L'Alliance HQE-GBC dessine un cadre de définition pour l'adaptation et la résilience du bâti

Développement durable | 01.03.22
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L'Alliance HQE-GBC dessine un cadre de définition pour l'adaptation et la résilience du bâti - Batiweb
Quelle voie emprunter pour construire et aménager durablement ? C’est l’objet d’un groupe de travail « Résilience et Adaptation » de l'Alliance HQE-GBC, qui livrait ce mardi un cadre de définition regroupant 5 enjeux pour 15 leviers d’actions au total. De quoi nourrir les différents projets des industriels et professionnels membres de l’association.

Ce lundi 28 février, le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat (GIEC) présentait le volet 2 de son sixième rapport. Le document évoquait région par région les risques associés au réchauffement climatique, décryptés à l’échelle de la France sur FranceInfo

En France métropolitaine, on craint l’impact des vagues de chaleur notamment sur la santé, les exploitations agricoles et les approvisionnements en eau. Phénomène se couplant à la montée des eaux, ce qui met en péril les zones côtières et favorise l’apparition du retrait-gonflement des argiles (RGA). 

Côté départements d’Outre-mer, le réchauffement climatique renforce des impacts déjà subis : cyclones, blanchiment des coraux, espaces invasives. Pendant ce temps là, la Guyane endure « la mortalité des arbres et une réduction de la productivité de la forêt amazonienne ». Sans compter la prolifération des moustiques, augmentant la propagation de la dengue, du chikungunya et du virus Zika.

C’est à la lumière de tous ces éléments que l'Alliance HQE-GBC, association réunissant industriels et professionnels engagés dans la construction et l’aménagement durable, tenait ce mardi 1er mars un webinaire. Le sujet ? La définition d’un cadre d’adaptation et de résilience au changement climatique.

« Un langage commun » pour accompagner la construction et l’aménagement durables

 

« Le secteur des bâtiments est important dans cet enjeu puisqu’il représente à l’échelle mondiale 38 % des gaz à effet de serre. Si l’on considère également que l’aménagement a un impact aussi sur les contraintes de transports des habitants, alors cette part dans le réchauffement climatique pourrait être même encore plus importante », rappelle Marjolaine Meynier-Millefert, présidente de l'Alliance HQE-GBC.

Bien que la loi Climat & Résilience intègre des mesures telles que la lutte contre l’artificialisation des sols, il convient pour l’association de la renforcer par des outils, afin de la rendre opérationnelle. « Et le cadre de définition que propose l'Alliance HQE-GBC en est un et propose un langage commun, qui vise à encourager les acteurs de l’aménagement à anticiper et à agir collectivement surtout », abonde Marjolaine Meynier-Millefert.

Cadre de définition établi par le groupe de travail « Résilience et Adaptation » de l'Alliance HQE-GBC - Crédit image : Alliance HQE-GBC
Cadre de définition établi par le groupe de travail « Résilience et Adaptation » de l'Alliance HQE-GBC - Crédit image : Alliance HQE-GBC

Concrètement, le groupe de travail « Résilience et Adaptation » a défini fin 2021 cinq grands enjeux, regroupant chacun trois leviers : les usages et comportements des occupants face à des aléas climatiques, les conditions de santé et le confort des populations, la mixité des formes urbaines, les conditions géographiques du site et du terrain, la continuité de services à travers la planification des réseaux et infrastructures.

« Ce cadre a été envisagé sur les six principaux aléas, même si on peut en envisager d’autres : les vagues de chaleur, la sécheresse, les inondations, submersions marines, tempêtes et risques incendies… », énumère Alain Cauchy, directeur du Patrimoine du groupe CDC Habitat et animateur du groupe « Résilience et Adaptation » de l’Alliance HQE-GBC.

Un support déclinable par les professionnels et industriels

 

Le cadre de définition fourni par le groupe « Résilience et Adaptation » de l’Alliance HQE-GBC a ainsi nourri différents projets des membres de l’association.

Le Diagnostic de Performance Résilience, conçu par Résallience – bureau d’études de Vinci – accompagne ainsi la prise de décision dans les actions d’adaptation et de performance énergétique du patrimoine, notamment des 150 000 logements de CDC Habitat.

La plateforme SIG, disponible en open-source, offre une cartographie de la criticité (du vert au rouge) de l’ensemble du parc de CDC Habitat. Il est possible d’y naviguer à plusieurs échelles territoriales (locale, interrégionale…) et d’évaluer la part des 14 aléas climatiques sur le territoire. Cela permet d’aboutir à une note globale selon les critères de l’utilisateur, compilant les questions de sécurité, de confort, de continuité d’usage, qu’on peut réaliser avant ou après une visite de terrain.

« Et l’intérêt de ce Diagnostic de Performance Résilience, appliquée à une échelle territoriale, c’est bien de prendre en compte les relations entre un territoire et un bâtiment et les stresser sur les impacts climatiques actuels et futurs à travers des approches de descente d’échelles », ajoute Didier Soto, chef des solutions digitales de Résallience.

Démonstration de la solution de Diagnostic de Performance de Résilience par Résallience pour CDC Habitat - Crédit image : Résallience
Démonstration de la solution de Diagnostic de Performance de Résilience par Résallience pour CDC Habitat - Crédit image : Résallience

Faire le lien entre l'impact sur le bâtiment et celui sur le territoire est une posture défendue par d’autres membres de l’Alliance HQE-GBC. Étienne Saint-Aubin, de l'Ordre des Géomètres Experts (OGE) évoque même une interdépendance.

Il pense notamment à un chantier d’urbanisation de la route de Toulouse à Auterive (31), qui allie désimperméabilisation des sols, installation de voies de circulations douces, et gestion des eaux pluviales. « Les bâtiments vivent, voire de plus en plus ils se recyclent, ils disparaissent et reviennent. L’aménagement, il y est, il y reste, c’est impossible à déplacer », constate-t-il.

Avis partagée avec Pascale Poirot de l’Union Nationale des Aménageurs. « Il faut aussi s’attacher à l’historique d’un territoire et penser à son histoire », appuie-t-elle. Une posture qui l’a aidée dans l’opération Le Pré Bourdeau à Chauconin-Neufmontiers (77), visant à concrétiser la fusion de ces deux hameaux, prévue depuis les années 1970. 

Déployée en deux parties, une dès 1997, l’autre en 2010, l’opération a permis l’implantation d’une nouvelle école, d’un centre de loisirs, mais aussi de logement sociaux et de lots libres. Le tout en prenant en compte le tissu des sols, fortement exposé aux précipitations et à l’exploitation agricole.

L’approche bioclimatique a été aussi employée pour la conception de l’éco-quartier de Zenata, entre Rabat et Casablanca. Ladite approche consiste à « essayer d’atteindre une sobriété en énergies et en ressources dans la construction du projet. Cela va passer par le fait de ne pas surinvestir dans des équipements et des matériaux qui vont venir tempérer les effets indésirables du climat, mais plutôt d’avoir une conception intelligente pour atténuer les flux de chaleurs de froid », selon Cosmin Cotora, directeur développement international chez Certivéa.

Schéma du projet d'éco-quartier de Zanat au Maroc - Crédit photo : Certivéa
Schéma du projet d'éco-quartier de Zanat au Maroc - Crédit photo : Certivéa

C’est dans ce sens que le parc du futur éco-quartier comprendra par exemple des couloirs de vents avec masse végétale, afin de ventiler naturellement les structures. Une technique fréquemment appliquée dans l'urbanisme méditéranéen.

Le nouveau cadre de définition dessiné par l'Alliance HQE-GBC incite également à prioriser et prédire les éventuels aléas climatiques, comme le veut l’outil résilience NF Habitat. Recourant aux bases de données Géorisques et du Drias, il a d'ailleurs permis de dégager des estimations sur les projets HQE.

Ainsi, 86 % des projets prennent en compte l’inconfort thermique, 47 % l’effet d’îlot de chaleur urbain, 23 % les dégâts sur les espaces extérieurs et le ruissellement en dehors de la parcelle en raison de pluie intense, et 23 % sur les mêmes risques, mais pour des sécheresses ou des tempêtes.

 

Virginie Kroun
Photo de Une : Adobe Stock
 

Virginie.kroun
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