Un collectif appelle à la grève des loyers dans les bouilloires thermiques

« Pas de volets, pas de loyers ! » Une pétition apparue sur le site change.org il y a trois jours annonce clairement son ambition : une grève des loyers en cas de manque de mesures pour la protection solaire et de ventilation. Lancée par le collectif grève des loyers, l'initiative a dépassé les 8 500 signatures au moment où nous écrivons ces lignes le 30 juin, avec une forte accélération au cours de ces dernières heures.
Après la deuxième vague de chaleur connue par l'Hexagone au cours de l'année 2026, les signataires demandent une prise de conscience de l'importance de l'isolation des logements en contexte de canicule. « Face aux renoncements des gouvernements successifs et au mépris des médias pour les millions d'entre nous qui mourront de chaud chez nous sans moyen de nous protéger, l'heure est venue de monter le ton », prévient le texte.
La pétition demande l'adoption des propositions de la Fondation pour le logement
Le collectif, composé de militants et d'associations, rappelle que la moitié des logements en France peuvent être considérés comme des bouilloires thermiques. Aussi, ce sont neuf habitations sur dix qui ne présentent pas un bon indicateur de confort d'été sur leur DPE (diagnostic de performance énergétique).
La pétition a par ailleurs reçu le soutien des associations Locataires ensemble et Droit au logement ainsi que de la Fondation pour le logement des défavorisés. Cette dernière, anciennement connue sous le nom de « Fondation Abbé-Pierre », a rédigé une proposition de loi déposée en juillet 2025 à l'Assemblée nationale par le groupe écologiste pour atteindre « zéro bouilloire thermique ». Mais le texte n'a jamais été inscrit à l'ordre du jour dans l'hémicycle, et n'a donc pas été débattu par les députés.
Le collectif grève des loyers soutien cette proposition de loi, qui vise par exemple l'obligation d'affichage de l'indicateur du confort d'été du DPE sur les annonces immobilières ou encore la création d'un droit pour les locataires d’exiger que leur propriétaire installe des stores, des volets en bois, et des brasseurs d’air.
Le collectif s'oppose à la loi Relance logement de Vincent Jeanbrun
« Alors que la France vient d’enregistrer la journée la plus chaude de son histoire, le texte prévoit de remettre à la location 700 000 passoires thermiques. Il faut absolument que cette mesure soit retirée », estime le collectif, très critique des propositions formulées par Vincent Jeanbrun via une proposition de loi Relance logement, présentée en séance publique au Sénat dès le 7 juillet. Le texte prévoit en effet un dispositif basé sur l'engagement des propriétaires de passoires thermiques à faire des travaux dans les trois à cinq ans, ce qui leur permettrait de remettre leur bien en location.
Les auteurs de la pétition demandent également d'intégrer les mesures souhaitées par la Fondation pour le logement dans les débats législatifs à cette occasion. Mais ils vont même plus loin en exigeant « un droit à la suspension du loyer pour les locataires dont le logement est invivable car dépourvu d’équipements de base contre la chaleur (stores, volets en bois, ventilation et brasseurs d’air) ».
La Fondation pour le logement des défavorisés, elle, rappelle par le biais d'une étude, que ce sont les quartiers populaires qui sont les plus durement touchés par les canicules, notamment avec un manque d'espaces verts et de protections adéquates de leurs fenêtres.
Les débats pour l'adaptation des logements aux nouvelles températures extrêmes que peut connaître la France l'été devrait rapidement revenir sur le devant de la scène. Selon Météo France, de nouvelles fortes chaleurs pourraient toucher le pays dès début juillet.
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