Infrastructures : la FNTP alerte sur les arbitrages proposés par le COI

À la suite de la remise du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures, la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) appelle l’État à adopter une stratégie d’investissement de long terme et à instaurer une loi de programmation pluriannuelle des infrastructures, afin de sécuriser les financements et de donner de la visibilité au secteur.
Dans un communiqué publié le 6 mai 2026, la Fédération nationale des travaux publics a salué les travaux du Conseil d’orientation des infrastructures, estimant qu’ils « ont permis de poser un diagnostic clair sur l’état de nos réseaux et les besoins du pays en matière d’infrastructures ». La fédération indique également partager « pleinement le constat du COI sur l’urgence d’investir dans la maintenance, la régénération et la modernisation des infrastructures existantes ».
Un rapport qui rebat les priorités d’investissement
Le 6 mai, David Valence, président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), a remis à Philippe Tabarot, ministre des Transports, le rapport consacré aux projets de nouvelles infrastructures. Le COI avait été missionné à l’issue de la conférence Ambition France Transports, organisée en juillet 2025, afin d’apporter une analyse actualisée des enjeux techniques et socioéconomiques liés aux grands projets.
Instance consultative placée sous tutelle du ministère chargé des Transports, le COI a été créé dans le cadre de la Loi d’orientation des mobilités de 2020. Il accompagne le gouvernement dans la définition de la stratégie d’investissement et la planification à long terme des infrastructures de transport, notamment dans le cadre des objectifs de planification écologique et de décarbonation des mobilités.
Intitulé « Grands projets : le temps des choix », le rapport de synthèse 2026 du COI estime que l’État ne pourra plus financer simultanément l’ensemble des projets envisagés et devra désormais arbitrer entre entretien des réseaux existants, transition écologique et lancement de nouvelles infrastructures.
Le rapport met en avant la nécessité de privilégier la modernisation des réseaux existants plutôt que la multiplication des projets neufs. Le COI indique notamment que le réseau ferroviaire connaît un vieillissement important, que les infrastructures routières font face à une accumulation des besoins d’entretien et que les effets du changement climatique imposent de nouveaux investissements d’adaptation. Dans un contexte de contraintes budgétaires, le Conseil recommande de concentrer les financements publics sur la maintenance des infrastructures, leur modernisation pour faire face au changement climatique ainsi que les mobilités du quotidien.
Cette orientation marque une inflexion par rapport aux politiques d’investissement des décennies précédentes, davantage tournées vers le développement de grands projets d’infrastructures nouvelles.
Réserves de la FNTP
Dans son communiqué, la Fédération nationale des travaux publics fait part de ses inquiétudes face à l’orientation donnée au débat sur les infrastructures. Elle estime que « cette priorité ne peut devenir un prétexte au désengagement de l’État sur les grands projets d’infrastructures ». La fédération ajoute : « Opposer la régénération et le développement des infrastructures serait une erreur, car on ne peut préserver l’existant au détriment de l’avenir. »
Alain Grizaud, président de la FNTP, considère que « le rôle du COI est d’évaluer les besoins du pays en infrastructures, pas d’ajuster notre ambition à la contrainte budgétaire. La question du besoin doit précéder dans la réflexion celle du financement. La prise en compte des bénéfices socio-économiques sur le long terme est également indispensable ».
Appel à une programmation pluriannuelle
Les infrastructures constituent « un levier direct de compétitivité, de cohésion territoriale et de transition écologique », veut rappeler la FNTP. Elle estime ainsi que « les 18 grands projets d’infrastructures examinés par le COI doivent être regardés pour ce qu’ils sont : des investissements structurants pour désaturer les réseaux, décarboner les mobilités, soutenir l’activité économique et préparer la France de demain ».
Selon la FNTP, limiter l’analyse au seul coût pour les finances publiques reviendrait à sous-estimer les bénéfices socio-économiques de long terme de ces projets et ferait peser un risque de déclassement économique sur le pays.
Elle appelle l’État à « renouer avec une vision de long terme en matière d’infrastructures et assumer une stratégie d’investissement claire », tout en attendant du gouvernement qu’il traduise cette ambition dans une loi de programmation pluriannuelle des infrastructures, jugée « indispensable pour donner de la visibilité aux acteurs, sécuriser des financements pérennes et garantir la continuité des investissements dans le temps ».
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