Digitalisation, nouvelles normes : les métiers du négoce évoluent

Distribution | 12.03.21
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Digitalisation, nouvelles normes : les métiers du négoce évoluent - Batiweb
En février dernier, un rapport réalisé à la demande des membres de la Commission Paritaire Nationale de l'Emploi et de la Formation (CPNEFP) du négoce des matériaux de construction revenait sur les mutations du secteur en termes de métiers. Quels impacts sur les compétences de la branche ? Comment y faire face ? Découvrez les conclusions.

Les mutations identifiées dans la branche du négoce des matériaux de construction sont nombreuses et concernent principalement l’expérience client, l’offre de produits, l’organisation sur site et la gestion des flux de produits et d’informations. 

Le rapport récemment publié les classe selon 4 catégories : la digitalisation des transactions et de la relation client, l’évolution et complexification de l’offre de produits et de services, la transformation de l’organisation des activités logistiques et la dématérialisation et automatisation croissante de la gestion des flux d’informations.

Quatre métiers sont particulièrement impactés par ces transitions : Attaché technico-commercial, vendeur conseil, magasinier en agence et manager d’équipe commerciale/chef d’agence. 

Dans le détail… 

Digitalisation des transactions et de la relation client 

Ce qui est observé : 

  • Un parcours d’achat des clients professionnels en cours de digitalisation
  • L’émergence de solutions de e-commerce et Marketplace et de services en ligne (facturation, fiches produits, choix des dates de livraison)
  • Un environnement concurrentiel plus intense avec des sites qui permettent de comparer les offres et effacent les frontières entre commerces B2B et B2C
  • Des clients mieux informés et donc plus « volatiles » et exigeants. 

Évolution et complexification de l’offre de produits et de services

Ce qui est mis en avant : 

  • Une offre de produits et de services impactés par les évolutions techniques et technologiques : maison connectée, outils d’aides à la conception voire à la fabrication, développement de la cobotique et de la robotisation, émergence de la construction hors site. 
  • Un secteur de la construction qui renforce ses exigences en matière de qualité et de performance des bâtiments, et se tournent vers des nouveaux matériaux et matériaux recyclés, et privilégient des systèmes constructifs et énergétiques novateurs. 

Transformation de l’organisation des activités logistiques 

Ce qui est souligné : 

  • Des process logistiques et de supply-chain qui font l’objet d’une « formalisation »
  • Des plateformes logistiques qui se rattachent aux agences pour plus de proximité
  • Des sites plus « agiles » pour faire face à la diversité des canaux de distribution. Des entreprises qui s’appuient sur la cobotique et automatisation des activités pour répondre aux enjeux d’avenir. 

Dématérialisation et automatisation croissance de la gestion des flux d’informations

Ce qui est identifié :  

  • Développement de supports digitalisés, de logiciels métiers et de ressources numériques
  • Amplification des démarches de digitalisation et de dématérialisation de la gestion des données dans la logistique
  • Dans le domaine commercial, déploiement d’outils digitaux pour valoriser la donnée client. 

Des Certificats de qualification professionnels (CQP) ciblés 

Un certain nombre de préconisations autour des CQP est détaillé dans le rapport. Est rappelé le fait que les CQP de la branche ont récemment été « découpés » en blocs de compétences et un régime d’allègement d’épreuves facilite le passage d’un métier à l’autre. Il souligne aussi que des CQP sont mis en œuvre dans le cadre de parcours de formation multimodaux : formation en présentiel, e-learning, serious games, vidéos, etc. Et que des tests sont réalisés sur des actions de formation en situation de travail. 

Le rapport recommande de mettre à jour les référentiels de certification de la branche, enregistrés au RNCP jusqu’en avril 2023. Les compétences à développer ou en émergence ne figurant pas dans ces référentiels. Les principaux domaines à retravailler sont les CQP magasinier, CQP vendeur conseil, CQP ATC, CQP manager d’équipe et chef d’agence. Parmi les compétences à renforcer : la connaissance des produits (évolution liée à la réglementation), l’utilisation des outils digitaux à disposition, la vente et la relation client à distance, la communication digitale, le pilotage de la prospection par la donnée. 

Le rapport note un déséquilibre dans l’accès aux CQP en défaveur des magasiniers alors qu’ils représentent 25% des effectifs de la branche. « Une analyse des freins associés à l’accès à ce CQP, tant par la voie de la formation que par la voie de la VAE, semble donc nécessaire, afin de favoriser l’accès des magasiniers à la formation non obligatoire et à la certification », souligne le rapport. 

Il insiste sur la nécessité d’accompagner les petites entreprises elles aussi défavorisées. La branche compte pourtant 73% d’entreprises de moins de 11 salariés et 85% d’entreprises de moins de 19 salariés. Est ainsi préconisé de favoriser l’évolution de l’offre des organismes de formation indépendants, via notamment des modalités de formation plus souples que le présentiel. 

Enfin, le document évoque la possibilité de créer un CQP de magasinier-vendeur. En effet, les magasiniers sont parfois amenés à réaliser des entretiens de vente. Un métier de « magasinier-vendeur » pourrait évoluer vers le métier de « vendeur-conseil » puis d’« ATC ». Une étude d’équilibre pourrait être réalisée pour mesurer la pertinence de cette création et évaluer le volume de candidats potentiellement intéressés, souligne enfin le rapport. 

Rose Colombel
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur
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