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Tour Montparnasse : le désamiantage voté malgré le désaccord du principal propriétaire

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Publié le 23 juillet 2026 à 12h10, mis à jour le 23 juillet 2026 à 16h59, par Nils Buchsbaum

Les copropriétaires de la tour Montparnasse ont validé une première phase de désamiantage, malgré l’opposition de LFPI, principal propriétaire de l’immeuble.
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Le chantier de rénovation de la tour Montparnasse a franchi une première étape. Les copropriétaires de l'immeuble ont voté, mardi 21 juillet, le lancement des travaux de désamiantage du plus haut gratte-ciel parisien. Cet engagement a été pris alors que le principal actionnaire de la copropriété s'oppose désormais au vaste projet de réhabilitation, selon le procès-verbal de l'assemblée générale consulté par l'AFP

En discussion depuis 2015, le projet de restructuration de cette tour de bureaux de 210 mètres de hauteur continue de diviser les copropriétaires. La dernière version prévoit une transformation complète de l'édifice, avec une façade entièrement vitrée, l'aménagement d'un hôtel, de commerces et de services, ainsi que l'installation d'une serre agricole en toiture.

Le coût de cette opération a, lui aussi, fortement augmenté. Estimé à un peu plus de 300 millions d'euros lors de sa présentation en 2017, il atteint désormais 800 millions d'euros, selon la dernière évaluation.

 

Des tensions persistantes entre les copropriétaires 

 

La forte hausse du coût du projet, conjuguée aux difficultés rencontrées pour obtenir le soutien des établissements bancaires, a conduit le principal copropriétaire, LFPI (La Financière Patrimoniale d'Investissement), à s'opposer au lancement des travaux. Le groupe en a informé le maire socialiste Emmanuel Grégoire, selon des informations révélées par Le Figaro le mardi 21 juillet.

Malgré cette opposition, la copropriété a réuni une majorité suffisante pour approuver le lancement d'une première phase de chantier. Celle-ci comprend les opérations de curage, de désamiantage et de dépose de la façade jusqu'au quatrième étage. Les travaux doivent débuter en septembre et s'étaler sur une durée de deux ans.

Si l'assemblée générale a validé les principales décisions permettant de poursuivre le projet, notamment le lancement du chantier de désamiantage, elle a aussi mis en évidence de profondes divisions entre les copropriétaires. Selon la mutuelle MGEN, détentrice de 18 % de la tour, ces tensions sont « susceptibles d'en compromettre l'aboutissement ».

Les désaccords portent notamment sur les échanges de surfaces, destinés à garantir une répartition équitable entre les copropriétaires, ainsi que sur le contrat d'exploitation du toit-terrasse. La MGEN, qui continue de soutenir le projet de rénovation, souligne qu’ « un accord entre les copropriétaires des étages destinés à l'hôtel » devra être trouvé « avant le 30 juillet » pour permettre la poursuite de l'opération.

 

Le calendrier pourrait être remis en cause

 

À défaut d'un règlement des contentieux d'ici cette échéance, le calendrier pourrait être remis en cause. « Il ne se passe rien, les travaux ne commenceront pas », avertit le représentant d'un copropriétaire, rappelant que les parties « ont voté le démarrage des travaux en septembre, mais à condition qu'il y ait la paix en juillet ». Une échéance d'autant plus importante que le permis de construire arrivera à expiration le 26 novembre.

Le maire (LR) du 15e arrondissement, Philippe Goujon, juge pour sa part incompréhensible « qu'une opération aussi gigantesque ne puisse pas être engagée alors que tout a été conforme et voté par le Conseil de Paris ». Il appelle ainsi « à la raison pour que les travaux puissent s'engager avant que le permis de construire tombe ».

Même constat du côté de Jean-Pierre Lecoq, maire (LR) du 6e arrondissement, qui observe que « le torchon brûle depuis quasiment un an entre LFPI et d'autres parties, dont Frédéric Lemos ».

Interrogé par l'AFP, Frédéric Lemos, ancien président du conseil syndical de la tour et copropriétaire, affirme être « étonné d'articles de presse affirmant que le projet de rénovation est abandonné ». Selon un autre copropriétaire, « mis à part LFPI qui s'est clairement exprimé, la position de tous les autres copropriétaires est de favoriser le projet sur lequel ils cotisent depuis dix ans ».

Afin de débloquer la situation, Frédéric Lemos prévoit de convoquer une nouvelle assemblée générale en urgence pour lever les « conditions suspensives au démarrage des travaux » de désamiantage.

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Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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