logements en France plongent de 23 %.
Un dynamisme grâce aux services à l'énergie
Côté concessions, « le chiffre d’affaires des concessions s’établit à 9,6 milliards d’euros, en hausse de +1,8 % à structure réelle (+2,4 % à structure comparable) en dépit d’une conjoncture défavorable. Cette performance reflète la bonne diversification et la résilience du portefeuille d’actifs aéroportuaires et autoroutiers face aux chocs conjoncturel », notamment l'impact des tensions géopolitiques sur le prix des carburants, lit-on dans la note de conjoncture.
Par contre, le groupe s'épanouit dans les services à l'énergie, entre électrification des usages et développement des data centers pour l'intelligence artificielle. La croissance est ainsi de 8,6 % au troisième trimestre (7,682 milliards d'euros) etv 7,4 % sur le cumul de janvier à septembre 2026 (22,3 milliards d’euros, dont 70 % à l’international). Les prises de commandes et le carnet croissent tous deux de 9 % sur ce segment.
Concentré sur la transition énergétique et la transformation numérique des infrastructures, Vinci Énergies voit son chiffre se renforcer de 8,2 % au T3 2026 (5, 721 milliards d'euros) et de 7,2 % sur neuf mois (16,4 milliards d’euros). « Cette évolution traduit la dynamique des entreprises du réseaudans des marchés robustes, tant en France (+5,2 %) qu’à l’international (+8,5 %, dont Allemagne +12 % à 2,9 milliards d’euros). L’activité hors de France a représenté 60 % du total », indique le major.
Cobra IS, filiale l'ingénierie, des travaux et des services technologiques liés à l'énergie (racheté par Vinci au groupe espagnol ACS à fin 2021) observe +9,7 % d'activité au T3 2026 (1,961 milliards d'euros) et +8 % à fin septembre (5,8 milliards d’euros).
« La croissance est tirée particulièrement par les activités de fonds de commerce (flowbusiness, 60 % du chiffre d’affaires total), toujours très bien orientées en Espagne », détaille Vinci. « Le montant des prises de commandes à fin septembre (5,8milliards d’euros) progressede +11 % grâce à de nombreuses affaires de tailles diversesremportées au 3e trimestre . Le carnet de commandes de Cobra IS au 30 septembre 2026 s’élève à 18,3 milliards d’euros (+6 % sur un an). Il représente plus de deux ans d’activité moyenne du pôle. »
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