K-Line veut faire de la fenêtre alu bas-carbone son nouveau standard

Le 16 septembre, à Sainte-Hermine, la fonderie aluminium bas-carbone Coralium était inaugurée. Il s’agit d’une alliance entre deux groupes vendéens : le groupe Fineiral (40 % du capital) – spécialiste de l’extrusion – et le groupe Liébot, qui détient le reste des parts. K-Line affiche cette ambition à l’échelle française : convertir dès ce printemps son offre de fenêtres aluminium au bas-carbone. Les détails avec Benoît Fabre, directeur général de K-Line France.
À combien se solde l’activité française de K-Line en 2025 ?
On a fait de la croissance, sur un marché qui est estimé entre -4 et -6 %. On relève 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit +2 %.
Vers quoi le futur du groupe se dirige-t-il en 2026 ?
La fenêtre, pour l'essentiel de ses matériaux, c’est du vitrage et, en ce qui nous concerne, de l'aluminium, soit à eux deux 80 % du poids de la fenêtre. Et il se trouve que ce sont deux matériaux qui, l'un comme l'autre, ont un impact fort en matière de poids carbone et d'utilisation des ressources naturelles.
On a innové dans nos capacités à améliorer la performance de nos fenêtres, thermique et acoustique, on a innové en matière de design, on a innové en matière de connectivité de nos produits, on a innové également en matière d'éco-conception.
C'était d'autant plus important que nous nous sommes engagés depuis 2021 dans une démarche alignée avec les objectifs des accords de Paris sur le climat : -30 % des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030, -80 % à l'horizon 2050.
D'où la décision que nous avons prise : à partir du mois de mai, toutes nos fenêtres aluminium passent en bas carbone. C’est-à-dire que toutes nos fenêtres seront équipées de profilés en aluminium recyclé bas-carbone, mais elles seront également équipées de vitrages recyclés.
Comment K-Line peut fixer une telle ambition ?
L'aluminium, c'est notre matériau de naissance, un matériau extrêmement efficace, extrêmement noble et vertueux, car robuste, très design, sans entretien et recyclable.
La fonderie bas-carbone Coralium du groupe Liébot, qui représente 42 millions d'euros d'investissement, reçoit et traite des déchets aluminium in situ. Ce processus de tri de pointe nous permet de garantir une grande qualité d’aluminium recyclé. C’est-à-dire un alliage 6060 qualité bâtiment et des caractéristiques identiques à celles d’une première fusion.

La billette R80, standard de Coralium, contient plus de 80 % d’aluminium recyclé issu des déchets français aluminium du bâtiment (pur, laqué, barreté, ou fin de vie) et présente une empreinte carbone parmi les plus faibles de France.

La guerre au Moyen-Orient provoque-t-elle de nouvelles tensions sur l'aluminium, comme durant le conflit en Ukraine ?
Le cours de l'aluminium est en train de monter fortement de 20 % au 1er avril 2026 puisqu'il y a une part non négligeable de l'aluminium qui transite par le détroit d'Ormuz.
Pour autant, le déchet d'aluminium a autant de valeur que l'aluminium primaire, parce qu’il a en tous points les mêmes caractéristiques et la même qualité. L'aluminium est associé à très peu d'autres composants dans sa formulation utilisée pour le bâtiment, ce qui permet à ce métal d'être aussi facilement recyclable. Donc quand le cours de l'aluminium primaire monte, le cours de l'aluminium recyclé monte aussi.
Cet investissement dans Coralium ne nous libère pas de ce risque. En revanche, cela nous permet d'être un peu plus sereins sur la disponibilité et l'approvisionnement, pour un poids carbone qui est largement diminué de 1,74 kg de CO2 par kg d'alu. C’est 82 % de moins que l’aluminium primaire, consommé en Europe.
Il y a le coût des matières premières, mais il y a aussi le coût de l'énergie et du gazole pour les transports. Il y a un triple impact, ce qui est non négligeable.
Je crois que depuis 2020, nous avons basculé dans une nouvelle ère, où l'instabilité, l'incertitude et la volatilité ne sont plus des facteurs conjoncturels, mais des éléments durables du paysage économique.
Et c'est dans ce contexte-là que nous devons pivoter nos entreprises.
Comment cela s’applique pour le recyclage du vitrage ?
C'est un métier très différent et nous avons décidé de nous appuyer sur deux partenariats historiques très forts avec AGC et Saint-Gobain. Près de 78 % de nos ventes sont éligibles en vitrage bas-carbone. Un vitrage bas-carbone est composé de plus de la moitié, 56,4 % exactement, de calcins du verre recyclé, et cela permet une économie de 42 % du coût carbone sur chacun de ces vitrages, par rapport au même vitrage en non recyclé.
Certains types de vitrages – dont des triples vitrages – ne peuvent pas, pour des raisons technologiques, utiliser du verre recyclé. Mais dès cette année, on travaille avec nos fournisseurs partenaires pour augmenter ce pourcentage-là dès l'année prochaine.
C'est l'association de l'aluminium recyclé et du vitrage recyclé qui nous permet de mettre sur le marché, pour l'ensemble de notre offre, des fenêtres à un poids carbone réduit de quasiment 30 %, par rapport à notre gamme actuelle. Pour le client particulier, rien ne change : même design, même lumière, mêmes performances.
Mais est-ce forcément le même prix ?
Maintenir le prix nous coûte. Car au global, les matériaux recyclés qu'on utilise sont un peu plus chers, de deux façons différentes. D'abord, côté aluminium, avec cet investissement massif de 42 millions d'euros, on peut maîtriser la chaîne et les marges des différents acteurs, pour s'assurer que le profilé d'aluminium recyclé ne nous coûte pas plus cher qu'un profilé d'aluminium vierge. Et puis ça nous coûte également côté vitrage, car on achète les vitrages recyclés plus chers que des vitrages standards.
Pourtant, nous avons décidé de ne pas répercuter ce surcoût sur nos prix de vente, parce que, justement, notre conviction, c'est qu'en massifiant cette offre-là, on veut faire en sorte que le bas-carbone soit accessible à tous.
Et un nouveau standard dans le bâtiment…
Le bas-carbone n'est plus une option, c’est le nouveau standard K-Line, sans compromis sur l’essentiel pour nos clients. Pareil pour le client pro, celui qui va installer nos produits : même qualité des matériaux, même simplicité de pose !
Pour nos clients prescripteurs, les architectes, les bureaux d'études, les maîtres d'ouvrage, là, c'est un énorme plus. Nous leur proposons une offre bas-carbone complète - facile à intégrer dans les appels d’offres bas-carbone ou sous des labels environnementaux, notamment grâce à un grand nombre de fiches FDES individuelles certifiées en base Inies.
Autre défi majeur de la fenêtre : le confort d’été. Comment K-Line veut y répondre ?
À titre personnel, c'est un sujet que je connais bien pour avoir travaillé plusieurs années chez Velux France. Le confort d'été était déjà un sujet il y a 15 ans, au travers des typologies de vitrages qui vont être utilisées : du contrôle solaire, du pilotage des fenêtres et des occultations…

Nos produits sont d’ailleurs très épurés pour vendre l’essentiel : la lumière naturelle, le paysage qu’on peut contempler depuis l'intérieur… Les occultations jouent également un rôle essentiel pour améliorer le confort, la performance thermique et la maîtrise des apports solaires. Pour répondre à ces enjeux, K-Line propose une gamme complète de volets roulants, volets à lames orientables (VLO), brise‑soleil orientables (BSO) et stores ZIP, conçue pour assurer une continuité technique avec les menuiseries de la marque.
K-Line s’adresse surtout au marché de la rénovation résidentielle. Des craintes concernant les arbitrages mouvementés autour des aides, notamment MaPrimeRénov’ ?
Nous nous félicitons de ne pas être tellement dépendants des aides d'État. Toutefois, les contextes économique, politique et géopolitique pèsent sur le moral des ménages et leur consommation. Les élections municipales pèsent sur certaines décisions d’investissement des collectivités, la guerre en Iran ajoute de l’incertitude sur le pouvoir d’achat des Français.
Pour autant, K-Line souhaite prendre son avenir en main. Et nous n'attendons pas simplement que les ménages consomment pour pouvoir faire de la croissance. Nous avons les moyens de continuer à nous développer. Et c'est un développement vertueux puisque chaque fenêtre vendue sera une fenêtre bas-carbone.
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