Logement intermédiaire francilien : un parc surtout occupé par de jeunes actifs

En Île-de-France, le logement locatif intermédiaire, dont les loyers se situent entre ceux du parc privé et du parc social, est occupé majoritairement par des jeunes actifs vivant seuls et disposant de « revenus moyens supérieurs », selon une étude de l'Institut Paris Région publiée ce lundi 18 mai.
Les locataires « sont notamment des salariés en début de parcours professionnel, plutôt ascendant, avec des niveaux de salaire corrects et plus que corrects », détaille Hélène Joinet, urbaniste à l'Institut Paris Région.
Les 21 000 logements locatifs intermédiaires (LLI) que compte l'Île-de-France accueillent majoritairement des personnes seules (36,5 %) et des couples sans enfants (27 %). Leur population est également très jeune : 57 % des locataires ont moins de 35 ans, soit près de 17 points de plus que dans le parc social.
Des ménages aux revenus plus élevés que dans le parc social
Avec un revenu mensuel moyen de 3 875 euros, les ménages du parc intermédiaire gagnent 27 % de plus que les locataires récemment entrés dans le parc privé (2 228 euros) et 48 % de plus que ceux du parc social (1 914 euros). Pour les personnes seules, ce revenu s'établit à 2 827 euros par mois. Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution : ils reposent sur un échantillon de 4 000 logements et excluent Paris, où les LLI restent peu répandus.
Ce profil de jeunes actifs correspond précisément à la cible de ce type de logements, subventionnés par l'État, qui s'associe souvent avec des entreprises cherchant à loger leurs salariés.
Le logement locatif intermédiaire « permet à des ménages aux revenus moyens de se loger avec un taux d'effort acceptable, il s'agit bien d'un autre public que le parc social, avec des niveaux de revenus supérieurs aux occupants du parc social », poursuit Hélène Joinet.
Le taux d'effort des ménages du parc intermédiaire, soit la part des revenus consacrée au logement, s'établit en moyenne à 21 %, contre 25,6 % dans le parc locatif privé.
Une implantation freinée par les prix de l’immobilier
L'étude, co-écrite avec Philippe Pauquet, statisticien à l'Institut Paris Région, souligne également que l'implantation des LLI est étroitement liée aux prix du marché immobilier : « Les territoires dont les prix d'achat des opérations sont trop élevés sont souvent écartés car la viabilité économique des opérations intermédiaires y est contrainte par l'application des loyers plafonnés. »
Ainsi, plus d'un quart des LLI construits se concentrent en Seine-Saint-Denis et 60 % en petite couronne. Créé en 2014, le dispositif plafonne les loyers entre 15 % et 20 % en dessous des prix du marché locatif privé.
Avec AFP
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