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Élections municipales : les propositions des candidats à Paris pour le logement

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Publié le 20 février 2026 à 14h00, mis à jour le 20 février 2026 à 12h38, par Raphaël Barrou


Taxe foncière, rénovation énergétique, hébergement d'urgence, les candidats à la mairie de Paris ou représentants se sont réunis pour présenter leurs mesures en matière de logement pour la capitale.
©Adobe Stock
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À un mois de l'échéance électorale municipale, la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier) du Grand Paris organisait jeudi 19 février une réunion des candidats ou représentants de candidats pour la mairie de Paris face aux professionnels de l'immobilier. Une façon d'y voir plus clair sur leurs propositions en termes de logements ou de rénovation. 

« Trois priorités : le logement, le logement et le logement », commence Rayan Nezzar. Le représentant du candidat Pierre-Yves Bournazel (Horizons) affirme qu'avec 180 000 habitants en moins lors des deux mandats d'Anne Hidalgo, Paris est « une ville qui se meurt ».  

Quelle position sur la taxe foncière ?

 

Le candidat de la liste Horizons promet de ne pas augmenter les impôts, et notamment la taxe foncière. Une stabilité promise, qui est aussi reprise par Emmanuel Grégoire (Union de la gauche) et Rachida Dati (LR/Modem/UDI). 

Sarah Knafo (Reconquête), promet de diviser par deux cette taxe, finançant cette baisse par un « plan de 10 milliards d'économies sur dix ans », notamment porté par une division par deux du nombre d'agents municipaux de Paris. Le programme de Thierry Mariani (RN), propose lui une baisse de 20 % de la taxe foncière, soit des économies de « 205 € pour un studio, 574 € pour un appartement de 70 m2, et 820  € pour un quatre pièces », selon les chiffres avancés par le candidat. 

En revanche, Émile Meunier, représentant de Sophia Chikirou (LFI), annonce que sa candidate promet une augmentation de cette taxe pour la passer de 20,5 points à 23 points. 

Vers une rénovation énergétique d'ampleur ?

 

Une manière, selon M. Meunier, de financer la massification de la rénovation, dont 6 000 logements sociaux par an. « Ceux qui vous disent qu’ils vont augmenter les rénovations et baisser les impôts, ils vous mentent. » Considérant qu'il faut « adapter à marche forcée la ville au réchauffement climatique », la liste de Sophia Chikirou (LFI) prévoit la création d'une régie publique de gestion locative. Celle-ci serait notamment chargée d'accompagner un parcours de rénovation entre le bailleur et la ville. 

Pour Sylvain Maillard, porte-parole de Rachida Dati (LR/MoDem/UDI), la rénovation est aussi annoncée comme priorité, davantage que le logement social. « Nous sommes à 25 % de logement social. On s’arrête là et on met le paquet sur la rénovation. » Sa candidate promet la rénovation de 10 000 logements sociaux par an (avec le raccordement de 25 % des résidences aux réseaux de chaleur contre 10 % aujourd'hui) et un assouplissement de l'encadrement des loyers pour les logements qui gagnent deux échelons pour sortir des notes DPE F et G. 

La liste Horizons propose quant à elle un crédit d'impôt de 50 % pour les passoires thermiques, logements classés F ou G au DPE, rénovées et remises sur le marché locatif. 

Pour Amaury Pozzo di Borgo, représentant de Thierry Mariani (RN), la vente de 40 000 logements sur six ans permettra de financer la rénovation

Sarah Knafo (Reconquête) propose, elle, d'abroger le PLU bioclimatique, qui veut faire de Paris une ville neutre en carbone d'ici 2050, dont elle juge les demandes « absurdes ». La députée européenne compte également supprimer le système de pastillage, un outil utilisé pour favoriser la création de logements sociaux lors de projets de restructuration entrepris par certains immeubles. 

Jacques Baudrier, représentant d'Emmanuel Grégoire (Union de la gauche), promet la rénovation de 35 000 logements sociaux. Selon lui, deux menaces guettent Paris dans les prochaines années : « le réchauffement climatique et les 300 000 logements vacants »

La gauche veut mobiliser les logements vacants

 

Des logements vacants qu'il accuse d'être la principale cause de la crise du logement dans la capitale. Monsieur Baudrier annonce ainsi que la taxation et la réquisition des logements restés vacants depuis plus de 5 ans seront mises en place si Emmanuel Grégoire (Union de la gauche) l'emporte. 

Du côté de LFI, une brigade du droit au logement serait mise en place pour « contrôler l'encadrement des loyers et les 25 000 annonces illégales sur Airbnb ». Émile Meunier affirme que celle-ci serait aussi chargée de proposer des « offres incitatives » aux propriétaires des logements vides. 

LFI compte « durcir » l'encadrement des loyers. Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et Rachida Dati (LR/MoDem/UDI) veulent en sortir progressivement, craignant une explosion des loyers s'ils agissaient trop brutalement. En revanche, Thierry Mariani (RN) et Sarah Knafo (Reconquête) souhaitent en sortir immédiatement. Cette dernière qualifiant l'encadrement du loyer de « mesure absurde et communiste ».

Les propositions sur l'hébergement d'urgence

 

Invités à réagir à la publication début février du rapport annuel de la Fondation pour le logement des défavorisés, les candidats ont aussi dévoilé leurs mesures sur le mal-logement. 

L'équipe d'Emmanuel Grégoire (Union de la gauche) affirme qu'aucun enfant ne dormira à la rue l'hiver prochain. « Ce sera une des premières mesures lorsqu'il sera élu maire de Paris », soutient Jacques Baudrier. 

Émile Meunier a annoncé un audit de Paris Habitat, au centre de la tourmente ces derniers jours. « C'est devenu un État dans l'État pour lequel il n'y a plus de contrôle politique. »

La candidate Sarah Knafo (Reconquête) avance que l'hébergement d'urgence accueille « 80 % de personnes étrangères » et souhaite réorienter les aides de la mairie vers des associations comme l'Ordre de Malte « qui font des maraudes ». Des organisations auxquelles elle oppose « des associations d'aide aux migrants clandestins, comme Aurore, qui touche plusieurs millions d'euros »

L'équipe de Thierry Mariani (RN) propose quant à elle la création d'une brigade anti-squat, « capable d'intervenir en 24 heures ». Amaury Pozzo di Borgo considère que « ce n'est pas à la ville d'assumer les faillites de l'État en termes de migration » et demande la fermeture des centres d'accueil pour migrants. 

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Raphaël Barrou
Journaliste - Batiweb

Raphaël Barrou est journaliste à la rédaction de Batiweb. Passionné par le monde du bâtiment et de l’immobilier, il s’intéresse en particulier aux actualités de travaux de rénovation et à l’avenir du secteur de la construction concernant l’utilisation de l’IA et de la robotique.

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