Le PLUb de Paris, « une atteinte grave et durable au droit de propriété » ?
Publié le 27 janvier 2026, mis à jour le 27 janvier 2026 à 12h50, par Virginie Kroun

«Est-ce le rôle de la Ville de devenir un foncière conséquente ?». Voilà la question posée par Alexis Thomasson, président de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) Paris Métropole.
La fédération des propriétaires immobiliers voit d’un mauvais œil le plan d'urbanisme bioclimatique (PLUb) de la Ville de Paris.
Parmi les objectifs de la mairie occupée par Anne Hidalgo : atteindre 40 % de logement social et intermédiaire d'ici 2035.
Des leviers sont envisagés, comme le « pastillage ». Cette mesure urbanistique vise à marquer certains immeubles ou terrains dans les PLU. Dans la capitale, 800 adresses sont frappées d’une obligation de créer du logement social dans le cadre d’un permis de construire. Sinon, la mairie pourra préempter.
Un risque de « nationalisation rampante » selon l’UNPI Paris Métropole
« La Ville de Paris est devenue le premier acquéreur d'immobilier à Paris », constate M. Thomasson, faisant état de « plus d'un milliard d'euros dépensés depuis début 2023 ».
Le président de l’UNPI Paris Métropole dénonce un détournement du l’outil de pastillage à des fins politiques, penchant vers « une nationalisation rampante » selon l’association.
Maître François Morabito, avocat de la structure, parle d’un pastillage « mal calibré » et d’un manque d’une « échelle fine par quartier ».
En mai, l’union a déposé un recours auprès le tribunal administratif de Paris, afin de demander l'annulation du PLUb. La fédération craint derrière ce plan «une atteinte grave et durable au droit de propriété ».
Et de pointer du doigt d’autres mesures, qui excluent les bailleurs privés du logement social. Pire, certaines misent davantage sur le logement social, au détriment de l'emploi et d'une dynamique économique, notamment sur l'offre locative privée, estime l'association.
La faute à la vacance et aux résidences secondaires, affirme la mairie
Ce que dément Jacques Baudrier. L’adjoint PCF logement de la mairie de Paris affirme à l’AFP que l’« attrition du parc locatif privé est due à la hausse du nombre de logements vacants et de résidences secondaires ».
La Ville « crée du logement public pour que les individus soient logés. Si on laisse faire le marché à Paris il y aura zéro logement locatif privé et beaucoup plus de logements vacants », avance l’élu.
Pour illustrer ses propos, M. Baudrier mentionne que sur les 3 900 logements sociaux créés, 1 200 sont issus de rachat d'immeubles, dont une majorité du 19ème siècle, énergivores et encore fois… vacants ! 1 200 autres ont été créés via la transformation de bureaux.
Une polémique à l’approche des municipales 2026. En décembre dernier, le candidat PS Emmanuel Grégoire avait accusé la candidate LR Rachida Dati de duplicité sur le logement social.
D’après un rapport en octobre de la Fondation pour le logement des défavorisés, un tiers des Franciliens peinent à se loger.
Par Virginie Kroun (avec AFP)














