Saftair Ventilation, une activité industrielle dans l’air du temps

Torcy-le-Petit est un de ces petits villages normands comme on en voit beaucoup. On y retrouve des maisons à colombages, des bâtisses un peu délabrées par le temps et l’abandon, mais non pas sans caractère. Voilà aussi un petit ruisseau, la Varennes, qui fend les collines verdoyantes et constellées de fleurs printanières.
Un écrin bucolique, sympathique et typique de la vallée de la Scie, dans lequel s’est implantée l’usine de Saftair Ventilation, à sa création en 1988. Environ 80 personnes sur ce site de 21 600 m2. 9000 m2 de surface sont couvertes par d’anciennes filatures des années 30, qui se mêlent à des bâtiments tout en tôle moderne.
« En remontant dans le bâtiment, on va un peu remonter au fil du temps », nous annonce Florent Nothias, responsable Technique et Qualité du fabricant d'appareils de ventilation pour les cuisines professionnelles et de désenfumage.
De nouveaux équipements, dont un laboratoire R&D
Notre voyage dans le temps commence dans un bâtiment réceptionné en 2020. Il s’agit du stockeur, réunissant une diversité de composants, des moteurs aux tôles. Place ensuite à la tôlerie des systèmes, où l’on manipule du galva – prépeint ou non –, de l’aluminium et de l’inox. Ces tôles passent sous les trois poinçonneuses de Saftair Ventilation.
La première est flambant neuve et autonome, enchaînant les plaques de tôle, dont l’épaisseur varie de 0,8 mm à 4 mm. Celle-ci permet de réduire les risques de troubles musculosquelettiques, par rapport à deux autres, âgées de plus de 20 ans et respectivement semi-autonomes et manuelles. Ces machines servent à traiter des matériaux spécifiques et de fortes épaisseurs.
L’opérateur est capable de gérer les trois machines. « Quand l’une est en train de taper, il peut jongler sur les autres », nous confie Florent Nothias. « La tôlerie travaille en 2/8 à minima toute l'année et en 3/8 en fonction de la charge. Donc là, actuellement, nous sommes en 3/8 parce que nous avons une forte activité pour ce début d'année. »
« Dans la ventilation des cuisines professionnelles, on a une forte activité de mars/avril à août. Pourquoi ? Parce que tous les chantiers de cuisine de lycées, collèges, bâtiments publics se réalisent pour la rentrée de septembre », nous explique Ludovic Dournel, directeur commercial de la marque.
Étape suivante : le pliage, qui se fait de deux manières en l'air et par panneautage automatique. « On ne s'improvise pas plieur. Si l’on s'y prend mal dans l'organisation et dans la façon de plier, derrière, le produit ne sera pas montable ou difficilement montable », affiche M. Dournel. « Il y aura des problèmes d'étanchéité, de fuite, des difficultés de facilité de démontage ou de remontage, parce que nos caissons sont démontables. »
Différents équipements qui sont montés dans l’usine. D’un côté des hottes, plafonds filtrants et autres dispositifs de ventilation des cuisines professionnelles. De l’autre, des caissons, des tourelles d’extraction et divers systèmes de désenfumage. « Typiquement, les plafonds filtrants sont produits uniquement sur mesure. Cela n'existe pas en standard parce qu'on l'adapte au bâtiment. En revanche, les hottes sont disponibles sur des dimensions standard, ou alors sur mesure », compare M. Dournel.
Dans tous les cas, les monteurs ne bougent pas de leur poste pour chercher les composants. Un référent se charge de les ramener, fluidifiant la production. « En 2025, si on aligne toutes les hottes que l’on a fabriquées, on fait 9 km », mentionne Florent Nothias. Au total, l’usine fabrique 30 000 unités par an pour 1 630 tonnes de matière première consommée.
D’autant que dans les stocks, l’équivalent de 10 jours de composants nécessaires à la production sont à disposition, afin d’assurer une livraison sous 10 jours pour les commandes sur mesure, et de 3 à 6 jours pour les produits standards. D’ailleurs, quatre camions assurent un maillage à travers la France. Spécificité pour les chantiers parisiens où l’accès des poids lourds est limité : « On a cette capacité de dépotter la remorque et de charger le camion, si jamais on doit livrer en porteur », illustre Ludovic Dournel.
Sur le secteur électrique de l’usine, nous voyons huit mains s’affairer à la fabrication de systèmes de télécommande. Côté désenfumage, l’industriel fabrique des coffrets de relayage. En cas d’incendie, activer ce coffret ordonne au caisson de passer du mode confort au fonctionnement grande vitesse. Installer ce système est une obligation, en vertu de l’instruction technique 246, relative au désenfumage dans les établissements recevant du public. Il peut être associé à n’importe quel caisson de n’importe quelle marque, sauf si l’installation se fait directement sur ledit caisson.
Dans le laboratoire, inauguré fin 2024, l’odeur du métal est balayée par celle du feu de bois, émanant du banc d’essai. Une simulation pour montrer et vanter l’efficacité d’Otabrez, nouvelle hotte à brumisation, adressée aux cuissons à feu de bois et sortie en avril 2026. L’équipe R&D – rassemblant un bureau d’études de cinq personnes et deux ingénieurs, un en mécanique et un en électromécanique – mène des essais toute l’année dans ce nouvel espace.
« Sur les trois dernières années, on a déposé trois brevets. On a vraiment à cœur de redorer le blason de Saftair Ventilation sur les dernières années », souligne fièrement M. Nothias.
Renouer avec l’activité de désenfumage
Au-delà des équipements de ventilation, l’industriel tient à développer son service. Prochaine idée : l’application Débit’Chef. Au départ pensé pour le bureau d’études dans son travail de dimensionnement des débits nécessaires pour les installations en cuisine professionnelle, la plateforme tend à répondre à la norme NF EN 16 282. Appliquée depuis 2017, elle est difficile à respecter, car cela prend en compte de multiples paramètres. Les volumes d’air à extraire dépendent notamment de la surface du local et des appareils de cuisson, qui changent d'une cuisine à l'autre.
Un soutien pour la clientèle d’installateurs de Saftair Ventilation, géré par ses 20 technico-commerciaux sur l’ensemble de la France. En parallèle, Saftair Ventilation livre aux territoires ultra-marins et une cellule export gère une activité au Maghreb, notamment le Maroc. Avec 26,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, l’industriel affiche une activité en stagnation. Il faut dire que l’entreprise a traversé des zones de turbulences. Après un dépôt de bilan et un rachat par le distributeur SIG en 2006, l’industriel a dû déléguer le désenfumage à une autre marque du groupe, Ouest Isol & Ventil. En 2020, Saftair Ventilation est racheté par le groupe Airvance et récupère cette ancienne spécialité.
Sur ce segment, la société annonce d’ailleurs en avril son nouveau caisson de désenfumage DOF+ A/R, nouvelle gamme qui enrichit la gamme historique DOF A/R. La mention A ou R renvoie respectivement à l’option turbine à action ou à réaction.
Dans les deux cas, une volute orientable permet un ajustement de l’orientation aéraulique. Autre élément de souplesse : la compacité et la démontabilité de son châssis comme l’interchangeabilité de ses panneaux. Sans compter sa diversité de tailles – du 200 au 900 – et de débits – de 800 à 110 000 m3/h, et une pression pouvant aller jusqu’à 4 000 Pa. La solution peut ainsi répondre à des petites comme à de grosses installations.

Renouvellement du parc industriel, renouvellement des solutions... Un vent nouveau soufflerait-il donc sur la dynamique du groupe ?
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