Feuille de route énergétique : la SNBC et la PPE officiellement adoptées Développement durable | 24.04.20

Partager sur :
Malgré le contexte de crise et d’état d’urgence sanitaire, le gouvernement a publié ce jeudi 23 avril 2020 les décrets de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) au Journal Officiel. A travers la publication officielle de ces textes, le gouvernement réaffirme sa volonté de réduire la dépendance de la France au nucléaire et d’accélérer le développement des énergies renouvelables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050.

Présentée en novembre 2018, la stratégie française pour l’énergie et le climat a depuis été ajustée après de nombreuses consultations, et a notamment pris en compte les dispositions de la loi Énergie-Climat. Cette stratégie nationale comprend à la fois la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).

 

Objectif neutralité carbone d’ici 2050

 

La SNBC a pour objectif que la France atteigne la neutralité carbone d’ici 2050. Elle vise à mettre en œuvre la transition vers une économie bas carbone dans tous les secteurs, que ce soit les transports, l’industrie, l’agriculture ou le BTP.

 

D’ici 2050, elle ambitionne ainsi de réduire de 81 % les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l’industrie par rapport à 2015, de 66 % les émissions de GES dans le secteur des déchets, et de 46 % dans l’agriculture. Elle prévoit également zéro émission pour les transports (hors transport aérien domestique), pour la production d’énergie et pour le BTP.

 

Pour cela, l’État compte sur le développement des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, biomasse, géothermie, biogaz etc.), de l’hydrogène, du biosourcé, des puits de carbone, des process bas carbone, ou encore de l’économie circulaire.

 

Réduire le nucléaire et développer les énergies renouvelables

 

La PPE fixe quant à elle la stratégie énergétique de la France pour les 10 prochaines années. Le texte paru ce jeudi 23 avril au Journal Officiel prévoit notamment de réduire de 40 % la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030, de porter la part des énergies renouvelables à 33 % d’ici 2030, et de ramener la part du nucléaire à 50 % d’ici 2035 (contre plus de 70 % aujourd’hui).

 

Le gouvernement confirme ainsi l’objectif de fermer les dernières centrales à charbon d’ici fin 2022 et 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, dont les deux de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), qui doivent s’arrêter cette année. Un premier a déjà été arrêté en février 2020, et le second devrait l’être le 30 juin. 

 

Pour parvenir aux objectifs fixés, la PPE prévoit également la rénovation de 500 000 logements par an, le remplacement d’un million de chaudières au fioul d’ici 2023, le raccordement des logements à des réseaux de chaleur et de froid, ou encore le développement des énergies renouvelables et de l’autoconsommation.

 

« Nous publions aujourd’hui des textes écologiques structurants, qui impliquent la décarbonation de tous les secteurs d’activités et qui incarnent notre volonté intacte de poursuivre la transition écologique de notre pays. Les transformations engagées depuis le début du quinquennat pour réduire globalement nos émissions de gaz à effet de serre dans les transports, comme dans l’industrie, l’énergie ou encore les déchets sont aujourd’hui pleinement confirmées. C’est une bonne nouvelle pour la planète et pour les générations futures », a réagit Elisabeth Borne, ministre de la Transition Écologique et Solidaire.

 

Jean-Louis Bal, président du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), s’est également réjouit de cette nouvelle. « Nous devons tous être très attentifs aux moyens mis en œuvre pour atteindre, dans les délais, les objectifs fixés », a t-il toutefois ajouté.

 

Si ces textes ont été publiés, le ministère de la Transition Transition Écologique et Solidaire précise qu’ils pourront encore être modifiés et compléter  pour « intégrer des éléments prévus par des instances telles que la Commission européenne, qui travaille sur le rehaussement des objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre à horizon 2030, ou la Convention Citoyenne pour le Climat, qui n’a pas rendu ses conclusions finales du fait des mesures de confinement ».

 

C.L.

Photo de une : Adobe Stock

Redacteur

filter_list Sur le même sujet

Le Réseau Action Climat propose 6 mesures pour une société plus écologique - Batiweb

Le Réseau Action Climat propose 6 mesures pour une société plus écologique

L’heure est décidément à la mobilisation en France. Alors que le Grand Débat National bat son plein, nombreuses sont les organisations à interpeler le Gouvernement sur des questions environnementales. On peut notamment citer la pétition « l’affaire du siècle » initiée par la Fondation Nicolas Hulot. Jeudi 21 février, « Réseau Action Climat » a présenté ses propositions pour une « société plus écologique et plus juste ». Ce « nouveau contrat » parle transports, modes de chauffage ou encore énergies renouvelables.
Réunion sur les choix stratégiques pour la transition énergétique à l’Elysée - Batiweb

Réunion sur les choix stratégiques pour la transition énergétique à l’Elysée

Le Président Emmanuel Macron a réuni hier après-midi, mercredi 24 octobre, une trentaine de dirigeants d’entreprises, parmi lesquels les dirigeants d’EDF, Engie, Total, Orano, Vinci, Saint-Gobain ou Veolia, mais aussi des organismes de recherche comme le CNRS ou l’INRA, pour une « séance de travail » en prévision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui devrait être annoncée à la mi-novembre.
Vers un plan de soutien public pour la filière bois ? - Batiweb

Vers un plan de soutien public pour la filière bois ?

Dans un communiqué publié vendredi 5 juin, la filière bois énergie rappelait les atouts du matériau pour la future Réglementation environnementale (RE2020), et exprimait ses propositions pour que le bois joue « un rôle clé dans la décarbonation des bâtiments neufs ». Au-delà de la RE2020, la filière demandait la mise en place d'un plan de soutien au gouvernement à travers cinq mesures fortes. Le lendemain, 140 parlementaires ont réagit en faveur d'un plan de soutien public, s'inspirant de celui engagé par l'Allemagne, ayant annoncé 800 millions d'euros en faveur de la reforestation en 2019.

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de nous permettre d'améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus

Accepter