Nordbat : « On n'a pas à avoir d'inquiétude sur l'avenir du bâtiment »
Publié le 16 février 2026 à 9h00, mis à jour le 16 février 2026 à 16h00, par Virginie Kroun

Comment se porte actuellement l'activité du bâtiment dans le Nord-Pas-de-Calais ?
Didier Lahure : Aujourd’hui sur la région, il y a de très grands projets : des EPR qui se construisent sur la Côte d’Opale, le canal Seine-Nord, des gros data-centers, une ligne de tramway entre Tourcoing et Roubaix…
Et en même temps, côté logement neuf, il y a 200 000 chantiers dans le Nord, dont 93 000 en métropole lilloise.
Tout cela donne du dynamisme à la région, donc automatiquement cela égrène pour les grandes entreprises, mais aussi pour les plus petites et moyennes entreprises.
Par contre, il ne faut pas non plus que nos politiques ralentissent cette dynamique, parce qu'à coup de changements sur la rénovation énergétique ou sur les aides, etc., les entreprises s’interrogent : est-ce qu'elles investissent dans telle direction ou dans une autre ?
On a quand même gagné le statut de bailleur privé, qui va permettre de relancer la construction privée, parce qu'elle était en perte totale de vitesse. C’est important pour nous d’avoir une visibilité, a minima, sur 5-10 ans.
On n'a pas à avoir d'inquiétude sur l'avenir du bâtiment.
D’ailleurs, la FFB Nord-Pas-de-Calais brandit à Nordbat un slogan : « Bâtir ensemble l’avenir du territoire ». À quoi ressemble cet avenir à vos yeux ?
Didier Lahure : C’est-à-dire qu'on bâtit, mais on peut bâtir plus fort. Comme on le voit au salon Norbat, il faut que des entreprises innovent sur des nouvelles technologies, sur la décarbonation. Notre président de la République est venu sur le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, saluer l'investissement et la décarbonation de la production de l'acier, qui ont un impact direct sur le bâtiment. C'est toute une chaîne.
On ne peut pas avoir une vision de l'écologie simplement par un prisme. Il faut la voir de manière globale, et se poser les bonnes questions sur l'ensemble du système économique, de façon à ce qu'il n'y ait pas un déséquilibre, et que cela ne coûte pas non plus cher aux entreprises de faire la transition, qui, sinon, ne seront pas prêtes à faire des investissements.
Qu’entendez-vous par investissements ?
Didier Lahure : Des investissements pour des formations ou bien revoir le parc automobile. Aujourd'hui, si vous prenez une camionnette alimentée à l'énergie renouvelable électrique, quand on la charge, nous faisons 80 km.
Cela peut être viable dans certains cas. Dans mon entreprise, nous faisions des trajets relativement courts, donc cela allait très bien. Or, le jour où nous avions dû nous rendre plus loin, finalement, nous n’avions pas renouvelé, car le mode de transport ne correspondait pas à l'utilisation quotidienne de nos métiers.
À Nordbat, les visiteurs sont attirés par un jeu vidéo Team Bâtisseurs. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Didier Lahure : C'est une initiative locale et une animation, qui permet de montrer la compétition manuelle. Celle-ci compte aujourd’hui plus de 450 inscrits et 14 métiers représentés.
Nous sommes très contents de ça parce que cela montre le dynamisme de nos métiers manuels, qui sont l'avenir d'un pays. L'IA ne remplace pas, ne remplacera jamais la main de l'individu.
Le but de Team Bâtisseur est de sensibiliser, de faire comprendre que nos métiers sont accessibles à tout le monde. Nous ne voulons plus que la vocation se fasse par dépit. Cela doit être un choix.

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