Immobilier ancien : « le marché n'est pas bloqué, mais la reprise plafonne »

Entre 920 000 transactions immobilières selon la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) et 955 000 transactions immobilières d'après SeLoger-Meilleurs Agents. Voici ce que devrait totaliser le marché immobilier ancien en 2026. Pour rappel, cet indicateur est important pour sonder la conjoncture du marché de la rénovation.
Un marché qui devait redémarrer cette année, après une houleuse sortie de pandémie et de crise sur fond de guerre en Ukraine. Le rebond observé en 2025 par rapport à 2024 (52 000 transactions à fin décembre 2025, soit +13 %), selon la Fnaim, semble se poursuivre l'année suivante, avec 949 000 ventes à fin mai 2026 enregistrées fin mai 2026 par le Conseil supérieur du notariat.
L'immobilier ancien, « convalescent, au bord de la rechute »
« Les acheteurs sont toujours là et le marché n'est pas bloqué, mais la reprise plafonne », tempère toutefois Thomas Lefebvre, vice-président chargé des données du groupe SeLoger. En cause, le conflit au Moyen-Orient et son impact sur le confiance des ménages et la remontée des taux d'intérêts. Hors assurances, ces derniers ont atteint 3,27 % en juin dernier, a rapporté début août la Banque de France.
Loïc Cantin, président de la Fnaim se montre plus pessimiste auprès de nos confrères de l'AFP. Il décrit un marché « convalescent, au bord de la rechute et orienté vers l'attentisme » et contexte bancaire capable de « frapper de plein fouet la dynamique retrouvée ». Comme les artisans de la Capeb, les professionnels de l'immobilier espèrent beaucoup de l'après-présidentielle 2027 sur le pouvoir d'achat.
Car pour Olivier Descamps, directeur général d'IAD France, le marché souffre d'un décalage entre prix élevés de l'offre immobilière et faibles moyens financiers de la demande immobilière. Sans compter une attention des acheteurs aux risques climatiques, entre inondations, orages et méga-feux qui ont jalonné le quotidien des français en 2026.
Le logement neuf toujours dans une situation critique
Même s'il y a bien un segment qui souffre, c'est le logement neuf, où la situation est dépeinte comme catastrophique. En mai dernier, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) affichait des indicateurs majoritairement dans le rouge au T1 2026. Et si le dispositif Jeanbrun pour l'investissement locatif a positivement influencé les réservations au détail sur trois mois, les volumes restent très faibles.
Les professionnels de l'immobilier évoquent différents facteurs à l'origine de ce sombre tableau : une hausse de 25 % des coûts de construction depuis 2020, couplée à un recul de 7 % de la capacité d'emprunt.
« Il y a un enchaînement de mauvaises nouvelles (...) mais il y a une vraie volonté d'acheter, de se loger », souligne Guillaume Martinaud, président d'Orpi France.
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